Violences communautaires en Côte d’Ivoire : Bienvenue dans le pays profond de l’incivisme

Violences communautaires à Béoumi


La ville de Béoumi, située au centre de la Côte d’Ivoire, a été le théâtre d’un déchaînement de violence entre des communautés locales Baoulé-Kôdêh et allochtones Malinké, ce mercredi 15 mai 2019. Béoumi est la circonscription électorale du ministre-porte-parole du gouvernement Sidi Tiémoko Touré.

Tout serait parti d’une altercation entre un chauffeur de véhicule de transport en commun et un conducteur de moto-taxi. Les deux protagonistes étant membres des deux communautés différentes (Baoulé et Malinké), la bagarre a vite tourné en affrontement inter-ethnique.

Selon plusieurs sources, ces violences ont été déclenchées par la rumeur sur la mort du jeune conducteur de moto-taxi, Kouadio Yao Étienne, « frappé par des coups de machettes », suite à une dispute avec l’autre chauffeur de véhicule. Très remontés et ne pouvant accepter cette barbarie, des membres de sa communauté ont donc décidé de lui rendre justice.

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Transporté d’urgence à l’hôpital, le jeune conducteur, selon les rumeurs, a fini par succomber à ses blessures, une allégation contestée par d’autres sources qui maintiennent que bien qu’il eut été sérieusement blessé, le jeune homme est resté en vie.

Ayant donc appris le « décès » du jeune, les populations autochtones ont décidé de le venger. D’où l’affrontement qui a prévalu à Béoumi. Sur les réseaux sociaux, des internautes assurent que ces affrontements ont fait plusieurs blessés et d’importants dégâts dont des boutiques et magasins incendiés.

Maire de Béoumi

Joint par téléphone, le maire PDCI de Béoumi, Jean-Marc Kouassi, est resté évasif sur la question sans donner des précisions sur le nombre de victime et sur la situation qui prévalait dans la ville. Pis, il assure n’avoir aucune information détaillée sur ces évènements, alors qu’il en est le Premier Magistrat.
« Moi même je suis à Abidjan actuellement. Je suis au même niveau d’information que vous. Le Préfet me demande d’attendre que la situation se calme pour qu’on puisse faire un point. Donc à chaud, je ne peux pas vous donner des informations sur le nombre de victimes. Mais je sais qu’il y a eu des espaces brûlés, il y a aussi des blessés… Mais il faut que la situation se calme pour qu’on puisse faire un point réel », a-t-il répondu suite à notre sollicitation.

Et d’ajouter: « Les forces de l’ordre sont en train de gazer tout le monde dans la ville avec des lacrymogènes. Donc on attend que ça se calme un peu. C’est après ça que j’aurai un bilan exhaustif. Donc comprenez que je ne puisse pas vous livrer des informations qui ne seraient pas exactes ».

A l’heure où nous mettons sous presse, il semble que la situation soit revenue à la normale. Et ce, grâce à l’intervention de la police et la gendarmerie de Béoumi, aidée par des détachements des gendarmeries de Sakassou et de Bouaké. Toutefois la tension était encore vive en début d’après-midi.

Les violences communautaires deviennent de plus en plus récurrentes en Côte d’Ivoire, notamment dans le pays profond où l’incivisme règne, du fait, entre autres, de la faillite de l’autorité de l’Etat, de l’impunité et de la justice à géométrie variable. Les plus récentes sont celles survenues à Bin-Houyé et à Zouan-Hounien, dans la région du Tonkpi et à Zikisso, dans la sous-préfecture de Lakota.

Moïse Yao K.

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