« Le non respect des textes qui régissent une société sont à la base du désordre » (Bombet)

Emile Constant Bombet, vice-président du PDCI

Entre autres préoccupations soulevées  par les participants à la 4ème édition de la tribune ‘’ des mercredi du PDCI-RDA’’ animée, ce mercredi 28 août 2019, par le vice-président du PDCI, Jean-Marie Kakou Gervais, la question de la réforme de la Commission électorale indépendante. Dans la contribution qu’il a donnée, le vice-président, Emile Constant Bombet, a instruit l’assistance sur le mode opératoire de l’organisation des élections en France non sans insister  sur la genèse de la mise en place des Commissions électorales indépendantes  en Afrique.

« En dehors  des éléments qui doivent conduire à la paix, il y a une approche fondamentale. C’est le lien quant à l’organisation rationnelle de la gestion d’une nation et le sentiment du peuple. Cela est traduit en amont par une organisation rationnelle des élections qui réponde aux préoccupations des populations où en définitive, l’élu doit être celui qui est élu et le perdant doit être celui qui a perdu » a fait remarquer, d’entrée de propos, l’ancien ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur.  

Et le vice-président de poursuivre son développement  en  partageant avec l’assistance  l’expérience française dans l’organisation des élections « Il faut faire l’historique  de l’évolution de la situation dans notre pays. Nous avons hérité du droit français et dans  l’administration française, les élections sont organisées par l’Etat. La cheville ouvrière de l’organisation des élections, le ministère de l’Intérieur.

A lire aussi : Bombet aux opposants : « N’ayez pas peur de perdre des postes parce que vous dites la vérité »

Et il n’y a pas que le ministre de l’Intérieur en tant qu’individu. C’est les démembrements de l’Etat qui organisent les élections. En France, les maires  sont chargés d’organiser les élections dans leurs communes. Les urnes et tous les équipements appartiennent aux mairies. Lorsqu’une élection est organisée rationnellement, point n’est besoin d’épiloguer sur les résultats », a expliqué Bombet tout en faisant la genèse de la mise en place des Commissions électorales indépendantes en Afrique.

« L’Afrique, malheureusement, a voulu innover. Le Bénin a donné l’exemple en créant une Commission électorale indépendante. Que d’encre a coulé pour mettre en place la Commission électorale indépendante. Le Bénin a trouvé une solution et un palliatif qui fait que la commission mise en place pendant la législature termine son mandat et les élections suivantes sont organisées avec  une nouvelle commission qui est mise en place. C’est donc pas une carrière », a relevé Emile Constant Bombet avant de mettre à la loupe le cas de la Côte d’Ivoire.

«  Malheureusement en Côte d’Ivoire, j’ai l’impression que ce qui a été dénoncé sous le président Bédié et qui avait déjà commencé sous le président Houphouët-Boigny n’a pas été du tout suivi puisque ceux qui ont été mis à la tête de la Commission électorale indépendante continuent de diriger cette structure alors que les textes fondateurs disaient que le président de la Commission électorale indépendante est élu pour six ans non renouvelables. Donc  en un mot, le  non respect des textes fondamentaux qui régissent une société sont à la base du désordre et de la mésentente », regrette-t-il.

« Pour vous rassurer sur la position du PDCI, c’est un parti qui est attaché à l’ordre, à la liberté, au droit et au respect de la parole donnée »

Par ailleurs, le ministre d’Etat  a tenu à se prononcer sur l’arrêt de la Cour Africaine des droits de l’Homme et des Peuples qui fait injonction à la Côte d’Ivoire de réformer la CEI.

« Je voudrais donc résumer  en deux mots  l’arrêt de la Cour Africaine des Droits de l’homme et des peuples qui a fait injonction à la Côte d’Ivoire d’appliquer les principes fondamentaux  qui régissent les rapports entre les hommes. A savoir l’indépendance de l’institution qui ne doit pas être assujettie à l’Etat et comme conséquence, la liberté  d’action de cette structure. En un mot, ce qui était demandé, c’est qu’il n’appartient plus à l’Etat de faire le découpage électoral mais plutôt à la Commission électoral indépendante de faire le découpage électoral et de fixer la date des élections. Dès lors, tout le monde est soumis aux principes de la Commission électorale indépendante. Malheureusement, la question est encore récente, des institutions ont été saisies et nous attendons la réaction de la Cour Africaine des Droits de l’Homme. Mais pour vous rassurer sur la position du PDCI, c’est un parti qui est attaché à l’ordre, à la liberté, au droit et au respect de la parole donnée », a conclu Bombet.

  •  
    205
    Partages
  • 205
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Tags: , , ,
Articles liés

2019 | Afrik Soir | Tous droits réservés

Urgence Info