Graves contre-vérités sur la bourse de la fille de Mabri : Voici comment le faux a été découvert

Le ministre Mabri Toikeusse et sa fille

En voulant défendre Albert Toikeusse Mabri, suite à la polémique suscitée au sein de l’opinion après la publication d’une photo de lui et de sa fille, en marge d’une cérémonie de graduation en Ecosse, ses proches ont expliqué que celle-ci avait bénéficié d’une bourse privée. Un faux vite découvert qui prouve que le ministre de l’Enseignement supérieur a bien de choses à se reprocher dans ce dossier.

Première attitude complexée de la part du ministre de l’Enseignement supérieur ivoirien. Après s’être vanté des succès scolaires de sa fille, Neïla Mabri sur les réseaux sociaux, il a vite fait de supprimer son post.

Sur celui-ci, on pouvait lire : « Je rends gloire à Dieu de m’avoir donné la joie d’assister à la cérémonie de Graduation de ma fille à l’université Durham en Ecosse, pour le Master en Droit et Gouvernance mondiale. Félicitations Neïla ! ». Le texte était signé ATM. Il a été, de toute évidence, posté par le ministre lui-même, vu qu’il ne s’est pas déplacé avec son service de communication et que l’indication du lieu marquait bel et bien Durham.

Tout de suite, face à la polémique, il a supprimé son post. Preuve qu’il a compris la pertinence des critiques. En effet, celles-ci visaient moins l’étude de sa fille à l’étranger, que son incompétence à réformer l’enseignement supérieur en Côte d’Ivoire. Aussitôt, l’armée d’activistes de l’UDPCI a été actionnée pour inverser l’opinion.

C’est ainsi que Ali Doumbia, président du Réseau des élèves et étudiants pour Mabri (REEV-Mabri) a été mis à contribution, pour apporter la part de vérité de son patron. Sauf que cette part de vérité n’en était pas une. Lisons les explications fournies par Mabri, à travers son communicant occasionnel.

« Tous les enfants du Président Mabri sont dans les écoles ivoiriennes et vivent avec lui ici à Abidjan. La seule sur cette photo qui a suscité assez d’émotions et de critiques se nomme Neïla, elle n’est partie que l’année dernière après le Bachelor en Côte d’ivoire », explique-t-il.

L’on devine aisément que c’est Mabri qui lui a fourni les explications. L’on notera que « l’année dernière », papa était déjà ministre de l’Enseignement supérieur. Mais suivons toujours les explications. « Parce qu’elle voulait forcément faire science politique, les parents ont résisté à ses désirs jusqu’à ce qu’elle fasse partir (sic) de la douzaine d’étudiants à qui l’université de Grand Bassam a offert des bourses de master dans les meilleures universités aux États-Unis, au Canada et en Grande-Bretagne ».

Des explications, qui, on s’en doute, ont encore été fournies par Mabri lui-même.
Suivons toujours : « Ni les parents ni la bourse de Côte d’Ivoire ne supportent ses études, juste le bénéfice de son excellence, ces informations peuvent être vérifiées à tous moments. C’est seulement à la faveur de cette bourse qu’elle est allée en Grande Bretagne, précisément à Durham en Écosse ».

« Toujours brillante elle obtient son master en un an. Aujourd’hui son père a jugé opportun de l’accompagner à cette cérémonie de distinction, chose normale. Car Monsieur Mabri n’allait pas aussi refuser la bourse à lui donner (sic) par l’université de Grand Bassam. Les enfants, il en 6, et Neïla est la seule ayant bénéficié des études hors pays ».

L’une des choses vraies dans ce qui a été dit, est que les autres enfants de Mabri, tous encore jeunes, vont bel et bien à l’école en Côte d’Ivoire. Mais l’information sur l’Université internationale de Grand-Bassam est douteuse. En effet, l’école de l’éminent professeur Saliou Touré est en partenariat avec des écoles dans douze pays. Etats-Unis, Burkina Faso, Chili, France, Ghana, Inde, Jamaïque, Mali, Maroc, Sénégal, Slovaquie, Afrique du Sud. Aucune trace de Grande Bretagne, encore moins de l’Ecosse. Aucune trace de l’université Durham.

Extrait des universités partenaires de l’UIGB, Durham n’en fait pas partie

La bourse d’études que promeut l’UIGB est dénommée WMI (Wells mountain initiative). Elle n’accorde pas des opportunités d’études en Grande Bretagne, encore moins dans un pays développé. L’une des conditions est claire : « Etudiera dans son pays ou dans un autre pays du monde en développement ». Aucune trace ici encore de l’Ecosse.

En définitive, non satisfait d’avoir échoué à proposer des réformes à l’Enseignement supérieur dont il a la charge, Mabri a tenté, à travers ses proches, de manipuler l’opinion ivoirienne, en faisant croire que sa fille était dans une école prestigieuse en Ecosse, à partir d’une bourse privée. La question est : que cache Mabri ? Que dira-t-il si l’on découvre qu’il a fait bénéficier à sa fille, d’une bourse octroyée par l’Etat de Côte d’Ivoire, sur les fonds des contribuables, alors qu’il peine à assainir l’Enseignement supérieur en Côte d’Ivoire ?

Elvire Ahonon

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