Des Ivoiriens clashent Bruno Koné sur Twitter : « La mort de Gon donne-t-elle le droit à Ouattara de violer la Constitution ? »

Alassane Ouattara est-il éligible à la présidence de la République en octobre 2020 ? C’est le sujet qui alimente actuellement le débat public en Côte d’Ivoire. Alors que tous les rédacteurs de la Constitution de 2016, à savoir les ministres Sansan Kambilé et Cissé Bacongo, l’éminent Ouraga Obou, sont unanimes pour dire qu’il ne peut briguer un troisième mandat au regard de l’article 183, Alassane Ouattara et ses partisans s’obstinent à prouver le contraire.

Plus grave, Bruno Koné, alors ministre de la Communication, de l’Economie et de la Poste, porte-parole du gouvernement, qui avait déjà tranché cette question en déclarant que Alassane Ouattara n’avait pas droit à plus de deux mandats, est fier aujourd’hui de lui demander de briguer un troisième mandat. Justifiant ce volte-face par le décès brutal du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, survenu le 08 juillet 2020.

« Cet avis n’était pas celui d’un juriste, mais celui d’un observateur de la scène politique de Côte d’Ivoire, convaincu depuis 2016 que le président Alassane Ouattara ne souhaitait pas aller au delà de deux mandats. Et les faits m’avaient donné raison jusqu’au 8 juillet dernier (…). Dire que « le président Alassane Ouattara ne s’appliquera pas à lui-même la nouvelle constitution » au lieu de « la nouvelle constitution ne lui permet pas d’être candidat » indique, in fine, que la dernière décision lui revient. Pour le reste, les instances judiciaires trancheront le moment venu (…). Comme je l’avais pensé et dit en 2016, le président Alassane Ouattara avait effectivement décidé de tourner la page et travaillait en ses temps libres, sur son prochain projet professionnel. Ni lui, ni personne n’avait imaginé que le premier ministre Amadou Gon Coulibaly, candidat du RHDP, décéderait à trois mois de l’élection présidentielle », tente maladroitement d’expliquer Bruno Koné dans une série de tweets le vendredi 31 juillet 2020.

A lire aussi : Côte d’Ivoire : « L’occasion s’offre à Ouattara de respecter la Constitution plutôt que de la violer » (Bédié)

Pour l’actuel ministre de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme, « ce décès rebat les cartes et à la vérité, le choix d’un mandat supplémentaire est plus celui du RHDP que celui du président Alassane Ouattara qui avait déjà montré sa bonne foi et tenu parole ». Estimant que ce dernier est le meilleur atout du parti au pouvoir. Raison pour laquelle l’opposition « manigance pour l’éviter ». Mais pour beaucoup, cet argument ne tient pas du tout. Puisqu’il était à cette période le porte-parole du gouvernement. C’est donc sur la base du rapport fait au président, des motifs de chaque article qu’il s’était exprimé en 2016. Dire le contraire aujourd’hui au motif que le candidat du RHDP est décédé n’est pas valable. C’est comme si on disait que le décès d’Amadou Gon Coulibaly donne le droit de violer la constitution. Que nenni !

« Ce que le RHDP fait du choix de son candidat n’est pas la préoccupation de nos lois ni des Ivoiriens », recadre un internaute sur Twitter. Et un autre d’enfoncer le clou : « Ce n’est pas parce que Ouattara est le meilleur atout du RHDP qu’il faut piétiner la constitution. L’intérêt du RHDP n’est pas au dessus de la loi ». « Si vous ne respectez pas les textes qui régissent la vie de la nation comment allez-vous respecter les populations que vous êtes censés administrer ? », décrie un web-citoyen, qui estime que cette décision pourrait créer un précédent fâcheux qui risque d’être utilisé plus tard contre le RHDP dans l’opposition.

Ce n’est pas parce que Ouattara est le meilleur atout du RHDP qu’il faut piétiner la constitution.

clashent Bruno Koné Twitter
Alassane Ouattara au palais présidentiel

A trois mois de la présidentielle, le parti d’Alassane Ouattara doit vite se trouver un autre candidat. Une personnalité consensuelle qui pourrait le conduire à la victoire au soir du 31 octobre. Pour plusieurs cadres du RHDP et de nombreux militants, cette personnalité consensuelle n’est autre que le président Alassane Ouattara lui-même. Mais ce dernier, 78 ans, ne s’est jusque-là pas décidé. Suite aux sollicitations des instances du RHDP, le mercredi 29 juillet 2020, il avait demandé à ses partisans de lui laisser le temps de se recueillir, après la mort brutale de son premier ministre Amadou Gon Coulibaly.

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« Je vous demande de me laisser le temps du recueillement. Mais vous savez que je ne vous ai jamais déçu et je ne vous décevrez pas (…) », a-t-il lâché lors du Conseil politique du RHDP tenu à l’hôtel Ivoire

Miss Touré

clashent Bruno Koné Twitter. clashent Bruno Koné Twitter

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2 Comments

  • Jusqu’à présent, vous ne nous avez pas encore démontrer comment l’article 35 peut éliminer ADO sans éliminer BEDIE au regard de la nouvelle constitution.

  • S’il se présente, il sera traité de candidat en conflit avec la loi fondamentale. Je pense qu’il ne poussera pas le bouchon jusqu’à là.

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