Guinée : Voici la vraie cause de la mort de Mory Kanté à Conakry, parcours d’un « griot »

Mory Kanté est mort à Conakry, le 22 mai 2020

Mory Kanté est mort à Conakry, le 22 mai 2020

Après Manu Dibango et Aurlus Mabele, tous deux décédés du Coronavirus, la musique africaine vient de perdre une autre étoile. Il s’agit du Guinéen Mory Kanté. Mort à Conakry, faute d’avoir pu être évacué en France.

Âgé de 70 ans, l’artiste-musicien s’est éteint dans un hôpital de Conakry des suites d’une longue maladie, ce vendredi 22 mai 2020, a annoncé son fils Balla Kanté.
« Il souffrait de maladies chroniques et voyageait souvent en France pour des soins, mais avec le coronavirus ce n’était plus possible », a-t-il précisé. Ajoutant qu’il était « surpris » par cette mort, en dépit du fait que son père était malade. Il « avait déjà traversé des moments bien pires », indique-t-il.

Mory Kanté, victime collatérale de l’impossibilité d’évacuation sanitaire en France, du fait du coronavirus. Une situation qui avait aussi précipité la mort de Pape Diouf, alors que celui-ci était au Sénégal. Chanteur, griot, guitariste, joueur de balafon puis de kora, Mory Kanté s’est rendu mondialement célèbre avec son morceau de funk mandingue Yéké yéké, sorti dans les années 1980, un tube qui avait fait danser le monde entier.

Né le 29 mars 1950 à Albadaria, en Guinée, au sein d’une dynastie de griots (sa mère est malienne et griotte également), Mory Kanté fut l’un des premiers musiciens, avec le Malien Salif Keita, à diffuser la musique mandingue loin de ses frontières.

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Surnommé le « griot électrique », celui qui a passé une grande partie de sa jeunesse au Mali voisin de la Guinée, intégra au début des années 70, le fameux Rail Band de Bamako dont Salif Keita était le chanteur. Au départ de Salif Keita en 1973, il le remplace au chant. Puis, il quitte le groupe dans les années 1980, pour une carrière solo, en électrifiant son instrument et en ouvrant les musiques traditionnelles mandingues villageoises aux beats électroniques et aux « grooves » plus urbains.
Sorti en 1987, le titre « Yéké Yéké » s’est vendu à des millions d’exemplaires et a atteint les sommets des hit-parades dans de nombreux pays.

Mort de Mory Kanté et infrastructures sanitaires en Afrique

Et l’album « Akwaba Beach » où figure cette chanson demeure l’une des plus grosses ventes mondiales dans le domaine des musiques. Ce monument de la musique africaine a à son actif une douzaine d’albums dont les derniers en date sont Sabou et La Guinéenne, sortis respectivement en 2004 et 2012. Il était par ailleurs Ambassadeur de bonne volonté de l’ONU pour l’alimentation depuis 2001.

Dans son pays, Mory Kanté était une personnalité majeure, incontournable. « Il laisse un héritage immense pour la culture, trop vaste pour qu’on puisse tout citer », a souligné son fils Balla Kanté, cité par l’AFP.

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« Il a aussi beaucoup fait pour la culture dans son pays en construisant des studios, des structures culturelles. Mais surtout, il a valorisé la musique guinéenne et africaine en la faisant connaître à travers le monde. » « un parcours exceptionnel » et « une fierté », a écrit pour sa part le président guinéen Alpha Condé sur Twitter, en guise d’hommage à l’artiste.

Moïse Yao K.

Mory Kanté griot décédé. Mory Kanté griot décédé

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Yao Moïse K

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