Côte d’Ivoire : La CEI de Ouattara coincée entre les exigences de l’opposition et la pression de la communauté internationale

Au niveau des tenants du pouvoir, l’on se plaît à affirmer haut et fort que les élections présidentielles auront bel et bien lieu le 31 octobre 2020, et ce, contre vents et marées. Mais la chose ne semble pas être aisée au  niveau  de la Commission électorale indépendante (taillée sur mesure par le pouvoir).

Le président de cette institution et ses collaborateurs  marchent sur des œufs  avant dire si oui ou non le délai constitutionnel par rapport à présidentielle est tenable. Une attitude de  prudence d’ailleurs justifiée parce que les étapes à franchir ou les défis à relever pour atteindre  ce  31 octobre 2020, restent énormes. Aujourd’hui, même si l’on  feint de  ne pas le reconnaitre, la  commission  en charge des élections en Côte d’Ivoire est très coincée.

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La Cei se trouve entre le marteau et l’enclume. D’un côté, elle est non seulement contestée par l’opposition significative qui, en plus, lui  présente une batterie de conditions, mais de l’autre côté, elle a la pression de la communauté internationale tirée par le système des Nations unies.   L’opposition est donc catégorique quant à la révision de la liste électorale.

Elle rejette en bloc  les propositions faites par la Cei, à propos de cette révision « (…)  Les partis politiques de l’opposition et la plateforme signataires de la présente déclaration ont jugé irréaliste le délai de quatorze (14) jours, allant du 10 au 24 juin, proposé par la Commission chargée des élections pour constituer la liste électorale. Cette proposition a été rejetée par l’opposition politique dans son ensemble, au regard de l’importance du nombre de personnes en âge de voter non inscrites sur la liste électorale, estimées à cinq (05) millions d’électeurs, dont de nombreux nouveaux majeurs, selon les statistiques », ce qui ressort de la déclaration produite par les plateformes Cdrp et Eds. Par ailleurs, ces coalitions de l’opposition qui regroupent le PDCI-RDA, le RPP, l’USD, le RPCI, l’UPCI, l’URD, le CAP- UDD, LIDER et la plateforme EDS exigent que la Carte Nationale d’Identité (nouvelle ou ancienne) et le certificat de nationalité soient utilisés  comme pièces, pour l’inscription sur la liste électorale.

Présidentielle 31 octobre prochain
Réunion du Conseil national de sécurité présidée par Alassane ouattara

L’opposition demande par ailleurs « la prorogation de la validité des anciennes cartes nationales d’identité et que la durée de la révision de la liste électorale soit au  moins de trente(30) jours dans les dix mille cinq cents (10500) lieux de vote ». Des conditions qu’il faudra satisfaire si la Cei veut tenir une opération de révision de la liste apaisée et qui inspire confiance à tous les acteurs comme le souhaite la communauté internationale.

La Communauté internationale et sa pression diplomatique

Le Programme des Nation Unies pour le Développement(Pnud) et  le Système des Nations Unies sont formels sur la question de la révision de la liste élection (Rle) qui, selon eux, est une étape importante à franchir pour la tenue d’une élection présidentielle crédible. C’est fort de cela qu’ils ont facilité, le lundi 4 mai dernier, une rencontre entre les partis politiques et la Cei pour évoquer cette question de la Rle. Pour rappel, cette rencontre s’est tenue dans les locaux du Pnud.  

« Nous avons facilité une rencontre entre la Cei et les partis politiques. La  Cei a donné des précisions  sur le processus électoral, en particulier sur la révision de la liste électorale et des idées ont été apportées pour voir comment faire en sorte que ce processus se passe au mieux et puisse  être une réussite (…)   La révision de la liste électorale est une étape importante  pour assurer des élections  crédibles », a tenu à préciser  le coordonnateur Résident du Système des Nations Unies, Philippe Poinsot, au sortir de cette rencontre tripartite.

C’est dire que la communauté internationale a un droit de regard sur le processus électoral. Mieux, son assistance est assortie de conditions contrairement à ce que l’on croit. Mais lesquelles conditions sont enrobées dans le langage diplomatique.  « Notre projet d’assistance électorale a quatre composantes dont la première est le dialogue et la gestion  des conflits électoraux, la deuxième, c’est la sensibilisation, l’information et la communication, la troisième, c’est le renforcement des capacités des organes de gestion des élections  et la quatrième, c’est la mobilisation des ressources », a insisté la Représentante Résidente du Pnud en Côte d’Ivoire, Carol Flore-Smereczniak, au cours de la  rencontre entre la Cei et les partis politiques.

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Elle ne manque pas de souligner le volet confiance qui doit régner entre les  différents acteurs impliqués dans le processus électoral. « Quand on parle d’un processus apaisé, je pense que le début de la chose, c’est la confiance entre tous ceux qui sont impliqués », mentionne-t-elle. C’est dire que la Commission électorale indépendante et son président Ibrahim Coulibaly-Kuibiert ont  vraiment du pain sur la planche. Ils se doivent de tenir un processus électoral crédible, inclusif et impartial. Mais avant d’y arriver, la Cei doit être jugée crédible et impartiale par l’opposition et la communauté internationale.

JEROME N’DRI

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