« Moi El Hadj Charbon fin ? » : Quand le ministre des Mines du Burkina Faso se défend mal

Oumarou Idani, ministres des Mines du Burkina Faso a accordé, ce dimanche 29 septembre 2019, une interview à Radio Omega, pour faire la lumière sur l’affaire « charbon fin », sans autoriser les journalistes qui ont dévoilé l’affaire à être face à lui. Ci-dessous de larges extraits de ses propos.

Par rapport au surnom El hadj Charbon fin, je ne ferai pas de commentaires. Je ne viens pas de nulle part. Ça fait des décennies que je suis en mesure de me payer un billet d’avion pour la Mecque puisque mon épouse et moi avons pu envoyer nous-mêmes des gens à la Mecque. Ce n’est que pure délation, nous ne sommes pas à ça près. D’abord on a fait de la délation sur ma personne sur ma famille. On est allés jusqu’à photographier l’immeuble de mon épouse pour dire que c’est un immeuble charbon fin. Or, mon épouse a payé cet immeuble en 2009 et elle a commencé sa construction en 2015. Quand je rentrais au gouvernement en février 2017, cet immeuble R+3 était déjà en R2.

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Avant d’accorder l’autorisation, des analyses ont été faites par la mine. Il y a eu du contrôle et le BUMIGEB a fait également des analyses sur les 640 sacs. Le procureur général a eu des doutes sur ces deux expertises et a commandé une troisième. Il a pris des consultants qui ont fait une expertise, laquelle est contestée par la mine et par le BUMIGEB qui estiment que le travail fait n’est pas du tout professionnel. Tout le monde conteste tout le monde. En tant que ministre des mines, mon rôle c’est de dire qu’il faut que nous y voyions clairs. Et pour que la vérité éclate, il faut établir les faits.

Et pour établir les faits, il faut une expertise internationale indépendante et quand je dis cela, il faut mobiliser un cabinet d’expertise qui a sur ce plan une grande notoriété, qui a une signature incontestable qui va nous produire des résultats qui soient opposables à tous et la polémique est finie. Et la justice a de la matière pour juger.

Mines artisanales et cyanure

Nous avons des mines industrielles modernes avec des installations de traitement de déchets. Nous avons donc moins de problème à ce niveau. Par contre on a 800 sites artisanaux d’exploitation de l’or où les orpailleurs utilisent du cyanure et même du mercure. C’est une grosse difficulté. C’est une activité qui emploie 1 à 2 millions de Burkinabè selon la saison. Au bas mot, c’est une production de 10 tonnes par an donc de l’ordre de 230 milliards de FCFA. De ce point de vue, c’est une activité qui doit être encouragée et encadrée. C’est pourquoi nous avons mis en place l’Agence nationale d’encadrement des exploitations minières artisanales et semi-mécanisées qui a pour mission de les encadrer sur le plan technique et sur le plan de l’éthique environnemental.

En 2018, les entreprises minières industrielles ont exporté au bas mot, 1600 milliards, donc en terme de gain pour le pays, c’est 1600 milliards. Au niveau des recettes directes au niveau du budget de l’Etat, cela s’évalue à 266 milliards.

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Prince Beganssou

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