Le RHDP aussi refuse un passeport à un Ivoirien après avoir mené une guerre pour un certificat de nationalité

Alassane Ouattara-Guillaume Soro

A l’occasion de son crush party organisé le samedi 12 octobre 2019 en Espagne, Guillaume Soro a dénoncé le refus par le pouvoir d’Abidjan de lui octroyer un passeport ordinaire. Or Alassane Ouattara reste l’un des politiciens qui a soulevé le plus de passions contradictoires en Côte d’Ivoire après que son certificat de nationalité eut été annulé.

Le leader du Comité politique (CP), Guillaume Soro au cours de son Crush party a confié à son auditoire les déboires de son visa américain annulé alors que celui-ci courait jusqu’au 31 octobre 2019. En clair, Guillaume Soro faisant allusion aux cadres du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) explique, « la méchanceté de mes propres frères pour qui je me suis battu pour qu’ils aient des cartes d’identités. Je me suis battu pour que ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir, deviennent ministres et mangent. Comme ils sont rassasiés c’est moi ils vont vendre aux américains comme un terroriste. Ironie de l’histoire, c’est moi qui suis interdit aujourd’hui de passeport, titre de voyage sans explication ».

Pourtant, le Rassemblement des républicains (RDR) a crié au scandale lorsque le 27 octobre 1999, la justice ivoirienne avait annulé le certificat de nationalité de son mentor Alassane Ouattara, l’empêchant ainsi d’être candidat à l’élection présidentielle d’octobre 2000. Son parti, le RDR, s’était alors retiré du scrutin et avait appelé ses partisans à manifester à Abidjan.

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En effet, il n’avait pas pu se présenter à l’élection présidentielle d’octobre 2000 en raison de l’adoption d’une nouvelle constitution adoptée par référendum, avec 86% des suffrages. Le 22 septembre 1999 la justice ivoirienne annonce l’ouverture d’une information judiciaire contre lui pour « faux et usage de faux », après une enquête sur la « sincérité » de ses deux cartes d’identité ivoiriennes.

Le 29 novembre, alors qu’il se trouvait à l’étranger un mandat d’arrêt est lancé contre lui. Pendant ce temps, plusieurs dirigeants du RDR, dont Henriette Diabaté, ont été arrêtés, jugés en urgence et condamnés à deux ans de prison à la suite de violences lors d’une manifestation. Alassane Ouattara répondant à RFI sur la question de la polémique sur sa nationalité en 2001 affirme, « la question est totalement politique. En fait, en montrant ces preuves, je voulais démontrer que la question n’est pas juridique mais qu’elle est politique. Le code de la nationalité est très précis en Côte d’Ivoire. Est ivoirien tout enfant né d’un parent ivoirien. On mettait en doute la nationalité de mon père. Donc je leur ai fourni sa carte d’identité et son premier passeport établi après l’indépendance de la Côte d’Ivoire ».

Après le coup d’Etat de 1999, il y a eu la rébellion de 2002 précédée de la « guerre » entre le pouvoir FPI de Laurent Gbagbo et le RDR d’Alassane Ouattara, à propos du certificat de nationalité de ce dernier. L’on s’étonne qu’après avoir mené tous ces combats pour un certificat de nationalité, le pouvoir RDR devenu RHDP refuse à un citoyen ivoirien, un passeport ordinaire.

Karina Fofana

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