Inédit en Côte d’Ivoire : Des chefs traditionnels marchent à Bouaké pour exiger la libération de Mangoua

Des têtes couronnées de la région du Gbêkê marchent pour la libération de Jacques Mangoua

La situation est tendue à Bouaké. Face à l’injustice manifeste dont est victime Jacques Mangoua, vice-président du PDCI, interpellé par le procureur de Bouaké, Braman Koné, alors qu’il avait lui-même dénoncé à la gendarmerie de Béoumi, des munitions déposées nuitamment à la résidence de son village de N’Guessankro, des chefs traditionnels marchent sur le palais de justice. Un fait inédit en Côte d’Ivoire.

L’image est profonde et chargée de sens. Des chefs traditionnels de la région du Gbêkê, parés de leurs habits d’apparats, portant fièrement leurs couronnes sur la tête, ont marché sur le palais de justice de Bouaké, où devrait se tenir le jugement en flagrant délit, de Jacques Mangoua, ce jeudi 3 octobre 2019.

« Libérez Jacques Mangoua, il est victime de vos complots politiques », a lancé un chef présent à la manifestation, tandis que d’autres mouvements de protestation éclataient dans plusieurs localités de la région du Gbêkê où Jacques Mangoua est président. Depuis hier, les manifestations éclatent dans différentes localités de cette région, encore contrôlée par le PDCI, en dehors de la commune dirigée par Nicolas Djibo, cadre du RDR et transfuge du PDCI.

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Lundi, le procureur de Bouaké, Braman Koné, réputé proche du pouvoir RHDP et agissant sur recommandation du Garde des Sceaux (c’est ainsi que fonctionne la justice ivoirienne) a déclaré, sans rire, selon des médias, que Mangoua n’avait pas pu apporter la preuve que les munitions découvertes à sa résidence, en son absence, ne lui appartenaient pas. Une présomption de culpabilité grave pour un homme de droit, sensé protéger la présomption d’innocence.

Traquenard judiciaire

Selon les explications de Moïse Amani, chargé de missions de Jacques Mangoua, celui-ci a été attiré dans un traquenard judiciaire digne des grandes Républiques bananières du 20è siècle. Celui-ci ayant expliqué que c’est Jacques Mangoua lui-même qui a informé les autorités de la découverte d’armes blanches et de munitions chez lui, en son absence, après que son gardien a informé le chef du village, le 21 septembre 2019, jour des faits.

« Sur le champ le chef du village a informé le président Mangoua Jacques de leur découverte à son domicile du village. Le président a donc appelé le commandant de brigade pour lui donner l’information, il a également appelé le préfet de Béoumi. Il a également joint le procureur pour lui tenir informer de la fameuse découverte à son domicile. Donc la gendarmerie s’y est rendue pour vérifier l’information qui venait de lui être donnée », avait déclaré Amani.

Elvire Ahonon

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