Côte d’Ivoire : L’unité des Ivoiriens peut-elle vraiment se faire autour de Bédié ?

Henri Konan Bédié, le président du PDCI a accepté, le samedi 20 juin 2020, à la demande des militants de son parti de se porter candidat pour la convention à l’investiture du candidat dudit parti pour la présidentielle du 31 octobre 2020. Ce qui veut dire que le Sphinx de Daoukro, s’il est adoubé à la convention, sera le candidat du PDCI pour la présidentielle de 2020.

21 ans après le coup d’État militaire du 24 décembre 1999, Henri Konan Bédié va donc tenter de ramener la formation politique créée par Félix Houphouët-Boigny au pouvoir. Mais en réalité, au-delà du vœu des militants du vieux parti, Henri Konan Bédié se positionne  comme « un fédérateur, capable de réconcilier les Ivoiriens et surtout de ramener la paix et la stabilité dans le pays », à en croire Justin Doua Goré, spécialiste des questions électorales.

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L’unité peut-elle se faire autour d’Henri Konan Bédié ? Passé le temps des émotions de certains Ivoiriens qui pensent que l’âge de Konan Bédié ( 86 ans) est un handicap, pour gouverner le pays, analysons la candidature d’Henri Konan Bédié.

L’unité des Ivoiriens peut-elle se faire autour de Bédié ?

La Côte d’Ivoire était naguère paisible. Les vraies difficultés du pays ont commencé le 24 décembre 1999, avec le coup d’État qui a chassé Bédié du pouvoir. Henri Konan Bédié n’était certainement pas sans reproche. Comme tout dirigeant, il avait ses défauts. Certains le taxaient de ne pas être démocrate. Quand d’autres comme l’artiste reggaeman Tiken Jah le qualifiait de  » président le plus nul que l’Afrique ait connu ». Est-ce pour cela qu’il a fallu que des Ivoiriens prennent des armes pour tuer d’autres Ivoiriens et le chasser du pouvoir?

« Celui qui ramènera tous les Ivoiriens exilés, (Guillaume Soro, Noël Akossi Bendjo, Justin Koné Katinan…) et tous ses anonymes de la crise post électorale. Mais aussi et surtout, celui qui ramènera Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, en liberté conditionnelle et encore aux ordres de la Cour pénale internationale ».

Pour ma part, les armes ne constituent pas la voie par laquelle il faut passer pour instaurer une démocratie vraie. La preuve, le coup d’État a chassé Bédié du pouvoir. Mais il n’y a pas eu grande avancée en termes de démocratie depuis 1999. « Le coup d’État a été le canal par lequel la violence s’est intensifiée dans le pays », analyse un militant des droits de l’homme, qui estime que le temps passé n’a pas apporté grand changement.

Bédié pour refermer la parenthèse des armes ?

Robert Guéi qui a endossé officiellement le coup d’État de 1999 n’a même pas été capable organiser une élection démocratique. Il a voulu lui-même accrocher au pouvoir. N’eut été la pression de la rue à l’appel de Laurent Gbagbo, son adversaire coriace de 2000, le pouvoir aurait été confisqué par les militaires.

Les Ivoiriens croyaient la paix retrouvée après le départ du général Robert Guei. Que non! Le 19 septembre 2002, sous Laurent Gbagbo, le pays enregistre pour la première fois, une rébellion armée. Le pays est divisé en deux. Que de morts et de dégâts matériels ! L’image de la Côte d’Ivoire perd de sa superbe. Jusque-là, le départ de Bédié du pouvoir n’a rien apporté comme solution aux problèmes du pays.

En 2010, l’élection présidentielle tant attendue depuis la rébellion de 2002 a lieu. Elle se solde par une guerre entre soldats pro-Ouattara et soldats pro-Gbagbo. Les Nations-Unies dénombrent officiellement 3000 morts. Que de douleurs et de pertes en vies humaines! Bédié est toujours sur la touche et la démocratie tant recherchée peine à être une réalité. Entre temps, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, les deux alliés du Front républicain qui avaient juré d’en découdre avec le pouvoir de Bédié ont eu le temps de proposer leurs offres aux Ivoiriens.

« De leur gouvernance, l’on retient que la démocratie n’a pas été une réalité, la Justice est toujours partisane et la redistribution des richesses du pays est inégale », explique Innocent Yao, président de la jeunesse rurale du PDCI. Bédié et la mission de salut public C’est dans ce décor qu’Henri Konan Bédié, accepte à la demande de ses militants de reconquérir le pouvoir. « Je vous le dis! Je ferai don de ma personne en mémoire de tous les sacrifices consentis par nos vaillants et braves militants et l’ensemble de notre personnel politique de la base au sommet », promet-il aux militants du PDCI qui l’ont sollicité pour conduire le parti à la victoire.

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Et ce, tout en précisant : » Je reçois cette demande comme une mission de salut public ». Henri Konan Bédié se présente ainsi comme l’homme providentiel qui viendra mettre fin à tous les problèmes que traverse le pays. Celui qui ramènera tous les Ivoiriens exilés,( Guillaume Soro, Noël Akossi Bendjo, Justin Koné Katinan…) et tous ses anonymes de la crise post électorale. Mais aussi et surtout, celui qui ramènera Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, en liberté conditionnelle et encore aux ordres de la Cour pénale internationale. Bédié entend aussi redonner la chance de réussite a chaque ivoirien. Il veut ainsi instaurera la démocratie vraie, dans le pays. Pour tout cela, le baromètre de la réussite de la mission que s’assigne Henri Konan Bédié dépend de l’unité qui se fera autour de lui en amont.

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Reste à savoir si les partis politiques membres de la Coalition démocratique pour la réconciliation et la paix( CDRP), accepteront de faire cette unité autour de Konan Bédié en le désignant comme leur candidat. Si cela est fait, ce serait les premiers pas vers une réconciliation des Ivoiriens qui souffrent de division depuis le décès du père fondateur, en décembre 1993…

Jules Claver Aka

Bédié candidat présidentielle octobre, Bédié candidat présidentielle octobre

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Jules Claver Aka

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