« La visite d’Etat du Président Ouattara dans le N’Zi ne peut pas être électoraliste » (Paulin Danho)

Le chef de l’Etat Alassane Ouattara est dans la région du N’zi du 25 au 28 septembre. Dans le cadre de cette visite, le ministre des Sports, Danho Claude Paulin, cadre de la région, insiste sur les attentes des populations du N’zi…

Monsieur le ministre Danho Paulin Claude, vous êtes cadre de la région du N’zi et fils de Dimbokro. Le président de la République effectue une visite d’Etat dans votre région. Quelle impression cela vous laisse ?

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C’est une visite qui est très attendue, pour plusieurs raisons. D’abord affective et sentimentale. Le président est un fils de la région du N’zi, né à Dimbokro tout comme moi d’ailleurs, et donc on a un lien viscéral avec cette terre du N’zi. Le président de la république y était attendu, c’est comme l’enfant prodige. Il a donné beaucoup à la Côte d’Ivoire. Par son leadership, la Côte d’Ivoire qui était défigurée au sortir de la crise, en moins de 8 ans, a retrouvé ses lettres de noblesse sur le plan économique et social. La Côte d’Ivoire est devenue rayonnante et cela, par la qualité de son travail, son abnégation au travail. Et nous aussi en tant que fils du N’zi, nous nous sommes dit que nous avons droit à avoir une part de cette énergie qu’il a mis à construire la Côte d’Ivoire. Comme on le dit, le meilleur est toujours pour la fin. Il a voulu nous réserver cette partie de sa mandature pour booster l’économie locale, pour apporter lui aussi sa pierre à l’économie locale, apporter lui aussi sa pierre à l’édification de sa terre natale, en apportant le développement, les infrastructures, et en apportant surtout une espérance nouvelle pour la Côte d’Ivoire qui est en train de se reconstruire, qui est en train de se rassembler. Et vous savez que la terre du N’zi est une terre de métissage, une terre de brassage. C’est une terre qui a apporté beaucoup à la Côte d’Ivoire, par sa sueur parce que c’était la boucle du cacao. Et depuis un moment, elle était dans une sorte de léthargie depuis ces 20 dernières années, et il était important qu’elle retrouve ses couleurs, et cette espérance nouvelle, est apportée aujourd’hui par cette visite du chef de l’Etat. Nous attendons beaucoup en termes d’économie locale et aussi en termes de confiance. Cette région a besoin de se réapproprier la confiance qu’elle a eue par le passé pour construire la Côte d’Ivoire. Elle en a besoin aujourd’hui de son fils pour élargir les sillons du développement. Nous sommes particulièrement mobilisés. Partout en Côte d’Ivoire là où il y a un fils du N’zi, qu’il se réveille, et nous aurons une mobilisation exceptionnelle des élus et cadres, des ressortissants de la grande boucle du cacao de la région du N’zi, de la diaspora pour accueillir le président, lui exprimer notre reconnaissance pour tout ce qu’il a commencé à faire. Et surtout nos encouragements pour ce qu’il fera demain pour que sa région natale qui l’a vu naître soit une région qui partage aussi l’espérance d’une Côte d’Ivoire qui avance.

Avec la fermeture de l’Utexi, la paupérisation a gagné la région du N’zi et surtout la ville de Dimbokro. Est-ce qu’il y a à espérer d’un soutien à la réouverture de cette usine qui va booster l’économie locale ?

Une économie locale repose sur l’industrie et l’Utexi a été une industrie forte par le passé. Mais aujourd’hui, l’économie se diversifie, et Dimbokro a un centre de transformation d’anacarde qui a commencé à se structurer et nous comptons sur l’élargissement de cette culture, de cette culture de rente pour booster aussi l’économie locale. Mais nous espérons aussi que dans la réflexion qui est portée sur l’Utexi, qui est une industrie qui a vécu avec la transformation du coton, qui a été sinistrée face à un environnement concurrentiel avec les pays d’Asie, a beaucoup joué sur cette économie particulière. Je pense que les réflexions sont en cours. Mais la réflexion que nous devons mener, ce n’est pas de se focaliser sur le seul cas de l’Utexi, sur ce qui a été, mais ce qui peut advenir demain. Vous savez que la transformation structurelle de l’économie ivoirienne va vers l’industrialisation, la transformation locale de notre culture de rente. Dimbokro, avec la production de plus en plus grande d’anacarde et d’autres types d’activités, devrait aller à la transformation locale pour permettre qu’il y ait d’autres sources de création de richesses en dehors de ce qu’a été par le passé l’Utexi qui était vraiment un poumon de l’économie locale de Dimbokro.

Ce que les Ivoiriens ont coutume de voir, c’est les grands travaux qui précèdent chaque arrivée du chef de l’Etat dans une localité. Pour le cas particulier de Dimbokro, on ne sent pas trop ces travaux de mise à niveau des infrastructures?

Il y a des grands travaux qui sont en cours, il y a de nombreux villages qui sont en cours d’électrification, il y a des tables bancs qui sont distribuées dans les écoles, des écoles sont en réfection, des hôpitaux sont en réfection, il y a un certain nombre de travaux qui seront faits. Il faut laisser le privilège au chef de l’Etat de les annoncer.

Cette visite se situe à moins de 13 mois de 2020. Certains la voient comme une visite électoraliste. Est-ce que nous ne sommes pas dans ce cas de figure ici?

Elle ne peut pas être une visite électoraliste dans la mesure où c’est une visite d’Etat. Et quelle élection il y a en ce moment, dites-moi? Nous ne sommes pas en période d’élection. Quand le président est allé dans le Hambol, c’était une visite électoraliste? Quand il est allé dans toutes les régions de Côte d’Ivoire, était-ce pour des élections ? C’est le président de la république qui fait cette visite d’Etat. Il y a encore des régions qui n’ont pas encore eu de visite ? Où est l’enjeu électoral?

Mais 2020, c’est pour bientôt, juste quelques mois ?

Ce n’est pas parce que 2020 arrive qu’on ne fera plus rien dans le pays. Si tout ce que nous devons faire maintenant doit être interprété comme électoraliste, autant dire que vous souhaitez qu’on soit dans l’inertie. Il y a un temps pour faire de la politique et il y a un temps pour travailler, et nous travaillons, la Côte d’Ivoire est au travail.

Interview réalisée par

JEAN PRISCA et FKO

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Afrik Soir

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