Gnagna Zadi répond à Kandia Camara à propos du droit de grève au Lycée d’excellence de Bassam

Théodore Gnagna Zadi

Lors de la visite au tout nouveau lycée d’excellence Alassane Ouattara le samedi 7 septembre 2019, Kandia Camara, ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement technique et de la formation professionnelle a affirmé: «la grève est interdite dans cet établissement parce qu’il sera question de respecter le temps d’apprentissage pour la formation de très hauts cadres de notre pays».

Gnagna Zadi, président de la plateforme des syndicats des fonctionnaires s’est prononcé sur sa page Facebook. «La grève est un droit inaliénable de tout travailleur contenu dans les Conventions 87 et 98 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical, ratifiées par notre pays depuis 1961. Or la ratification soumet tout pays à une obligation d’application absolue de ces conventions, sous peine de sanction», a indiqué Gnagna Zadi.

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A l’en croire la déclaration de Kandia Camara de façon publique met la Côte d’Ivoire au banc de l’Organisation internationale du travail. «Elle remet en cause les engagements internationaux de notre pays en matière de respect des libertés syndicales qui étaient déjà mises à mal par l’arrêté du même ministre sur l’interdiction du syndicalisme aux directeurs d’école et la suspension continue des salaires des premiers responsables de la Coordination nationale des enseignants chercheurs de Côte d’Ivoire (CNEC)». Puis d’ajouter : «Le droit de grève est en plus reconnue depuis 2000 en Côte d’Ivoire comme un droit constitutionnel.

En conséquence, une déclaration d’un ministre ne peut remettre en cause ce droit. Même s’il est vrai que ce droit n’est pas absolu car pouvant connaître des restrictions, il est tout aussi vrai que les restrictions au droit de grève sont contenues dans la loi ou des décrets pris à cet effet. Ainsi en Côte d’Ivoire par exemple, les Forces de défense et de sécurité n’ont pas le droit de grève. Certaines corporations sont par ailleurs astreintes au service minimum (Santé, Communication, Pompes funèbres, Service de ramassage d’ordures etc).

Les enseignants quelques soient leurs lieux d’exercices ne sont nullement concernés par les deux cas de figures de restriction du droit syndical». Poursuivant, le président de la plateforme des syndicats des fonctionnaires s’est voulu clair : «Aussi longtemps que les problèmes qui font l’objet de grève dans le secteur éducatif vont perdurer, les enseignants de tous les lycées et collèges de Côte d’Ivoire se verront obligés de respecter les mots d’ordre de grève de leurs syndicats car ils seront bénéficiaires des retombées de ces luttes».

Gnagna Zadi, pour finir, a indiqué que cette donne ne pouvait changer que si et seulement si les enseignants affectés au lycée d’excellence Alassane Ouattara ont un statut particulier, avec des salaires particuliers et des bulletins de salaires différents, ils pourront se soustraire aux luttes syndicales.

Roxane Ouattara

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