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Soro clashe Gon et Adjoumani : « Ils n’ont même plus honte, ils donnent l’argent en public, pour humilier »

Kobenan Kouassi Adjoumani se promenant avec le sac de 15 millions FCFA à Duékoué

Guillaume Soro clashe Gon Coulibaly et Kobenan Kouassi Adjoumani, ainsi que les ministres RHDP qui annoncent en public l’argent qu’ils remettent aux préfets, aux responsables politiques, aux chefs de villages et corps constitués, lors des cérémonies publiques, en vue de s’acheter leurs consciences. Extraits de son discours à Paris, le samedi 10 août 2019.

C’est avec beaucoup de regret que nous avons dû refuser du monde à l’entrée. La prochaine fois, nous ferons grand. Ces quelques désagréments dus au fait qu’il y a eu beaucoup plus de monde qu’attendu. (…) Je suis heureux d’être dans cette salle, de prendre la parole et d’échanger avec vous. Je sais que les uns et les autres sont très intéressés de savoir ce qui se passe au pays. (…) J’ai fait 50 jours dans le nord de la Côte d’Ivoire. J’ai sillonné exactement 113 villages.

Dans les villages que j’ai sillonnés, j’ai essayé de faire comprendre aux Ivoiriens qu’il faut changer les mentalités. Il faut changer de mentalité parce que je refuse d’être avec ces hommes politiques qui continuent de penser que la dignité de tout un chacun est achetable, qui pensent qu’il suffit d’avoir de l’argent, du pouvoir, de la puissance pour acheter les individus. Moi, on ne m’achète pas avec un poste.

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Le fait que vous ayez, chacun, pris individuellement, votre carte bancaire, pour donner 10 Euros, le message que ça m’envoie c’est que j’ai affaire à des femmes et à des hommes convaincus. Sinon l’argent que vous avez donné, il est encore là, nous ne l’avons pas encore touché, on peut vous le rembourser et pourtant nous avons financé. Nous voulons que les Ivoiriens apprennent à faire la politique autrement et que nous ne soyons pas vus comme du bétail électoral. Certaines personnes viendront à Paris pour distribuer des billets de banque. Elles viendront vous distribuer ça parce qu’elles ont besoin de vous.

Mais après que vous aurez pris ces 500 Euros, il faudra attendre 5 ans pour qu’elles se souviennent encore que vous êtes utiles et que vous êtes le bétail électoral dont elles auront besoin pour la prochaine élection. Quand vous aurez pris ces 500 Euros, ça vous fera 100 Euros par an. Votre dignité coûte-t-elle 100 Euros par an ? Pour moi, c’est un manque de respect, de considération, l’achat de conscience. J’ai fait ce crush et pour qu’on participe pour que nous montrions aux gens à Abidjan que pour nous, la nouvelle politique que nous voulons faire, on n’a pas besoin de nous acheter, de nous amadouer avec des billets de 500 Euros mais c’est nous qui allons faire le chemin inverse.

C’est nous qui allons faire le chemin inverse nous donner 10 Euros pour dire à Guillaume que nous sommes avec lui et que nous allons travailler avec lui pour l’avenir de la Côte d’Ivoire. Mais c’est au-delà de cela. Quand vous donnez les 10 Euros, vous m’imposez une lourde responsabilité. Celle de gérer vos 10 Euros dans la transparence absolue. Parce que c’est à vous qu’appartiennent ces 10 Euros et je dois vous rendre compte dans la transparence. Si on veut que l’Afrique change, que les dirigeants soient responsables de nos deniers publics, il faut déjà commencer par là. Parce que ce n’est pas anodin.

Tous ceux qui sont ici qui ont donné leurs 10 Euros sont en train de me dire avec fierté et dignité que monsieur Soro n’a pas besoin de votre argent. Monsieur Soro, nous sommes assis devant vous parce que les idées que vous défendez rencontrent notre adhésion. N’êtes-vous pas fiers de cela ? Plutôt comme on le voit à Abidjan, des gens, ils n’ont même plus honte, ils trimbalent des mallettes d’argent et ils donnent aux gens. Mais c’est pour vous humilier. Ils le font en public pour que les gens sachent que tu as pris l’argent. Il y a des gens qui sont partis à l’élection pour la mairie en indépendants. On les a vu entrer dans des bureaux et quand ils sont ressortis des bureaux, ils sont devenus RHDP et ils avaient un petit sachet.

