Serge Bilé à Ouattara : « Une parole présidentielle est une parole, il n’y a pas de force majeure qui tienne »

Le journaliste-écrivain franco-ivoirien Serge Bilé est ferme : « Il n’y a pas de cas de force majeure qui tienne », dans le cadre du troisième mandat du Président Alassane Ouattara à la présidentielle d’octobre 2020. Pour lui, « une parole présidentielle est une parole et elle engage celui qui l’a prononcée solennellement ».

« À mes amis ivoiriens qui sollicitent mon avis pour la prochaine élection présidentielle d’octobre 2020 en Côte d’Ivoire, sachez que je n’ai pas changé d’un iota. Ni Alassane Ouattara, ni Henri Konan Bédié, ni Laurent Gbagbo, ni Guillaume Soro. Je l’ai déjà dit publiquement. Je le maintiens. Il n’y a pas de cas de force majeure qui tienne. Une parole présidentielle est une parole et elle engage celui qui l’a prononcée solennellement », a indiqué sur Facebook, Serge Bilé qui prépare une nouvelle émission sur Martinique Première, après sa retraite du Journal télévisé.

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élection présidentielle 2020 Ivoire. Alassane Ouattara
Alassane Ouattara

Le journaliste a critiqué, au passage le vide constitutionnel qui a cours en Côte d’Ivoire depuis la mort du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly et la démission du vice-président Daniel Kablan Duncan. « Par ailleurs Ouattara a posé aujourd’hui (jeudi 23 juillet 2020, ndlr) un acte insensé. Il est à Bamako pour tenter de dénouer la crise politique qui oppose le mouvement de l’opposition M5 et le président malien Ibrahim Babacar Kéita. Or, la Côte d’Ivoire n’a plus de vice-président ni de Premier ministre, alors que le président du Sénat est en soin en Allemagne et le président de l’Assemblée nationale en déplacement à Paris ».

« Vous avez construit de grands ponts et nous avons applaudi, vous êtes maintenant face à une petite valeur : le respect de l’engagement solennel. C’est à vous de choisir ce que nous retiendrons de vous, sur le respect d’un engagement difficile » (ASK)

Serge Bilé, Alassane Ouattara et la présidentielle ivoirienne d’octobre

Le vide constitutionnel a été dénoncé par plusieurs leaders d’opinion, dont André Silver Konan. Ce dernier qui était l’un des chantres de la retraite politique des trois Grands que sont Bédié, Gbagbo et Ouattara, a adressé une lettre ouverte au Président sortant, largement reprise par la presse ivoirienne et abondamment relayée sur les réseaux sociaux.

« La valeur d’un engagement s’évalue dans la décision difficile qui précède son respect. Vous êtes face à la première décision difficile à prendre, avant le respect d’un engagement. Il est facile de dire qu’on va construire un collège, un pont, une université et de respecter cette promesse, il suffit d’un peu d’argent. Là où le respect de la parole prend une valeur mystique, c’est quand celui qui a porté cette parole doit la respecter en prenant une décision difficile. Vous avez construit de grands ponts et nous avons applaudi, vous êtes maintenant face à une petite valeur : le respect de l’engagement solennel. C’est à vous de choisir ce que nous retiendrons de vous, sur le respect d’un engagement difficile. Je le répète : il est facile de construire des ponts, tout le monde peut le faire avec de l’argent. Ce qui est difficile à construire, ce sont des valeurs parce qu’elles convoquent ce qui est profond en nous, à savoir notre conscience morale », a écrit André Silver Konan.

Elvire Ahonon

élection présidentielle 2020 Ivoire

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