Côte d’Ivoire : Voici la première déclaration officielle de la plateforme de Bédié (CDRP)

Simone Gbagbo au meeting FPI-PDCI du Parc des Sports

Coulibaly Klimalo Jérôme, porte-parole de la coalition CDRP : « Unissons-nous afin de préserver la nation d’un effondrement total » Depuis l’adoption de la constitution du 1er Août 2000, le peuple de Côte d’ivoire avait pris le pari de faire siens et de mettre en œuvre les acquis démocratiques majeurs obtenus de haute lutte, notamment à travers la mise en place d’une Commission Electorale Indépendante (CEl) et un Code Electoral consensuel.

Cependant, les partis politiques de l’opposition constatent avec amertume que depuis l’accession de M. Ouattara au pouvoir suprême, de nombreux faits illustrent le recul drastique du Pays à divers niveaux et consacrent le démantèlement systématique de ces acquis démocratiques et des atteintes graves aux libertés publiques.

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1- Le démantèlement systématique des acquis démocratiques   

Ce recul démocratique se manifeste entre autres par la caporalisation de toutes les institutions de la République, en l’occurrence:

-La Commission Electorale Indépendante (CEl)

Cette Institution, un des acquis essentiels de notre jeune démocratie, a été vidée de toute forme d’indépendance par le régime d’Alassane Ouattara, dans sa version précédente et pire encore dans sa version actuelle adoptée par une Assemblée nationale et un Senat aux ordres , par sa composition déséquilibrée et son fonctionnement partial, au mépris des recommandations de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples qui exigeait, dans un arrêt rendu en date du 18 novembre 2016 ,la réforme en profondeur de cette Institution. Ce faisant, elle s’est totalement discréditée et décrédibilisée aux yeux des acteurs politiques et de l’opinion publique nationale et internationale.

C’est pourquoi, l’Opposition ivoirienne a le devoir de mener, avec esprit de suite, son juste combat pour une Commission électorale véritablement indépendante, qui aura totalement en charge les futures élections en Côte d’Ivoire.

-Le Conseil Constitutionnel

Cette institution qui devrait en principe être garant de l’Etat de droit comme dans les régimes démocratiques, est devenue, à l’instar de la CEl, une autre caisse de résonance des desiderata du pouvoir en place.

-Une Assemblée Nationale aux ordres

l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire, quant à elle, a été transformée en une chambre d’enregistrement des volontés du pouvoir exécutif. Les conditions anachroniques et frauduleuses de l’élection récente de son président actuel, en attestent.

En témoigne également, le spectacle aussi ridicule qu’humiliant pour notre Pays, auquel s’était adonnée la délégation officielle de la Côte d’Ivoire, lors de la 27ème Réunion de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie (APF) le vendredi 14 juin à Rabat au Maroc.

-Le Corps préfectoral et l’Administration Publique

Dans tout régime démocratique, le Corps préfectoral et l’Administration Publique sont astreints à un devoir de réserve qui garantit leur neutralité.

Sous le régime d’Alassane Ouattara, les préfets, directeurs centraux et Présidents de Conseils d’Administration, sont contraints d’agir comme des militants du parti au pouvoir.

-La chefferie traditionnelle

Naguère, comme son nom l’indique, cette chefferie qui est dévolue à un rôle d’Autorité traditionnelle et coutumière ne peut s’autoriser à intervenir dans le champ politique, au risque de perdre toute crédibilité vis-à-vis des communautés dont elles ont la charge. Le Président Félix Houphouet Boigny qui fut lui-même chef traditionnel avait, dès 1960, tenu à respecter ce principe. Aussi, a-t-il accordé tout au long de son règne la plus grande considération à la neutralité de cette institution coutumière.

Tout à l’opposé, le régime de monsieur RDR-RHDP, se substituant aux communautés, impose des chefs traditionnels dans la plupart des localités. Cela entraîne immanquablement de graves conflits qui accélèrent la dislocation de nos terroirs. Cette tendance de l’Exécutif, à s’ingérer en permanence, dans le fonctionnement du Pouvoir coutumier, dans une optique clientéliste, est une atteinte grave aux fondements et à l’équilibre socioculturel et politique de notre Nation.