Et ça me choque pour des dirigeants de demain. Barack Obama, nous tous, nous avons contribué partout où nous étions pour financer sa campagne. Et pourtant, Barack Obama ne nous a pas demandé cela à Abidjan. C’est pourquoi, je voudrais vous remercier et féliciter parce que nous avons dépassé largement les 10.000 Euros en l’espace d’une semaine. (…)

Nous au CP, nous avons posé le diagnostic de la société ivoirienne. Nous avons pris les plans quinquennaux depuis Houphouët-Boigny, 1960, pour comprendre ce qu’il y a. Nous avons travaillé sur l’éducation, sur la santé, sur l’économie. Le moment opportun, je vous dirai à combien nous est chiffré notre programme, comment nous allons dérouler notre programme de gouvernement. Pour l’heure, les amis du CP sont en train de travailler. Je voudrais dire à nos amis d’ici, qu’il faut gagner l’élection de 2020. Et pour gagner l’élection de 2020, on n’a pas besoin d’incantation. On a besoin que chacun travaille.

Je vous invite à retourner dans vos bureaux de vote pour découvrir ceux qui sont dans les bureaux de vote. L’histoire de la CEI, je suis convaincu que le gouvernement ouvrira à nouveau des discussions pour qu’on ait une Cei consensuelle. Parce qu’à quoi ça sert d’avoir une CEI qui n’est pas consensuelle et qui crée déjà des problèmes ? Dans l’intérêt de la paix, il faudra une CEI consensuelle. (…)

Ceux qui disent que  Guillaume a changé, ce sont eux qui ont changé de lunettes. Sinon moi depuis l’université, je suis sur mes positions. Je n’accepterai pas la dictature d’où qu’elle vienne. J’ai osé dire à Ouattara non. Et si moi j’ai osé dire à Ouattara non… Soyons sérieux entre nous, de 1960 à nos jours, quel président de l’Assemblée nationale a osé démissionner ? Prenons même 2019, quels présidents d’institutions ont osé démissionner ? Chacun voulait rester dans son confort. Si je pars tout de suite pour aller dire à Alassane que je me suis trompé, vous verrez qu’on va me nommer vice-président. C’est Duncan qui sera fâché.

Moi, depuis l’université, j’ai été d’abord toujours accroché à mes convictions. Je peux me tromper, je suis un être humain. Mais quand je pense que c’est là la voie, j’y vais. Certains de mes amis m’ont appelé pour me dire : « Guillaume, tu fais une erreur en quittant le RHDP ». J’ai répondu que le temps nous le dira mais pour l’heure, je ne suis pas RHDP. Ce que le RHDP est en train de faire, menacer les gens pour militer, je n’ai jamais vu ça. Quand tu n’es pas RHDP, on ferme tes comptes, on te met les impôts, on détruit des vies. Pourquoi ? Ce n’est pas acceptable.

Mon cerveau ne comprend pas ça. C’est pourquoi j’ai décidé de partir. Ce que je dis, c’est ce que je pense. Ceux qui disent que je me suis trompé, je le leur concède mais c’est le temps qui décide. Moi, je pense que pour la Côte d’Ivoire, arrêtons d’être arrogants, d’envoyer certains mots parce que certains mots comme au Rwanda conduisent toujours aux mêmes maux. Quand on a été supplicié, on est humble. Mais vous êtes tellement forts aujourd’hui que vous voulez tout broyer. Non, il faut arrêter. Vous allez broyer qui et comment ? Je dénonce qu’on veuille arrêter monsieur Bamba Moriféré, il a plus de 70 ans.

Parce qu’il a dit quelque chose, on envoie des gens encagoulés. Nous, hier, qui dénoncions les escadrons de la mort, c’est nous qui allons envoyer des gens encagoulés pour aller arrêter Bamba Moriféré. Quelle honte ! Quand j’ai entendu ça, j’ai eu Affoussy au téléphone, j’étais tellement meurtri et j’ai dit imaginez que j’étais mort dans l’attentat de l’avion, pour que la Côte d’Ivoire devienne ce qu’elle est aujourd’hui, la Côte d’Ivoire que je vois là, mais de la tombe, j’allais vous haïr.

On s’est battu pour la démocratie, pour que chacun soit libre de dire ce qu’il veut. Moi, regardez sur internet, partout on m’insulte, on souhaite même ma mort mais est-ce que j’ai envoyé des gens encagoulés. On ne peut pas continuer comme ça. Moi, j’assume mes propos. D’ailleurs, l’actuel président, si quelqu’un dit le tiers de ce qu’il a dit pendant qu’il était dans l’opposition, je crois qu’il serait pendu…Est-ce que aujourd’hui quelqu’un peut dire ce régime, je le frapperai et il tombera ?  

A 47 ans, je sais ce que je veux. A 47 ans, je vais aller demander la permission à qui avant d’être candidat ? Donc quand les gens me posent cette question, ça m’énerve. Donc que plus personne ne me dise que je suis jeune encore. Et que personne ne vienne me demander si c’est sûr que je vais être.

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