Côte d’Ivoire : Un Koyaka bloque le cortège funèbre de Gon et se fait rudoyer par des policiers, le Toukpê foulé aux pieds à Korhogo ?

Deux jeunes Koyaka, conformément aux jeux des alliances interethniques (Toukpê), entre Koyaka et Sénoufo, ont tenté de bloquer la dépouille du Premier Ministre, Amadou Gon Coulibaly, leur allié Senoufo, le mercredi 15 juillet 2020 à son arrivée à Korhogo. Mais les jeunes Koyaka ont finalement été rudoyés et jetés de côté par les forces de l’ordre.

Deux jeunes Koyaka ont voulu jouer aux jeux d’alliances interethniques entre Sénoufo et Koyaka en essayant de bloquer le passage de la dépouille mortelle d’Amadou Gon Coulibaly, le mercredi 15 juillet 2020 à Korhogo. Mais tout avait pourtant bien commencé jusqu’à ce que les choses se gâtent. En effet, les jeunes Koyaka après avoir dressé le barrage avec des bouts de rameaux, ont été approchés par un gendarme qui leur a remis de l’argent. Il leur a ensuite demandé de permettre à la dépouille de passer. Soutenus par leurs frères, ils refusent d’obtempérer. Lacina Ouattara dit Lass Pr, conseiller technique d’Alassane Ouattara, vient à la charge.

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Il engage une négociation avec ses alliés en leur remettent symboliquement quelques billets de banque afin de permettre la levée du  » barrage « . Mais les jeunes Koyaka insistaient en poursuivant le jeu d’alliance jusqu’à ce qu’ils soient rudoyés et jetés de côté par les forces de l’ordre à la surprise générale. Cette situation a créé un scandale chez certains Koyaka qui n’en reviennent pas. Alors que les jeux d’alliances interethniques sont des liens ancestraux. De ce fait, la forte alliance entre les Koyaka et les sénoufo devraient avoir une part belle lors de ces obsèques. Car ses manifestations et ses échanges prennent des allures de représentation théâtrales ce qui permet d’oublier un peu la douleur.

Amadou Gon Coulibaly, le mercredi 8 juillet 2020 au palais présidentiel
Amadou Gon Coulibaly, le mercredi 8 juillet 2020 au palais présidentiel

« Aux obsèques de Zamblé Bi Zamblé (premier député de Bouaflé), Bédié était là lorsque les Yacouba l’ont fait. Ils ont eu ce qu’ils voulaient sans être inquiétés. Aux obsèques du général Robert Guéi ce fut la même chose. Les Sénoufo ont bloqué le corps sans être inquiétés »

« J’ai assisté à l’inhumation de la génitrice du Président Alassane Ouattara à Williamsville. Ce jour-là, un de nos frères Koyaka s’est couché dans la tombe de sa maman sous prétexte qu’elle lui devait de l’argent. Lorsque Alassane Ouattara est arrivé, il a négocié avec lui en lui remettant symboliquement de l’argent. C’est ainsi qu’il est sorti et l’inhumation a été faite. Donc le président connait bien le jeu des alliances; il ne pouvait pas se plaindre. De même que le défunt Amadou Gon Coulibaly qui a fait le Poro. On ne peut pas aussi reprocher que les gens aient exagéré comme certains font croire. Les organisateurs devraient inclure cet aspect dans le programme. Je suis scandalisé par ce qui s’est passé », déplore Valy Timité, la cinquantaine révolue.

Les alliances interethniques foulées aux pieds, aux obsèques de Gon

« Pourtant la RTI a fait un reportage la veille sur le jeu des alliances interethniques entre Koyaka et Sénoufo. C’est vraiment dommage ! Aux obsèques de Zamblé Bi Zamblé (premier député de Bouaflé), Bédié était là lorsque les Yacouba l’ont fait. Ils ont eu ce qu’ils voulaient sans être inquiétés. Aux obsèques du général Robert Guéi ce fut la même chose. Les Sénoufo ont bloqué le corps sans être inquiétés. Qu’est ce qui n’a pas marché cette fois ? Je suis déçu de certains de mes ‘’esclaves’’ Sénoufo. C’est vraiment dommage que la politique nous fasse perdre nos si belles valeurs », déplore Théophile Zamblé Bi.

« Puisse la sagesse qui a permis aux ancêtres d’Amadou Gon Coulibaly, à l’époque de l’Almamy Samory Touré, de faire l’économie d’un affrontement, nous inspirer tous », a déclaré, ce mardi 14 juillet 2020, la Grande Chancelière Henriette Dagri Diabaté, à l’occasion de la cérémonie d’hommage de la Nation, au Premier ministre Amadou Gon Coulibaly.

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Selon le Patriarche Mezehi Dosso, chef patriarche Woroba Koyaka à Bouaké, « entre le Koyaka et le Sénoufo, il y a une alliance qui ne date pas d’aujourd’hui. Depuis longtemps s’il y a bonheur ou malheur chez nous, les Sénoufo sont là et vice versa. Le corps du Premier Ministre appartient au Woroba. Il ne doit pas être inhumé en notre absence. Nous exigeons 5 bœufs, sinon il ne sera pas porté en terre ».

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« On peut aussi retarder l’enterrement en bloquant l’accès à la tombe. Bref, il y a bien de choses à faire pour ramener la sérénité chez l’allié. C’est une grâce et un bon instrument de maintien de la paix et de la solidarité », a fait savoir Tiémoko Droh, une autorité traditionnelle Yacouba, indiquant que « les Sénoufo sont nos enfants et donc sans notre accord, on ne saurait parler d’enterrement ». Rappelons que le peuple Sénoufo est allié aux Gouro, Yacouba, Peuhl, Abron, Lobi etc.

Karina Fofana

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