Côte d’Ivoire : Quand le gouvernement travaille à une transition politique

C’est pratiquement à pas de tortue que les préparatifs des élections présidentielles d’octobre prochain sont entamés. L’enrôlement pour les cartes nationales d’identité sont quasiment dans l’impasse, et le fichier électoral, dont la révision est annoncée, ne s’émeut point. Au niveau de la Commission électorale indépendante (CEI), les acteurs clés n’ont pas encore trouvé la bonne cadence nécessaire et l’opposition significative dont le PDCI- RDA- et les partis regroupés au sein de Eds refusent de siéger dans une Commission électorale indépendante qu’ils disent inféodée au parti au pouvoir.

A y voir de près, on assiste à un blocage qui ne dit pas son nom. Le constat, tel que décrit par des personnalités proches de la Communauté internationale, est que la tenue des délais est incertaine. Quand malheureusement des observateurs très avertis de la scène politique ivoirienne avancent, sans prendre de gants, que le gouvernement ivoirien fait preuve d’un manque de volonté politique. Alors, le citoyen libre se pose beaucoup de questions. Pour eux, si le gouvernement décide de tout apprêter pour les élections à venir, il le réussira.

Mais sa lenteur actuelle dans la gestion de son cahier des charges, justement, dans le cadre desdites élections, ne s’explique pas, et laisse pantois ceux qui veulent bien y accorder leur latin. Ce sont là des signes bien patents que ces élections ne s’organiseront pas selon les clauses constitutionnelles, c’est à dire le 31 Octobre prochain.

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Et pourtant, cette volonté politique, quand on a voulu l’exprimer, a aidé à la construction du   troisième pont, du nom du Président Henri Konan Bédié. Elle a même accompagné la mise en œuvre du processus électoral dans le cadre du Référendum de 2015 …et du Processus électoral pour les élections présidentielles et les autres élections, de cette même année.  

S’il n’y a pas de volonté politique, quel que soit le degré de votre vision, vous ne réussirez point d’actions d’envergure au bénéfice des populations, même si l’Etat vous accompagne à leur réalisation. La volonté politique est l’incitation à donner suite aux engagements déclarés et aux lois selon les sources proches des Nations Unies. De ce point de vue, comment faire pour accompagner le processus électoral d’octobre prochain, par une volonté politique ?  

Futures élections présidentielles en Côte d’Ivoire

Voici la préoccupation dont la résolution pourra donner des éclaircis dans ce ciel très sombre des futures élections présidentielles. Au nom de cette volonté politique, il urge de multiplier les centres d’enrôlement pour ne prendre seulement que les nouveaux majeurs dont le nombre avoisine le million aujourd’hui. Ils doivent prendre une part importante dans le choix de leurs Futurs dirigeants. C’est un droit absolu pour eux aussi.

Puis, revoir les copies à un haut niveau pour que les anciennes cartes nationales d’identité en vigueur fassent l’objet de   prorogation au nom de cette volonté politique.  Après l’étape de la prorogation, le gouvernement choisira un collège d’experts sélectionnés au sein des différents partis politiques en vue de définir, dans un bref délai, un chronogramme d’activités relatives aux préparatifs desdites échéances électorales. Une grande campagne de sensibilisation suivra pour célébrer les acquis de cette volonté politique retrouvée.

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Au reste, comme on le voit, la volonté politique semble-t-il, n’est pas encore au rendez-vous dans l’agenda du gouvernement ivoirien, occupé qu’il est actuellement à vérifier, à travers les résultats de ses propres  sondages, sa cote de  popularité avant de se lancer dans un projet sur les préparatifs d’une élection présidentielle à issue incertaine. La communauté nationale et internationale parie actuellement sur la probabilité d’une élection présidentielle en octobre prochain en Côte-d’Ivoire. Les signaux clairs obscurs de cette possibilité ne sont pas rassurants.

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Daniel Kablan Duncan, Alassane Ouattara, Amadou Gon Coulibaly, Albert Toikeusse Mabri et Adama Bictogo au Sofitel Hôtel Ivoire le jeudi 12 mars 2020 au Conseil politique du RHDP

 De plus en plus, le président Alassane Ouattara semble se montrer discret dans la gestion de certains dossiers légués au Premier Ministre Amadou Gon Coulibaly, dont l’indisponibilité actuelle est une sorte de feuille de route dans le non traitement de certaines diligences dont la teneur pourrait faire avancer des dossiers. A ce stade de notre analyse, aucun oracle assermenté ne peut prédire ce qui est fait par le gouvernement qui aurait envie d’avancer et organiser ces élections.

On pense alors, à tort ou à raison, que le pouvoir ne s’activera, pour ces élections que quand tous les indicateurs seront au vert et en sa faveur. En clair, quand les résultats des nombreuses enquêtes dont le gouvernement est commanditaire prouveront que c’est Gon qui en sera le futur vainqueur, les préparatifs, dans ce cas-là, iront bon train. Pour l’instant, personne à la Rue Lepic n’est pressé. L’impression d’une Transition politique que le gouvernement accepterait finalement est à l’étude.

Bien évidemment, dans les cœurs des hauts responsables du pays.

Allah Célestin B. N Dri

Journaliste professionnel

Membre du Bureau Politique

Inspecteur du Pdci

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Afrik Soir

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