Rétropédalage de Ouattara face à la pression populaire et de Macron sur la CEI : Les partis à nouveau invités à la discussion

Emmanuel Macron et Alassane Ouattara

C’est un rétropédalage en règle. Après avoir annoncé avec fermeté que « la recomposition de la CEI est bouclée », le Président Alassane Ouattara a autorisé son ministre de l’Intérieur, à rouvrir les négociations autour des élections, avec les partis politiques.

Les premières pourparlers ont eu lieu ce lundi 2 septembre 2019, alors que le gouvernement officieusement parti en vacances (Alassane Ouattara et son Premier ministre Amadou Gon Coulibaly jugent inutile d’informer leurs compatriotes de leurs vacances annuelles et de leurs congés occasionnels), a repris ses activités.

A la veille de la commémoration des 59 ans d’indépendance de la Côte d’Ivoire, le numéro un ivoirien avait déclaré : « Je vais promulguer la loi aujourd’hui Tout le processus est bouclé.   Nous avons les élections en 2020. On ne peut pas continuer de discuter. Il faut quant même les institutions. Et ceux qui remettent en cause la CEI, ils oublient que nous avons fait des élections en 2015. La CEI actuelle a fait du bon travail. C’est celle de 2010  qui a eu des problèmes, que nous avons reformé.  Et nous avons eu une nouvelle CEI en 2012 qui a fait toutes les élections y compris l’élection présidentielle de 2015 ». C’était le 6 août 2019, à la RTI.

Seulement voilà, selon des documents éventés par la presse, au moment où le Président ivoirien déclarait vouloir promulguer la loi controversée « aujourd’hui », il l’avait déjà publié la veille. Jetant un doute sur sa parole et apportant de l’eau au moulin de ceux qui disaient qu’il préparait un passage en force en 2020.

A lire aussi : Côte d’Ivoire : « Il y a eu un minimum d’acquis pour la réforme de la CEI » (FPI)

Ce lundi, après des courriers adressés aux partis politiques ayant participé aux négociations qui ont abouti à un procès-verbal royalement ignoré par la paire Ouattara-Gon, le gouvernement a, à nouveau, ouvert les pourparlers. Pascal Affi N’Guessan et plusieurs membres de l’AFD et de LMP ont été reçus par le ministre Hamed Bakayoko, assurant l’intérim du Premier ministre Gon, afin de poursuivre les négociations.

Un vrai camouflet pour le gouvernement qui est sorti affaibli de cette tentative de passage en force. L’opposition et la société civile ont unanimement dénoncé une recomposition non consensuelle. Selon plusieurs sources, la question a été sur la table, lors de la rencontre entre Alassane Ouattara et Emmanuel Macron, le 15 août 2019, à la commémoration du 75e anniversaire du débarquement de Provence, à la Nécropole nationale de Boulouris.

A cette occasion, le Français qui a été freiné par les élans autocratiques de son homologue ivoirien et qui a dû temporiser dans le dossier du métro d’Abidjan ; a marqué son opposition face à un tripatouillage constitutionnel en Côte d’Ivoire et en Guinée (Alpha Condé). De source proche de l’Elysée, il a laissé entendre, par des termes bien choisis, pour ne pas frustrer ses collègues, qu’ils devaient tout mettre en oeuvre, pour assurer une équité électorale et à éviter de poser des actes qui mettraient en danger la stabilité dans leurs pays.

L’Elysée suit donc de près ces nouvelles négociations ouvertes entre le pouvoir et l’opposition à propos de la CEI. Les leaders d’opinion ivoiriens qui étaient aussi sur tous les fronts, observent. Affaire à suivre donc.

Emmanuel Gautier

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