« Nous attendons la réalisation des promesses faites à Yamoussoukro » (Maire Gnrangbé)

Le PDCI-RDA est pleinement investi dans les préparatifs du meeting qui aura lieu, le 19 octobre 2019 prochain, à Yamoussoukro, à l’occasion de la date anniversaire du président Félix Houphouët-Boigny. Le président du Comité d’organisation, le maire de Yamoussoukro, Jean Kouacou Gnrangbé, délégué PDCI, nous a accordé une interview où il a présenté les temps forts de l’évènement. A l’en croire, la capitale politique de la Côte d’Ivoire sera inondée de monde.

Monsieur le maire Gnrangbé Kouakou, vous êtes le délégué PDCI-RDA de Yamoussoukro, la capitale politique qui s’apprête à vivre un événement majeur, les 18 et 19 octobre 2019. De quoi s’agit-il exactement ?

Merci de me poser cette question. Vous savez, le 18 octobre est une date toujours attendue par les populations de Yamoussoukro. Cette date marque la naissance du père-fondateur de la Côte d’Ivoire, qui se trouve être leur parent, leur papa, leur grand oncle, leur aïeul. Celui-là même qui a construit la Côte d’Ivoire, qui a montré son amour pour tous. Donc, chaque année, le 18 octobre, nous attendons cette célébration. Voilà le sens de cette effervescence en attente.

A lire aussi : Bictogo sur RFI : « La candidature de Ouattara est une option, Gbagbo est perçu comme une bouée de sauvetage pour Bédié »

Concrètement, en quoi vont constituer ces journées de reconnaissance et d’hommage ?

Ces derniers temps, beaucoup d’actions tendent à faire disparaître notre grand parti, le Pdci-Rda, l’héritage le plus significatif que le président Houphouët-Boigny nous a laissé. Ce grand parti qui a créé la Côte d’Ivoire et en a fait un pays moderne. N’eussent été la fermeté, la vigilance du président Henri Konan Bédié, le Pdci serait dissous, aujourd’hui. Ceci est un motif fort pour nous qui sommes de Yamoussoukro, de faire en sorte que les Ivoiriens du monde entier viennent faire une démonstration de reconnaissance et surtout de l’existence du PDCI-RDA. Vous m’avez posé la question de savoir quel serait le programme. Comme chaque année, nous allons faire une messe à 11h, à la Cathédrale Saint Augustin. A 13h, nous irons à la mosquée pour prier. La matinée du 18 octobre sera consacrée à la prière. Je voudrais dire, en passant, que la mosquée aussi a été offerte par le président Houphouët-Boigny. Dans l’après-midi, la Fondation Félix Houphouët-Boigny dirigée par notre frère Jean Noël Loucou a déjà un programme. Nous comptons nous associer à ce programme. C’est le samedi 19 septembre  que nous allons faire un grand meeting. Un meeting de reconnaissance. Ce sera un rendez-vous d’amour et de témoignage pour tous ceux qui aiment Félix Houphouët-Boigny et qui continuent d’être dans son action.

Le 18 octobre, c’est vrai, c’est l’anniversaire du président Houphouët-Boigny mais généralement, le Pdci le fait de façon sobre. Pourquoi cette année, vous voulez donner une autre envergure à cette cérémonie ?

Je viens de le dire, Yamoussoukro ne fait pas les choses sobrement. Houphouët nous a habitués aux choses bien et grandes. Pourquoi voulons-nous faire quelque chose de grand ? Nous voulons prouver que le Pdci vit et vivra, vivra, vivra…Je vous ai dit tout à heure qu’il y a des actions qui sont menées et qui continuent d’être menées pour faire disparaître le Pdci-Rda. C’est à nous de montrer à la face de la Côte d’Ivoire et du monde entier que le Pdci vit toujours. Nous sommes les premiers héritiers du Pdci-Rda, nous qui habitons à Yamoussoukro. Assez souvent, on dit que c’est à Treichville qu’on a créé le Pdci. Nous disons que le Pdci-Rda a pris la grossesse à Yamoussoukro, parce que le penseur, celui qui l’a défini, vient de Yamoussoukro. Nous avons le devoir de faire en sorte que ce grand parti ne disparaisse pas. Voici donc notre motivation.

Vous, en tant que localité hôte, quelle place entendez-vous prendre dans ce grand événement ?

