« Il n’y a pas de prisonniers politiques en Côte d’Ivoire » : Le gouvernement renoue avec le déni

La définition de « prisonniers politiques en Côte d’Ivoire » oppose les Evêques ivoiriens et le porte-parole du gouvernement, le ministre Sidi Tiémoko Touré.

D’un côté les Evêques ont au cours de leur 114ème Assemblée plénière, tenue dans le diocèse de Korhogo, le 19 janvier 2020, produit un communiqué intitulé « Évitons-nous une autre guerre ». Communiqué à travers lequel ils faisaient des propositions au gouvernement.

« La première condition qu’il faut observer dans la préparation de ces élections doit être la réconciliation. Cette réconciliation suppose, voire exige le retour des exilés avec des garanties de sécurité et de réintégration, la libération de tous les prisonniers politiques et d’opinion, sans exception et le dégel des avoirs », ont proposé les hommes en soutane.

A lire aussi : L’Eglise catholique avertit Ouattara comme elle avait averti Bédié : « Libérez les prisonniers politiques ! »

Ce souhait semble ne pas être du goût des gouvernants ivoiriens. De l’autre, dans une interview accordée à Opéra News Côte d’Ivoire, Sidi Tiémoko Touré a ramené les Evêques à leur copie. « Les enjeux actuels appellent que les prises de positions soient mesurées.

J’ai effectivement pu lire « Prisonnier politique et d’opinion » dans ladite déclaration et j’aimerais simplement relever que la qualité de politicien ne nous dédouane pas du fait que nous sommes tous justiciables, d’autant plus quand il s’agit de flagrant délit d’atteinte à la sûreté de l’Etat. Il n’y a pas de prisonnier politique ni de prisonnier opinion en Côte d’Ivoire, il faut que cela soit bien clair », a clarifié le porte-parole du gouvernement ivoirien.

Dans un tel environnement que doit retenir l’ivoirien lambda ? Que nous réserve cette année 2020 ? Année électorale, en Côte d’Ivoire. Pour rappel, Alassane Ouattara, président de la république de Côte d’Ivoire a affirmé, le 1er Mai lors de la fête du travail, qu’il n’y avait pas de prisonniers politiques en Côte d’Ivoire.

« Que ceux qui étaient en prison l’étaient parce qu’ils avaient attaqué des commissariats, des camps de gendarmerie, des camps militaires, le camp de l’Organisation des Nations unies (Onu) en Côte d’Ivoire, et assassiné des soldats y compris ceux de l’Onu », a-t-il clarifié. Il répondait ainsi à la question posée par la centrale syndicale Dignité.

Cependant, juste quatre mois après cette déclaration, précisément le 07 Août 2018, le même président ivoirien amnistie 800 prisonniers dont Simone Gbagbo, Assoa Adou, Lida Kouassi et Souleymane Kamaraté Konaté, dit Soul to Soul. Le chef de l’État a en effet précisé que :

« sur les 800 personnes concernées par cette amnistie, environ 500 sont déjà en liberté provisoire ou en exil et verront leurs condamnations pénales effacées. De ce fait, il sera mis fin aux poursuites à leur encontre. Il en sera de même pour les 300 autres personnes détenues, qui seront libérées prochainement ».

Aujourd’hui, dans un contexte particulièrement tendu relativement aux élections de 2020. Des voix s’élèvent pour demander la libération des prisonniers politiques. Le lundi 30 décembre 2019, lors d’une messe pour la Paix dite par le Cardinal Jean Pierre Kutwa à la cathédrale Saint Paul d’Abidjan en présence du chef de l’Etat, Alassane Ouattara, de son épouse et de plusieurs membres du gouvernement.

La paix, le chemin de la réconciliation

A cette occasion, le prélat a demandé la libération des proches de Guillaume Soro, interpellés pour donner suite aux évènements du lundi 23 décembre 2019 au chef de l’Etat. « La paix que nous recherchons est également le chemin de réconciliation dans la communion fraternelle. Au nom de cette réconciliation, je demande humblement à vous monsieur le président de la République, vous qui détenez le pouvoir de la grâce présidentielle de bien vouloir accepter de faire sortir du cachot tous ceux qui ont été arrêtés à la suite des derniers événements que connaît notre pays », a plaidé le cardinal Kutwa.

Charles Yokoli

  •  
    380
    Partages
  • 380
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Afrik Soir

Précédent

Un Nigérian appréhendé après le vol de 13 millions FCFA d’un homme d’affaires burkinabè

Suivant

Côte d’Ivoire : Pour la première fois, l’Eglise catholique va marcher à Abidjan

Commentaires

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *