De Bouteflika à Bongo : Ces Présidents indispensables qui ne savent pas partir !

Ali Bongo Odimba et Abdelaziz Bouteflika

L’Afrique doit, à l’instar des autres continents de la planète, progresser. Ses dirigeants en sont persuadés. Ils multiplient la coopération avec les pays dits développés, dans l’optique de se hisser au même niveau de progrès. Ils copient aussi tout ou presque. En somme, les dirigeants africains importent beaucoup de l’Europe et de l’Amérique. Sauf, la gestion de la chose publique, la démocratie, la transparence…

A contrario, les Européens et Américains apprennent beaucoup de choses de l’Afrique. Malheureusement, ce sont les détournements de deniers publics, les élections mal organisées, les coups d’Etat, les rébellions, l’enrichissement illicite, le tripatouillage des Constitutions en vue de se maintenir au pouvoir…qui sont exportés par ceux qui dirigent nos Etats. Ternissant ainsi, l’image du continent, berceau de l’humanité.

A cela s’ajoute d’autres comportements dans certains pays, qui paraissent plus graves. Des personnes qui n’arrivent plus à se torcher l’anus et qui dirigent tout un peuple. Au Gabon, dans ce petit pays de l’Afrique centrale (petit par la taille de sa population estimée à 2 millions), où l’on a réussi la prouesse de faire de la gestion du pouvoir d’Etat, une affaire de famille (les Bongo), Ali Bongo Odimba est malade.

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Le Président de la République du Gabon ne se porte pas bien, et ce n’est un secret de polichinelle. En témoigne ses apparitions publiques depuis 2008. De l’Arabie Saoudite au Maroc, le Président gabonais a dû subir beaucoup de soin, pour finalement, tenir une canne, marcher difficilement, et s’exprimer comme un acteur de dessins animés. Un décor pas forcément digne du peuple gabonais.

Le 23 mars 2019, revenant d’un long séjour médical au Maroc, c’est à travers les vitres baissées de sa voiture qu’il communiait avec ses partisans, avec un sourire mongolien. Ali Ben, comme l’appellent ses partisans, n’est pas à 100% de sa forme. Ce n’est plus le Bongo qu’on voyait dans les stades lors des prestations de l’équipe nationale gabonaise, aux compétitions internationales de football, arborant le maillot de l’équipe nationale.

Mais comme au Gabon, sur les deux millions d’habitants, il est le seul apte à diriger le pays, il est toujours à sa place. Malgré la décision de la Cour constitutionnelle de son pays qui a jugé nécessaire de prendre les textes adéquats pour palier ce genre de situation : « En cas d’indisponibilité temporaire du Président(…) certaines fonctions(…) peuvent être exercées, selon le cas, soit par le Vice-Président soit par le Premier ministre, sur autorisation spéciale de la Cour Constitutionnelle », Ali Bongo reste à la barre.

« Pourquoi dans un pays où il y a des milliers de personnes, doit-on maintenir une personne longuement malade, à la tête de l’Etat ? »

De son côté, Abdel Aziz Bouteflika a dû quitter le pouvoir sous la pression de la rue, cette année même. Son projet de cinquième mandat n’a pas prospéré face au peuple algérien, à cause de son état de santé qui s’était fortement dégradé. En effet, le président algérien se déplaçait depuis de longues années déjà, en fauteuil roulant. Incapable de se tenir debout, tout seul. Il n’apparaissait plus de ce fait, en public.

Ma question est donc la suivante : pourquoi dans un pays où il y a des milliers de personnes, doit-on maintenir une personne longuement malade, à la tête de l’Etat ? Voici l’image triste que les dirigeants africains vendent à leurs homologues européens et américains. Pauvre Afrique !

Jules Claver AKA

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