Tour du Faso 2019 : Entre courbatures et mal aux fesses

Tour cycliste du Faso 2019

La 32ème édition du Tour du Faso bat son plein, ça pédale dur, du sport de haut niveau qui n’est pas sans risque pour la santé. Des simples désagréments à la chute parfois fatale, les cyclistes mettent leur corps à rude épreuve.

Première chose : si le vélo lui-même a des défauts et n’est pas parfaitement adapté au cycliste, c’est ce dernier qui en fait les frais. Selle trop basse, trop haute ou trop avancée : voilà la tendinite, voilà les douleurs, aux genoux, aux chevilles ou encore au dos. Par exemple avec une selle trop haute ou encore un cadre pas à la bonne taille, le sportif va avoir mal au cou à force de le tendre et mal dans le bas du dos. Et savez-vous qu’on a rarement les deux jambes de la même longueur ? Cette différence doit forcément être compensée par le réglage des pédales si elle dépasse un centimètre, sinon bonjour les dégâts !

Des dizaines de kilomètres les fesses sur une selle

Faire du cyclisme, c’est aussi faire des dizaines de kilomètres assis sur une selle et pour parler clairement, ça fait mal aux fesses. Cette selle ne doit être ni trop large, ni trop étroite, ni trop souple, ni trop usée. Il faut aussi une bonne hygiène et changer souvent ce qu’on appelle le cuissard. Les risques ici sont la macération, les frottements, les compressions et leurs conséquences : par exemple des inflammations des tissus mous, l’apparition de furoncles à l’entrejambe ou sur les fesses. Il y a aussi ce qu’on appelle l’endofibrose artérielle : les artères qui alimentent les jambes, si elles sont trop et trop longtemps compressées, ne fourniront plus assez de sang et d’oxygène aux muscles. Autre risque, ce que d’aucuns appellent le « troisième testicule ». C’est une excroissance qui peut apparaître derrière les testicules. Cette lésion mobile parfois très grosse ne disparaîtra pas à l’arrêt du vélo. Pire, il y a le redouté syndrome du cycliste, appelé aussi « neuropathie honteuse » quand le nerf de la région génitale est trop longtemps comprimé. A la clé, troubles urinaires, incontinence, diarrhées et troubles sexuels. Solutions à tous ces problèmes : la chirurgie.

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Le dopage, interdit et risqué pour la santé

Il faut bien aussi parler du dopage : malgré les contrôles, ce sont des pratiques qui existent, parfois d’ailleurs à l’insu des sportifs. Différents types de produits sont interdits et dangereux, comme les stéroïdes anabolisants, pour plus de muscles et plus de force. Citons aussi une autre hormone, l’EPO, qui augmente le nombre de globules rouges dans le sang ou encore la cocaïne et les amphétamines… Ces pratiques de dopage font courir des risques réels aux cyclistes, à commencer par des problèmes cardiaques.

La chute, risque le plus immédiat

Le risque le plus immédiat pour les cyclistes est bien la chute, toujours spectaculaire et parfois dramatique, avec son lot de fractures et de traumatismes crâniens. Un contributeur de l’encyclopédie en ligne Wikipedia propose une triste liste des cyclistes morts en course avec des dates, leurs nationalités, des détails sur les circonstances. Parfois c’est le matériel qui fait défaut avec un pneu qui éclate ou un problème de pédales. Il y a aussi les collisions avec des voitures et motos suiveuses, des spectateurs ou encore des chiens.

Une espérance de vie plus longue malgré les risques

Malgré tous ces risques, les cyclistes professionnels vivent plus longtemps et en meilleure santé que la moyenne des gens, comme tous les sportifs de haut niveau. Une étude publiée en 2016 par l’Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance s’est intéressée notamment aux participants français au Tour de France entre 1947 et 2010. Résultat : ces cyclistes vivent plus longtemps que la moyenne avec une espérance de vie plus longue de 6 ans et 4 mois. Malgré tous les risques évoqués plus haut, la bonne hygiène de vie des sportifs et leur pratique du sport une fois retraités leur donnent une meilleure santé. L’étude a également analysé l’incidence des grandes causes de mortalité chez ces cyclistes de haut niveau. Les cas de cancer et des maladies cardiovasculaires sont moins fréquents chez eux, de respectivement moins 44 % et moins 33 %. Une bonne raison pour nous tous de nous mettre ou remettre au sport avec le vélo, en douceur et avec un équipement adapté pour préserver notre santé, et vous l’avez compris, en particulier une bonne selle… !

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