Moi, je suis le délégué Pdci à Yamoussoukro. Yamoussoukro est une mairie Pdci-Rda. Les gens viennent me dire qu’ils vont magnifier le Pdci-Rda. Ils viennent me rendre un honneur. C’est à moi de faire en sorte qu’ils soient à l’aise, de faire en sorte que cette cérémonie se passe très bien. Donc, j’ouvre mes bars à ceux qui viennent à Yamoussoukro. Je souhaite que nous soyons ce jour-là, plus de 100 000 militants. Je me rappelle les événements qui ont lieu à la mort du président Houphouët-Boigny où nous étions plus de 200 000 personnes dans les rues, avec des processions. On criait « Houphouët ! Houphouët ! Houphouët n’est pas mort ». Ce sera des occasions pour nous de manifester notre amour, une démonstration de notre reconnaissance au président Houphouët-Boigny.

Quelles sont les personnalités qui sont attendues à cet événement ?

C’est tout le monde. Houphouët n’appartient  pas à un seul parti politique. Quand tout le monde vient à Yamoussoukro, il faut qu’on sache que c’est le PDCI-RDA.

Tout à l’heure, vous avez dit que vous ouvrez les bras à tout le monde. Est-ce à dire que le mouvement “Sur les traces d’Houphouët-Boigny’’, le PDCI-RDA , “PDCI Renaissance’’ seront la bienvenue à cette cérémonie ?

Bien sûr que oui, à un moment donné, Houphouët n’appartenait plus à lui-même. Il appartenait à tout le monde. Je ne vais pas aller plus loin dans ma démonstration mais vous savez qu’après les années 1958 ; 1959 et 1960, il a appelé tout le monde y compris ceux qui se étaient opposés à lui. Ce n’est pas nous qui sommes ses disciples de refuser quelqu’un. Tous peuvent venir, tous ceux qui réclament du Pdci d’Houphouët-Boigny. Nous n’allons pas confondre le fait de se réclamer de la pensée d’Houphouët-Boigny avec la malice politicienne de récupération à des fins électorales.

Ces deniers temps, beaucoup de personnes défilent à Yamoussoukro, on entend dire beaucoup de choses. Est-ce que Yamoussoukro reste toujours la ville symbole du PDCI-RDA ?

Tout ce que je viens de dire, est-ce que ce n’est pas ça ? Aujourd’hui, les députés à Yamoussoukro sont du PDCI-RDA. Ils travaillent bien avec les autres partis politiques. Le maire que je suis, le Conseil municipal est PDCI-RDA. Dans notre position, nous travaillons avec tous les partis politiques, même avec des gens du RHDP. Toutefois, notre audience, c’est le PDCI-RDA.

D’aucuns vont jusqu’à dire que le PDCIveut se servir de cet événement pour une démonstration, avant 2020?

Non, je ne pense pas que ce soit le cas. C’est une démonstration d’amour, de recueillement. Ce n’est pas la première fois qu’au PDCI nous faisons ce genre d’évènement. Ce sont des arguments qui ne tiennent pas. Il y a quelques mois, à Yamoussoukro, le président Bédié a invité les chefs pour leur parler. Ils sont venus de toute la Côte d’Ivoire, alors que c’était les chefs du Grand-Centre qui avaient été invités. Ce n’est pas le premier ou le dernier rassemblement. On a l’habitude de le faire. Cela fait partie de nos habitudes. Quand on parle d’Houphouët-Boigny, le père-fondateur, les gens viennent de partout.

Au vu des grandes infrastructures en ruine à Yamoussoukro, le Gouvernement a lancé, récemment, de grands chantiers. Quel est votre commentaire ?

Nous avons pensé, à un moment donné, qu’on a été oubliés. On nous a oubliés. A quelque un an des prochaines élections présidentielles, on se souvient de Yamoussoukro pour nous proposer des réfections et des bitumages de routes. L’adage dit que mieux vaut tard que jamais. Nous les remercions vivement de se souvenir d’Houphouët-Boigny. Nous leur disons de ne pas nous laisser orphelins. Nous l’attendons. Nous sommes devenus comme des Saints Thomas. Des promesses ont été faites. Nous attendons leurs réalisations. Seulement, nous prions que le président Alassane Ouattara, ait la force pour commencer et terminer ces travaux-là, avant 2020.

Est-ce que ces promesses ne viennent pas couper l’herbe sous le pied du président Henri Konan Bédié, en ce qui concerne le V Baoulé ?