Cette attitude partisane des Institutions régaliennes de la République qui se rendent ainsi comptables d’une telle situation, aussi grave que délétère, démontre qu’elles participent objectivement, de ce fait, à la tentative de confiscation du pouvoir d’Etat par des moyens non démocratiques, dont les élections municipales et régionales passées n’ont été que la partie émergée de l’iceberg. Non satisfait de ce démantèlement systématique des acquis démocratiques, le régime actuel s’emploie avec désinvolture à porter atteinte aux libertés publiques.

II- Les atteintes aux libertés publiques

Bien que consacrées par la Constitution de notre pays, les libertés sont bafouées à divers niveaux de la vie publique

-Les partis politiques de l’opposition

Tant dans leur libre expression que dans leur fonctionnement, les Partis ou organisations politiques légalement constitués sont bâillonnés par le pouvoir RDR-RHDP. A preuve l’ingérence du régime dans le fonctionnement de certains partis politiques tels le MFA, le PIT, l’UPCI, le FPI et aujourd’hui le PDCI. Il en est de même pour

-La liberté d’opinion et les entreprises de presse

Sous le régime actuel, les libertés sont constamment bafouées notamment les arrestations de journalistes de la presse indépendante et les nombreux cas d’intimidation via le Conseil National de la Presse (CNP), érigé en organe de censure contre la presse libre.

Quant aux medias de service public, ils sont caporalisés et destinés à la propagande du régime tandis que les manifestations de l’opposition, très rarement couvertes, font l’objet de censures systématiques.

En outre, dans le cadre de la libéralisation du secteur de l’audiovisuel en Côte d’Ivoire, l’attribution des licences à des opérateurs privés pour l’exploitation de l’espace audiovisuel n’a profité qu’à la famille ou aux proches de monsieur

Alassane Ouattara, par exemple LIVE TV appartient à un proche du président Ouattara et OPTIMUM MEDIA au fils de Mme Henriette Diabaté.

-Les libertés individuelles ne sont pas en reste de ce terrorisme d’Etat.

En effet, le système judicaire étant désormais aux ordres du pouvoir, l’on assiste à l’instauration d’un régime autoritaire, policier, autocratique, voire dictatorial, avec des arrestations arbitraires et des emprisonnements systématiques pour délit d’opinion, souvent opérées par des forces militaires parallèles et encagoulées.

Nous assistons ainsi à un déni de démocratie illustré par des régressions profondes et multiformes des libertés démocratiques fondamentales dans notre pays, entre autres, la violation de la liberté syndicale, la violation de la liberté de pensée et d’expression, les poursuites judiciaires ciblées et incarcérations d’élus en violation de leur immunité, l’incarcération sans fondement de dirigeants et militants de partis politiques légalement constitués, le maintien en prison sans jugement de nombreux Ivoiriens ,les assassinats lâches et gratuits de militants; la caporalisation des Institutions de la République dont se sont fait d’ailleurs l’écho: des déclarations successives des Syndicats de la magistrature, du barreau de Côte d’Ivoire, de la Conférence des évêques catholiques, de l’Assemblée parlementaire de la francophonie et d’Amnesty International.

conclusion

En conséquence de tout ce qui précède, ces pratiques autoritaires, anti démocratiques, dictatoriales et d’un autre âge qui mettent à mal les acquis démocratiques chèrement obtenus, la paix, la stabilité de notre nation, sont inacceptables, irrecevables et doivent être combattus, ici et maintenant.

Ainsi, les partis politiques de l’opposition, soucieux de leurs responsabilités devant l’histoire et conscients des graves dangers qui menacent l’avenir de notre pays, appellent à la mobilisation générale et à la résistance, toutes les forces vives de la nation, les démocrates, les patriotes sincères, épris de paix et de justice, pour la préservation de la paix et la stabilité de notre nation.

Nous avons l’impérieux devoir de rassembler tous les Ivoiriens dans l’objectif de défendre la démocratie, l’Etat de droit, la bonne gouvernance, en vue de réaliser la réconciliation nationale et restaurer la liberté et la souveraineté de notre pays.

Filles et fils de Côte d’Ivoire, unissons-nous afin de préserver la nation d’un effondrement total si l’on n’y prend garde et engageons-nous tous ensemble pour promouvoir une nouvelle espérance citoyenne pour la renaissance de la Côte d’Ivoire dans un véritable sursaut patriotique national.

Vive la République !

Vive la Côte d’IvoireFait à Abidjan, le 14 Septembre 2019

Yasmina Ouégnin : « Nous portons la voix de la grande majorité des Ivoiriens »
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