Gnamien Konan dénonce le Rattrapage de Ouattara : « C’est l’une des causes des violences communautaires »

Gnamien Konan, président de La nouvelle Côte d'Ivoire

Déclaration de  [email protected] Nouvelle Côte d’Ivoire sur les affrontements inter-communautaires de Béoumi, Une altercation entre deux chauffeurs, l’un Baoulé et l’autre Malinké, a dégénéré en affrontements meurtriers entre les deux communautés, les 15 et 16 mai derniers à Béoumi.

Ces affrontements ont enregistré 10 morts, une centaine de blessés dont 3 policiers, des centaines de déplacés, des incendies et des destructions de biens publics comme privés.  Des témoignages concordants ont fait état de l’usage par les protagonistes d’armes blanches et d’armes de guerre.

Ces faits, extrêmement graves, ne sont malheureusement pas un cas isolé. C’est le nième conflit, ces derniers temps, qui dégénère en confrontation armée entre communautés.

Outre les violences liées directement aux activités politiques et aux dernières élections municipales, l’on note une recrudescence des violences intercommunautaires, à l’approche des échéances électorales de 2020. Jugeons-en :

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– En mars 2016, un violent affrontement à la machette et aux fusils entre éleveurs peul et agriculteurs lobi a occasionné 37 morts dont 2 gendarmes, de nombreux blessés et d’importants dégâts matériels à Bouna ;

– En octobre 2018, un affrontement à la machette et aux fusils entre les populations baoulé et malinké, suite à un litige lié à la délimitation des périmètres villageois, a fait un mort, des blessés et d’importants dégâts matériels à Marabadiassa ;

– En avril 2019, le marché de Bin-hounyé a été incendié par des populations en colère, suite au décès d’un membre de la communauté par un accident de la circulation ;

– En avril 2019, un afrontement entre jeunes abbey et malinké à Agboville a fait plusieurs blessés et de nombreuses destructions de biens ;

– En mai 2019, une bavure policière a causé le décès d’un conducteur à Sipilou. En réaction, les populations en colère ont saccagé le poste frontière de la police ;

Tous ces faits rapportés sont révélateurs de la tendance chez les communautés à se faire justice elles- mêmes, avec des armes au besoin. C’est la preuve qu’elles ne font plus confiance aux institutions. Elles ont perdu tout espoir de changement au vu des dérives antidémocratiques, chaque jour renforcées, du régime et de la prise en otage de l’appareil d’Etat, judiciaire surtout, par un clan. Face à ces constats plus qu’inquiétants, [email protected] Nouvelle Côte d’Ivoire :

Présente sa compassion à toutes les victimes et ses sincères condoléances aux familles et aux communautés qui ont enregistré des décès en leur sein, notamment dans le cas récent de Béoumi. Souhaite prompt rétablissement aux blessés.

Appelle les populations au calme et les exhorte à régler les différends qui les opposent par le dialogue, le recours, en toutes situations, aux autorités administratives et judiciaires, établies pour garantir à tous la quiétude et la sécurité.

Fait l’amer constat de l’échec du pouvoir dans ses tentatives de réconciliation et dans sa gouvernance, dont l’horizon se limite à la construction de quelques ponts et routes avec l’expertise et des capitaux étrangers. Son impuissance face aux vrais défis de la corruption, du chômage des jeunes, de la pauvreté, de la démocratie et de la cohésion sociale dresse le lit de l’explosion de violence que nous subissons.

Considère que la politique d’exclusion prônée, pratiquée et assumée par les tenants du pouvoir, ainsi que les manœuvres orchestrées pour la conservation du pouvoir, sources de frustrations et de ressentiments à peine contenus au sein des populations, sont au nombre des causes profondes des violences intercommunautaires observées.

Interpelle en conséquence le gouvernement et le met face à ses responsabilités. Tous les responsables des violences, surtout ceux qui détiennent encore illégalement des armes à feu, doivent être recherchés, poursuivis devant les tribunaux et sanctionnés.

« Le vivre ensemble », leitmotiv des tenants du pouvoir, ne peut plus rester qu’un vain slogan. Le gouvernement, incarnation première de l’Etat, se doit d’être impartial, équitable et juste pour inspirer et mériter la confiance de tous.

Gnamien Konan

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