Soro casse le papo sur l’assassinat de Tagro : « C’est en Bictogo vous croyez ? »

Guillaume Soro à Londres le samedi 9 novembre 2019

A Londres où il était, ce samedi 10 novembre 2019, dans le cadre d’un ‘’Crush party’’, Guillaume Soro a fait des insinuations qui relancent le débat sur l’assassinat de Désiré Tagro, ex-puissant ministre de Laurent Gbagbo. Assassinat de Tagro et secrets du 11 avril 2011.

Le 11 avril 2011, la dernière image que l’on a vu de Désiré Tagro, qui sortait du bunker présidentiel de Cocody était un homme au visage ensanglanté. Il avait la mâchoire quasiment soufflé par une balle. Alors qu’il était dans un véhicule 4X4 qui le conduisait à l’Hôtel du Golf où le commandement militaire des FRCI avait établi son quartier général, autour d’Alassane Ouattara, l’on l’a vu en action.

En effet, dans un geste furtif, devant la caméra d’un journaliste français, qui le filmait, il semblait vouloir dire quelque chose. Dans un effort considérable, il a joint l’index et le majeur, comme pour symboliser un pistolet, pointé des soldats des FRCI qui étaient dans la cour de la résidence présidentielle détruite et ramener ses doigts vers son visage.

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Pour certains interprétés du langage corporel, cela voulait dire qu’un soldat des FRCI avait tiré sur lui à bout portant. Un assassinat commandité par un cadre au Golf qui aurait intérêt à ce que celui-ci disparaisse ? En tout cas, c’est ce que semble dire, plus de huit ans après les faits, Guillaume Soro, interrogé sur la question, par un Ivoirien, à Londres.

Assassinat de Tagro et témoins vivants

« J’ai décidé d’être candidat et je sais que les gens vont distiller des gouttes puantes sur ma personne. C’est en Bictogo que vous croyez ? J’avais promis de ne pas parler de ces gens-là. Donc laissons Bictogo. Je pense que le processus de la réconciliation a échoué en Côte d’Ivoire. Vérité et réconciliation, je suis d’accord. Je pense que le processus de la réconciliation a échoué en Côte d’Ivoire. Effectivement, quand on regarde en Afrique du Sud, il y a eu vérité, réconciliation et pardon. Et c’est ce processus que je vous promets », a entamé Guillaume Soro, sur le chapitre concernant l’affaire « assassinat de Tagro ». La question avait été soulevée par un participant.

« Votez-moi pour que je vous offre la réconciliation vraie sur la base de la vérité, de la réconciliation et du pardon. C’est ce que Charles Konan Banny voulait faire et on l’a stoppé. C’est pourquoi la réconciliation a échoué en Côte d’Ivoire. A la famille du ministre Tagro, je vais dire deux petites choses », a déclaré Guillaume Soro, très attendu sur l’affaire.

« Le ministre Tagro, lorsqu’il a pris la balle et qu’il est arrivé au Golf, le médecin qui a pris Tagro pour l’envoyer à la Pisam, c’est mon médecin. Demandez au Général Vagba Faussignaux qui l’a envoyé à la Pisam pour le soigner et il est vivant ? Vagba Faussignaux, lorsqu’il a pris une balle, celui qui l’a envoyé à l’hôpital pour le faire soigner, c’est Guillaume Soro », a indiqué Soro.

J’ai couvert des gens…

Ajoutant : « Le Général Dogbo Blé qui est encore en prison, c’est un général que je respecte, parce que devant les magistrats, il a dit : « Si je suis vivant, c’est grâce à Guillaume Soro ». Vous traitez Guillaume Soro de rebelle mais entendez au moins ce que j’ai fait pour sauver bien des gens », a révélé le candidat à la présidentielle ivoirienne d’octobre 2020.

La dernière image de Désiré Tagro sortant du bunker, la mâchoire ensanglantée et mimant le pistolet vers des soldats des FRCI. Assassinat de Tagro
La dernière image de Désiré Tagro sortant du bunker, la mâchoire ensanglantée et mimant le pistolet vers des soldats des FRCI

« Ils m’insultent aujourd’hui… »

« Si le Général Guiai Bi Poin est là, il peut témoigner. Quand on l’a pris pour le mettre en prison celui qui est allé le chercher pour le sortir d’autorité de prison, c’est Guillaume Soro. J’aurais aimé que d’autres personnes le disent. Mais comme vous me posez la question, vous m’obligez à entrer dans un certain nombre de détails », a martelé celui qui était Premier ministre du Président non encore officiellement investi, Alassane Ouattara.

« Parce que très souvent, je suis resté dans des postures pour couvrir des gens. Ce sont eux aujourd’hui qui m’insultent »

« Très souvent, on dit le criminel revient sur les lieux de son crime. Pour celui qui m’accuse, allez vérifier parce qu’il y a un autre principe qui dit : « A qui profite le crime ? ». Donc allez vérifier à qui profite le crime ? Peut-être que vous comprendrez mieux. Tagro était mon ministre de l’Intérieur, je n’étais pas en affaire avec lui. Si la Commission dialogue, vérité et réconciliation avait bien fonctionné, vous seriez surpris. Parce que très souvent, je suis resté dans des postures pour couvrir des gens. Ce sont eux aujourd’hui qui m’insultent », a lâché l’ex-chef rebelle.

Un crime qui aurait profité à des pontes actuels du RHDP ? Pourquoi commencer ses propos en parlant de Bictogo ? Interrogé, un proche du businessman le plus coté du RHDP a été formel : « Nous avons écouté Soro. Il a fait des allusions sans oser porter d’accusations directes. Nous ne répondons pas aux allusions. Le jour où il sera suffisamment homme pour assumer des accusations ouvertes, alors on pourra répondre. Pour le moment, il est dans des commérages de femmelette ».

Emmanuel Gautier

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