Voici pourquoi OMO ferme boutique après 46 ans

La filiale ivoirienne du géant mondial de l’agro-industrie Unilever, propriétaire de la marque commerciale de lessive « OMO », a annoncé qu’elle procédera à la fermeture de son usine de poudre à laver basée à Vridi, dans la ville d’Abidjan, à la fin du mois de novembre 2019.

Difficile à première vue de comprendre la raison qui peut justifier la fermeture à venir de ce produit qui fait partie intégrante des habitudes des Ivoiriens depuis près d’un demi siècle. Selon le confrère Sika Finance qui livre l’information, cette décision s’explique certainement par le besoin d’élaguer les unités moins performantes alors que la société, cotée à la BRVM, est engagée dans un processus de redressement de ses comptes.

En effet, dans une publication parue sur son site internet le mardi 04 novembre 2019, le média explique qu’en fin 2018, Unilever Côte d’Ivoire bouclait une septième année consécutive de résultat déficitaire avec une perte de 3,6 milliards FCFA. A l’en croire, la société qui produit et distribue des marques du groupe en Afrique francophone avait procédé à des cessions d’actifs pour renflouer ses caisses. C’est le cas par exemple de la branche de « margarinerie » avec les marques Blue Band et Rama, qui a été cédée courant 2017 au fonds d’investissement américain KKR.

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Toutefois, cela n’a pas suffit à remonter la pente. D’où la décision d’arrêt des productions de l’usine de poudre à laver qui fabrique la célèbre marque OMO. Des importations directes d’autres filiales vont remplacer ses productions. Le groupe dispose, en effet, d’une filiale au Nigeria. Pour rappel, Unilever Côte d’Ivoire est une filiale du groupe Unilever qui portait précédemment le nom de Blohorn. Elle est spécialisée dans la transformation de l’huile de palme, en particulier les corps gras et la savonnerie.

Une recapitalisation qui tourne mal ?

Manon Karamoko en est le PDG depuis le 1er novembre 2018. « Notre stratégie, pour restaurer les bases qui nous permettront de renouer avec la croissance sur les années à venir, sera axée sur la révision de notre portefeuille de produits, l’optimisation de notre structure organisationnelle, le renforcement de notre système distribution et la réduction du coût de l’entreprise » avait indiqué le patron d’Unilever dans un rapport d’activités de l’année 2018.

« Nous espérons voir s’achever l’opération de recapitalisation de 45 917 000 000 FCFA qui devrait trouver son point d’achèvement mi-mai 2019 »

Et d’ajouter : « Nous espérons voir s’achever l’opération de recapitalisation de 45 917 000 000 FCFA qui devrait trouver son point d’achèvement mi-mai 2019 ». Créée en 1932 par Joseph Blohorn, la société fut abandonnée pendant la seconde guerre mondiale, puis a été reprise à la fin de la guerre par André Blohorn, décédé en 1984. Au départ, elle était implantée dans la commune de Cocody, puis après s’est vu obliger, par son développement et l’urbanisation d’Abidjan, de s’installer en 1973 à Vridi, dans la commune de Port-Bouët, c’est à cette époque qu’elle développe la marque « Omo » qui deviendra emblématique pour de nombreux Ivoiriens et Africains. Finalement, elle sera vendue au Groupe Unilever en 1982.

Moïse Yao K.

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