Alassane Ouattara est le président de la République de Côte d’Ivoire Donc, c’est son devoir de développer la Côte d’Ivoire. Ce n’est pas parce qu’il a développé la Côte d’Ivoire qu’il va couper l’herbe sous les pieds ou affaiblir le président Bédié.

N’est-ce pas là une promesse électoraliste ?

Pour l’instant, je ne peux pas le dire. Nous allons attendre qu’on aille aux élections pour le constater. A Yamoussoukro, nous ne sommes pas des idiots. Nous sommes très intelligents. On sait reconnaître les choses. Déjà, nous avons dit que ces chantiers ont été lancés un peu tard. On peut encore réparer ce retard.

Vous êtes le maire de Yamoussoukro, est-ce que 12 mois suffisent pour faire tous ces travaux ?

A notre petit niveau de mairie, 12 mois ne suffisent pas. Quant au Gouvernement, il a les moyens plus grands que nous. Donc, certainement, il peut le faire. D’ailleurs, pour être honnête, nous attendons qu’il fasse la moitié. La moitié nous contenterait. Yamoussoukro est la capitale de la Côte d’Ivoire. Tout le monde peut et doit venir à Yamoussoukro. C’est le devoir du Gouvernement de venir y investir et de faire ce qu’il doit faire.

100.000 personnes à réunir à Yamoussoukro, est-ce que c’est tenable ?

On a déjà accueilli plus de 100 000 personnes. Je dirai que ce nombre serait juste. Yamoussoukro est la capitale de la Côte d’Ivoire. Tout le monde doit venir à Yamoussoukro. Ce sera un voyage de reconnaissance. Je pense qu’il doit y avoir plus de 150 000 personnes qui vont venir.

C’est un appel à tous ceux qui se reconnaissent en votre vision?

Ce ne sont pas les Houphouëtistes seuls qui viennent. C’est tous ceux qui se reconnaissent en Houphouët. Aujourd’hui, tout ce que nous vivons en Côte d’Ivoire, c’est grâce à la paix que Houphouët a forgée pour les Ivoiriens. Toutes les grandes réalisations reposent sur l’œuvre d’Houphouët. Chacun de nous doit avoir ce sentiment d’aller à Yamoussoukro. C’est un pèlerinage pour voir le Palais présidentiel, la Fondation, la Basile, etc.

Vous dites que tout le monde doit venir. Aujourd’hui, on sent un rapprochement entre le président Bédié et le président Laurent Gbagbo. Est-ce que vous allez lancer des invitations à l’endroit des cadres du FPI ?

Je vais les inviter. Ce sont des Ivoiriens. Ils n’ont pas besoin d’une invitation particulière. Je voudrais saluer et féliciter Henri Konan Bédié. C’est le vrai houphoëtiste. Houphouët a fait en sorte que ses adversaires soient ses amis. C’est dans cette voie-là que Bédié conduit le Pdci. Même si, à un moment donné, Gbagbo a insulté Houphouet, ils se voient, ils s’entendent sur leurs incompréhensions et ils s’embrassent. C’est ce que Bédié a fait. Parlant du 18 octobre, tout le monde est invité. C’est la capitale politique de la Côte d’Ivoire. Le FPI, l’UDPCI, le RHDP, tous les partis politiques sont invités.

Où en est-on avec les préparatifs, est-ce qu’on sent venir ce grand meeting ?

Je vous ai dit, tout à l’heure, que le 18 octobre est un calendrier que les Yamsais et les Yamsaises attendent chaque année. Il y a des questions qui se posent : « Qu’est-ce qu’on va faire, cette année, à ce 18 octobre ? ». Chacun essaie de voir ce qu’il faut faire dans sa famille. Les jeunes de Yamoussoukro, tous partis politiques confondus, m’ont appelé, hier, qu’ils veulent aller dans les campements pour rappeler à nos parents qui sont dans les plantations que le 18 octobre, c’est bien le vendredi. Plus de 26 ans après la mort de Félix Houphouët-Boigny, il continue d’être le référent, le maître à penser de beaucoup d’Ivoiriens. C’est par rapport à ça je dis que nous devons venir à Yamoussoukro. Il y aura des projections de films sur Félix Houphouët-Boigny, depuis 1958.

Interview réalisée par

Lance Touré et JB Kouadio

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Afrik Soir

Précédent

Côte d’Ivoire : Les avocats de Mangoua ont fait appel

Suivant

Côte d’Ivoire : 1 854 interventions des pompiers en un seul mois

Commentaires

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *