Les entreprises ivoiriennes snobées : Ouattara osera-t-il commander de Chine 200 000 tables-bancs à 17 milliards FCFA ?

EEP Konan Kouakoukro, à 7 km de Meagui, zone productrice de cacao

La Côte d’Ivoire, malgré la dégradation de son couvert forestier dispose encore d’un tissu industriel du bois dynamique aux compétences avérées. Paradoxalement, à la veille de la rentrée scolaire 2019-2020, elle va importer dans un contrat de gré a à gré avec la Société d’import de divers de Côte d’Ivoire (SIMD-CI) 200 000 tables bancs pour des écoles au coût de 17 milliards FCFA.

La Côte d’Ivoire est un pays producteur et exportateur de bois et dérivés. Mais dans nos écoles, les apprenants sont confrontés à un manque criant de tables-bancs. Exceptionnels sont les établissements scolaires publics qui sont autosuffisant en tables-bancs en Côte d’Ivoire.

Face à cette situation, l’Etat fait ce qu’il peut pour combler le déficit en meubles et autres équipements. C’est dans cette optique qu’il veut doter les établissements primaires et secondaires de 200 000 tables-bancs pour pallier le déficit. Le marché d’importation de ces tables-bancs semi-métalliques de gré à gré est l’affaire de la Société d’import de la SIMD-CI à un cout de17 milliards FCFA. Soit 85 000 FCFA par table-banc.

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Or, le coût d’une table-banc en Côte d’Ivoire est évalué à 30 000 FCFA. Cependant, notre pays regorge d’une région forestière par excellence. Un pays dont la partie sud est couverte par la forêt et dont les produits sont transformés sur place, en produits semi-finis et finis très fiscalisés.

Curieusement, le système éducatif ivoirien qui devrait en profiter, est frappé par ‘’le slogan de la pénurie de table-bancs’’ qui suscite une importation. Soulignons qu’il existe plusieurs grosses unités industrielles du bois dans notre pays. Notamment Inprobois (IPB), société spécialisée dans la fabrication de plaquage déroulé, contreplaqué ou encore panneaux lattés. A celle-ci, ajoutons la Nouvelle scierie d’Adzopé (NSA), spécialisée dans la production du plaquage simple et des contreplaqués etc.

Bien entendu que la ministre de l’Education Nationale, de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle, Kandia Camara avait affirmé en 2017, que « le Chef de l’Etat ivoirien avait passé depuis deux ans une commande de 575 000 tables bancs » dont « beaucoup sont en réserve » pour répondre aux éventuels besoins exprimés par les écoles.

Où sont donc restés ces tables-bancs ? Les élèves souvent obligés de s’asseoir à trois voire quatre sur une table-banc souvent dans les classes pour apprendre. C’est le cas du Lycée Simone Ehivet Gbagbo. D’autre s’assoient à même le sol. Est-ce à cause de leur coût élevé que l’État ne peut pas équiper tous les établissements du pays? Pourquoi doit-on importer des tables-bancs alors que nous avons des ébénistes de qualité ?

Curieusement la même société SIMD-CI a obtenu le marché de gré à gré pour des travaux d’achèvement de 114 établissements secondaires dans 28 régions du pays pour un montant de 170 milliards FCFA. C’est-à-dire environs 1,4 milliards par école. Pourtant la construction d’un bâtiment de trois salles de classes et un bureau coutent environ 25 millions FCFA. Quant aux travaux d’achèvement y compris son équipement d’un bâtiment, il est évalué à hauteur de 16,97 millions FCFA.

Karina Fofana

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