Djékanou : Cri de coeur d’une cheffe d’entreprise en marge de la visite de Ouattara

Constantine Kouadio Président de Talita Kum


Constantine Kouadio est gérante de l’entreprise Talita Kum. Elle s’est ouverte à la presse, ce samedi 11 mai 2019, alors que le Président Alassane Ouattara se trouvait dans la ville de Djékanou.

Parlez-nous de Talita kum. Quand a-t-elle été créée, combien de personnes emploie-t-elle?

Avant de parler de Talita kum, je ne veux pas aller directement, parce que Talita Kum vient de Association Canaan des femmes de Djékanou (Ascafed).C’est par là que nous sommes parties. Nous avons commencé avec sept femmes, après quatorze, aujourd’hui, nous sommes une cinquantaine. Talita Kum regroupe aujourd’hui plus de trois cent personnes. C’est parti après la crise de 2002, nous sommes venues, on a crée l’association en 2004.

Nous faisons des travaux maraîchers, on fait du miel, l’apiculture et on fait un peu de tout. C’est après toutes ces activités que nous avons su qu’Olam travaillait avec des femmes de Toumodi. Nous les avons approchés. Nous sommes allées à Dimbokro pour rencontrer les responsables pour que cette société soit avec nous à Djékanou.

Aujourd’hui comment se portent vos activités ?

C’est une activité. On veut toujours que ça se porte bien donc ça se porte bien. Aujourd’hui, grâce à cette association, à cette société, et grâce à Olam, il y a plus de trois cent personnes qui arrivent à nourrir leurs familles, qui arrivent à se prendre en charge et pendant les vacances, les élèves qui viennent travailler arrivent à payer leur scolarité, arrivent à payer leurs fournitures.

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C’est pourquoi je dis que ça se porte bien. Mon slogan c’est : « Aider mon prochain ». Talita kum veut dire jeune fille lève-toi et marche et Canaan veut dire là où coule le lait et le miel. Ce sont deux choses qui sont bibliques mais qui tracent un chemin pour arriver à bon port, un bon chemin avec la lumière.

A Talita kum faites-vous plus la promotion des femmes battantes ? Qu’est qui vous distingue des autres ?

Quand vous parlez de femme battante, je peux dire oui. Parce que je le dis toujours, une femme doit être battante. Elle ne doit pas toujours être à la maison, pour attendre monsieur pour tendre la main. L’homme a deux mains, la femme en a deux. L’homme a deux pieds, la femme en a deux. Certes, les hommes sont toujours au-dessus de nous parce qu’ils sont nos papas, mais une femme doit être toujours battante (…) c’est mon premier point.

« Pour moi, une femme autonome est une femme qui travaille, qui se donne le temps de chercher »

Mon deuxième point est que quand je suis venue, les femmes qui n’avaient rien à faire, il fallait faire de sorte qu’elles puissent prendre leurs besoins en charge. La femme doit être autonome. Donc pour moi, une femme autonome est une femme qui travaille, qui se donne le temps de chercher (…) S’il n’ y a rien dans nos villages, les jeunes filles vont en ville et c’est l’exode. S’il y a une entreprise dans nos villages, dans nos villes, les jeunes filles restent dans ce village pour le peupler et travailler pour subvenir à leurs propres besoins que d’aller faire des enfants non désirés.

Parlez-nous un peu de quelques actions de Talita Kum menées envers les femmes.

Nous avons mené pas mal d’actions avec les femmes. Nous avons une crèche qui aide les femmes à venir au travail. Parce que le gros problème, quand la femme ne sait pas où mettre son enfant, c’est très difficile d’aller au travail. Donc nous avons construit une crèche et nous prenons des gens pour surveiller ces enfants. Pour que ces femmes soient libres dans leur tête pour venir travailler.

Autre action que Talita Kum mène, c’est que notre société ne prend pas seulement que des diplômés. On prend même celles qui ne sont pas parties à l’école. Parce que ce ne sont pas seulement les diplômes qui travaillent, l’intelligence aussi travaille. Donc ce sont des personnes que nous recrutons pour qu’elles puissent subvenir à leurs besoins. A ces mêmes femmes, nous apprenons l’alphabétisation. Pour qu’elles puissent savoir lire et écrire ne serait-ce que leur numéro de téléphone (…) Nous comptons mener plus d’actions (…)

Quelles sont les difficultés que Talita Kum rencontre souvent ?

Talita Kum rencontre beaucoup de difficultés. Hors mis Talita Kum, parce que nous travaillons avec les deux structures c’est-à-dire Talita Kum et Ascafed parce que quand je parle de Talita Kum c’est l’entreprise et Ascafed c’est l’association. Donc j’aimerais un peu m’éclipser pour aller sur l’association parce que c’est de là-bas que nous sommes arrivés à Talita Kum. Cette association a beaucoup de difficultés.

D’abord, nous avons besoin de matériels pour travailler. Le matériel c’est-à-dire que nous ne sommes que des femmes (…) Nous avons des terrains qui sont un éloignés et nous travaillons pour faire sortir nos produits. Nous avons des problèmes d’irrigation. Le système goutte à goutte peut aider les femmes à mieux produire mais nous ne l’avons pas pour pouvoir bien travailler.

Et puis quand nous produisons, l’écoulement est très difficile. Nous avons fait quinze hectares de manioc, tout est resté en brousse par manque de clients. Cela décourage les membres de l’association. Nous avons un problème pour faire sortir nos produits bord champ pour venir en ville.

Quels conseils avez-vous à donner à toutes celles qui voudraient vous ressembler ?

Le conseil que je peux donner à mes sœurs est qu’une femme battante n’est pas une chose plus difficile. Il faut avoir l’amour de la chose. Il faut d’abord aimer son prochain, aimer travailler, et puis aimer vivre avec son prochain Parce que si tu n’aimes personne et que tu veux vivre seule tu ne peux pas être une femme battante.

Je demande à mes sœurs d’être courageuses. Parce qu’aujourd’hui, il y a des filles qui sont paresseuses (…), d’autres ne veulent rien faire du doigt et ce sont elles qui aiment chercher ce qui coûte plus cher sur le marché. La beauté d’une femme c’est son travail. Quelle que soit ta beauté, tu deviens la plus laide des femmes. Si j’étais garçon, je ne prendrais pas une femme qui ne veut rien faire de ses dix doigts.

Une femme doit travailler pour aider son mari à subvenir aux besoins de la maison et à aider son mari à élever les enfants. Plus monsieur fait quelque chose, plus la femme fait quelque chose, les enfants sont épanouis et il y a toujours l’ambiance et la joie dans la maison.

Réalisé par Prince Beganssou, envoyé spécial Djékanou

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