« Houphouët a posé les fondations de la Côte d’Ivoire de façon merveilleuse » (Mgr Touably)

Évêque du Diocèse d’Agboville, Monseigneur Alexis Touably Youlo, Administrateur Apostolique du Diocèse de Yamoussoukro, a officié la messe d’actions de grâce commémorant son jour anniversaire, le vendredi 18 octobre 2019. Dans l’homélie appuyée sur les textes liturgiques du jour à savoir la seconde lettre de saint Paul apôtre à Timothée et l’évangile selon Saint Luc, il a fait cette adresse au peuple ivoirien. Les appelant à cultiver l’amour, la paix, la foi qui ont caractérisé la vie de Félix Houphouët-Boigny. Intégralité de son homélie.

Excellence monsieur le Président Henri Konan Bédié, merci pour votre présence, pour votre présence brillante. Tout à l’heure, quand je vous ai salué, à l’entrée de l’église, j’ai ressenti une grande joie, une joie profonde ; joie de savoir que vous êtes en très, très bonne santé. Que notre Seigneur Jésus Christ continue de vous fortifier. Nous bénissons maman Henriette, votre épouse, qui est là ; maman Henriette, à vous, grâce et bénédiction.

Mesdames et messieurs les membres de la famille Houphouët-Boigny, particulièrement maman Thérèse Houphouët-Boigny présente parmi nous dans la communion de pensée et de cœur. A vous tous, grâce et bénédiction de notre Seigneur Jésus-Christ. Grâce et bénédiction à notre Seigneur Jésus Christ lui qui nous a réunis, et unis ici ce matin pour prier en faveur de Félix Houphouët-Boigny, père fondateur de notre nation.

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Nous sommes à Yamoussoukro, à l’ombre de Notre Dame de la Paix, à qui est dédiée cette basilique qui se dresse au cœur de la Côte d’Ivoire. Que par la puissance de l’intercession de Notre Dame de la Paix, le Seigneur fasse couler pour nous, et pour tous les habitants de la Côte d’Ivoire des torrents et des torrents de grâces et de bénédictions pour une Côte d’Ivoire toujours debout car la position normale d’un peuple, c’est d’être toujours debout ; pour une Côte d’Ivoire toujours en marche, une Côte d’Ivoire qui vit, car la vie est dans le mouvement.

Frères et sœurs, dans la monition d’entrée de cette messe, il est écrit, et vous l’avons entendu 18 octobre 1905, 18 octobre 2019, il aurait eu 114 ans si le président Félix Houphouët Boigny était parmi nous. En lisant cela, personnellement, j’ai sursauté, j’ai sursauté et je me suis demandé, parlant de Félix Houphouët Boigny, pourquoi employer le passé ; Houphouët-Boigny, s’il était parmi nous. Personnellement, je crois qu’il faut toujours employer le présent quand on parle de Félix Houphouët Boigny. Car en réalité, il est là parmi nous. En effet, et j’en suis convaincu, un homme d’une telle envergure ne saurait être ni passé ni dépassé. Il est présent, à nous de nous rendre présents à sa présence. Nous devons nous rendre présents à sa présence.

Et comment nous rendre présents à sa présence et bien en nous efforçant de marcher ensemble sur les chemins qu’il nous a tracés en tant que père fondateur de notre nation. D’abord chemin de foi, ensuite chemin d’amour, enfin chemin de paix. Et cela quelle que soit notre appartenance ethnique, quelle que soit notre obédience religieuse, quelle que soit notre bord politique.

En tant que père fondateur de notre nation, Félix Houphouët-Boigny est notre père à nous tous, nous qui avons pour mère commune cette terre bénie de Côte d’Ivoire. Terre de Côte d’Ivoire qui est un véritable don du Ciel que le Créateur a déplacé du Ciel et délicatement déposé sur cette terre. Oui, Ivoiriens et ivoiriennes, ne parlons pas du président Houphouët Boigny au passé. Un homme de sa trempe ne saurait être ni du passé ni dépassé. A nous de nous rendre présents dans sa présence en marchant ensemble sur les chemins qu’il a tracés. Chemins de foi, lui qui vivait tout simplement et sérieusement sa foi en Dieu. Le Dieu de Jésus-Christ auquel il a adhéré par le sang baptismal dès sa jeunesse à Bingerville. Lui, l’homme de foi, bâtisseur de tant d’églises, de tant de temples, de tant de mosquées. Mettons-nous à son école, car si tout le peuple ivoirien pouvait être un peuple de croyant, croyant qui vit véritablement et concrètement sa foi ; imaginez, mes frères, imaginez quelle belle nation on serait si chaque Ivoirien vivait vraiment sa foi. Peu importe son appartenance religieuse car tout compte fait, au-delà de leurs diversités, toutes ces religions enseignent pratiquement la même chose. Aimer Dieu et l’adorer. Aimer son prochain et le respecter, aimer son pays et le servir.

