Côte d’Ivoire : Voici les 3 articles que Ouattara veut introduire dans la Constitution ?

Ce qui n’était qu’une rumeur se confirme de jour en jour. Surtout après la sortie du Chef de l’Etat le 6 août dernier dans une interview accordée à la RTI, la veille de l’anniversaire de l’Indépendance de la Côte d’Ivoire. Dans cette interview, le Chef de l’Etat, président du RHDP, a annoncé une modification de la Constitution avant les élections de 2020. Il disait entre autres : « Il y aura des modifications de la Constitution, car il y a de petites choses à revoir…Cette modification ne s’inscrit pas dans une intention de recaler une quelconque candidature de ces adversaires », avait indiqué le champion du RHDP, mais c’est tout comme.

Même si Ouattara n’a pas donné tous les détails ou le mode opératoire de cette modification inattendue de la constitution, l’on sait qu’elle pourrait ne pas se faire par référendum. Mais plutôt qu’elle sera l’objet d’un projet de loi fait par le Président de la République et envoyé devant l’Assemblée Nationale qui l’adoptera, puis devant le Senat qui l’adoptera aussi, vu la majorité au forceps dont dispose le RHDP dans ces deux chambres du parlement. Et pour boucler la boucle, le Président de la République la promulguera le plus rapidement possible.

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On sait aussi maintenant, selon diverses sources introduites, que la modification portera sur trois (3) principaux points. Le point le plus en vue sera, à en croire nos sources, sur la limite d’âge. Ouattara pourrait donc demander que la Constitution fixe désormais l’âge du candidat entre 50 et 75 ans. Cette limitation congrue de l’âge élimine de facto de la course à la présidence de 2020 tous les présidentiables qui sont âgés de moins de 50 ans et qui sont âgés de plus de 75 ans. Du coup, sont dans le collimateur de cet article, le président du PDCI-RDA, Henri Konan Bédié qui aura 86 ans en 2020 ; l’ex-président de l’Assemblée Nationale, Guillaume Soro, qui n’aura que 48 ans en 2020 et même Daniel Kablan Duncan de leur propre camp qui sera âgé de 78 ans en 2020. De quoi laisser le champ libre au candidat que Ouattara aura loisir à imposer à tous.

Le deuxième point portera sur le parrainage des candidatures par des élus. Cette clause vise également les autres présidentiables qui ne sont pas de partis ayant beaucoup d’élus ou dont les élus ont été achetés par le RHDP à coups de « tabourets » ou sur menaces de tous genres. Cela se préparait déjà au moment des élections municipales et régionales aucours desquelles le RHDP a fait feu de tout bois pour avoir la majorité. Mieux après ces élections locales, le RHDP s’est jeté dans le forcing pour contraindre les élus des autres partis à être ses adhérents, dans l’optique justement de cet article sur le parrainage. Le troisième point, c’est de faire l’élection présidentielle désormais sur un seul tour. Cet article est de loin le plus dangereux en ce sens qu’il consacre la victoire d’un candidat qui peut être très loin d’avoir gagné.

Sur par exemple 6 candidats, celui qui arrive en tête à 30% est déclaré vainqueur à un seul tour, cela voudrait dire imposer le diktat de 30% des populations aux autres 70% qui avaient voté pour les autres candidats. En pensant à une présidentielle à un seul tour, Ouattara voudrait mettre son candidat à l’abri d’un second tour qui pourrait sonner le glas du pouvoir RHDP. Alors contre toute logique démocratique, il veut introduire cette clause d’un tour, en faisant fi des dangers auxquels il expose le pays. Cela peut créer des scènes de colère et vu le climat délétère déjà partout sur la scène politique, il faut craindre que la modification de la Constitution ne soit encore une source de grave crise. Mais est-ce que le RHDP et son président y ont pensé ?

O. CHERIF

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