Seigneur notre Dieu, fais de nous un peuple de croyants qui vivent véritablement leur foi pour le bien de la nation tout entière. Mes frères, mes sœurs, ne parlons pas du président Félix Houphouët Boigny au passé car un homme d’une telle grandeur d’âme ne saurait être ni du passé ni dépassé. A nous de nous rendre présents en sa présence, en marchant ensemble sur les chemins qu’il nous a tracés en tant que père fondateur de notre nation. Chemins d’amour ; chemin d’amour, lui, qui affirmait qu’il n’y avait pas de place dans son cœur pour la haine. Il n’y avait pas de moindre place de haine dans son cœur, mais hélas ! Hélas que de haine dans ce pays ! Hélas trois fois hélas ! Là aussi, mes frères, mettons-nous à son école. Imaginez, mes frères, imaginez quelle belle nation, on serait si chaque Ivoirien arrachait, extirpait de son cœur toute trace de haine. Si chaque Ivoirien faisait de son cœur un jardin, un beau jardin où poussent les fleurs, les fleurs de l’amour ; amour qui transcende toute sorte de barrière ; barrière d’ordre ethnique, barrière d’ordre politique, barrière d’ordre religieux, barrière d’ordre culturel. Oh quelle belle nation on serait si nous faisions de l’amour notre crédo quotidien conformément à l’exemple que nous a donné notre père à tous, Félix Houphouët Boigny, dans le cœur de qui il n’y avait aucune trace pour la moindre place de haine.

Seigneur, aide chaque Ivoirien à faire de son cœur un beau jardin où poussent les fleurs de l’amour, du pardon, de la réconciliation, de la communion, de l’acceptation de l’autre dans sa différence ; et que nos cœurs d’ivoiriens ne deviennent jamais des broussailles où poussent des mauvaises herbes de la haine, de la violence, de la division, de la méchanceté sous toutes ses formes.

Frères et sœurs, ne parlons pas de Félix Houphouët Boigny au passé car un homme d’une telle dimension ne saurait être ni du passé ni dépassé. Il est présent ; à nous de nous rendre présents en sa présence en marchant ensemble sur les chemins qu’il a tracés. Chemins de paix. Lui qui était à la fois un chantre de paix et un artisan de paix. Nous le savons, l’Afrique des indépendances a eu ses chantres de la négritude, ses chantres du panafricanisme, ses chantres de l’authenticité ; Houphouët-Boigny, quant à lui, était le chantre de la paix. La paix qui, pour lui, n’était pas un vain mot, mais un comportement et un comportement de tous les jours. La paix dont il a décidé de faire la seconde religion pour tous les Ivoiriens. Là aussi, mettons-nous à son école. Mettons-nous à l’école du père de notre nation.

Imaginez mes frères, imaginez quelle belle nation on serait si chaque Ivoirien s’efforçait d’être un artisan de paix ; chacun à son niveau, là où il vit, là où il est. C’est vrai que la paix est un don de Dieu. Voilà pourquoi, dans la fraicheur de la nuit de Bethléem à la naissance de Jésus, les cieux se sont ouverts, des anges descendus du ciel pour chanter gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté. La paix est un don du Ciel c’est vrai, mais aussi la paix ne nous viendra pas du Ciel sous forme codifié comme un habit prêt à porter. Non la paix est plutôt comme un pagne, un pagne que nous devons tisser ensemble.

Chacun doit y apporter son fil. Alors en ce jour où nous prions pour cet artisan de paix, Félix Houphouët Boigny, que chacun s’interroge, que chacun scrute son cœur, que chacun se mette devant le miroir de sa conscience, que chacun se demande, moi quel genre de fil j’apporte à la confection du pagne commun, le pagne commun de la paix en Côte d’Ivoire… (Une minute de silence pour que chacun s’interroge)

Seigneur, fais de nous un peuple de paix, pour que notre pays, la Côte d’Ivoire, réponde de mieux en mieux à sa noble vocation. Sa vocation qui est d’être le modèle de l’espérance promise à l’humanité. Oui, frères et sœurs, comme le père fondateur de notre nation, marchons et avançons sur les chemins de la foi, de l’amour et de la paix. Mais justement, l’évangile de ce jour nous parle de la paix. Nous y voyons Jésus Christ, Jésus Christ qui est le prince de la paix, Jésus Christ, lui qui, en sa personne, a tué la haine, Jésus Christ, lui qui est homme de paix, qui envoie ses disciples en mission qui n’est rien d’autre qu’une mission de paix. Il leur dit « allez, je vous envoie dans toute maison où vous entrerez dites d’abord la paix soit avec vous. La paix soit avec vous, la paix dans cette maison ».

C’est là une parole de bénédiction, paix à cette maison. Que cette bénédiction s’étende sur notre grande maison commune, la Côte d’Ivoire terre bénie du père éternel. Oui paix sur la Côte d’Ivoire, paix dans nos cœurs, pour qu’ensemble nous bâtissions ce pays dont Félix Houphouët-Boigny a posé les fondations de façon si merveilleuse. Que nous continuons à bâtir ce pays chacun selon son domaine de compétence. Mais ensemble, la main dans la main, nos cœurs dans nos cœurs. Jamais les uns sans les autres, jamais les uns contre les autres ; nul ne peut être heureux sans son frère ; nul ne peut être heureux contre son frère. Houphouët s’appelait Félix et en latin Félix signifie heureux ; l’homme heureux qui rend les autres heureux et c’est ça Félix, l’homme qui est heureux qui rend les autres heureux. Houphouët Boigny portait bien son prénom.

C’est pour cela que j’achève cette méditation en élevant cette prière vers Dieu en notre nom à tous. C’est une supplication : oooh Dieu fort, oooh Dieu Saint, oooh Dieu immortel, Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, Dieu de la Côte d’Ivoire en marche ; toi la source du vrai bonheur, fais de notre cœur un cœur de foi, un peuple d’amour, un peuple de paix. Dieu bon, fais de nous un peuple heureux, oui, fais du peuple ivoirien un peuple heureux. Toi Emmanuel, Dieu avec nous, Dieu présent dans notre histoire nationale, Dieu présent dans notre marche nationale, Dieu qui vit et qui règne aujourd’hui comme hier et pour toujours dans les siècles des siècles, amen.

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