Côte d’Ivoire : Silver Konan appelle les intellectuels « non alignés » à se coaliser

André Silver Konan et Eric Semien

Prenant part à une causerie-débat sur le procès Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé devant la CPI, vendredi 26 juillet 2019, au Palm-Club de Cocody, l’analyste politique André Silver Konan a appelé les intellectuels ivoiriens qui refusent l’alignement politique à coaliser leurs actions.

« Il serait intéressant que ces intellectuels qui refusent de s’aligner, notamment les leaders d’opinion de la société civile, commencent à coaliser leurs actions. Si on réussit cette action, je pense qu’il y a beaucoup de choses qui vont changer », a-t-il indiqué au sortir de la rencontre. L’analyste politique ivoirien en a profité pour fustiger certains acteurs de la société civile qui préfèrent la « mangercratie » ou qui attendent que d’autres mènent le combat pour eux, ce qu’il a appelé « le combat par procuration ».

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« De nombreux intellectuels préfèrent aller à la soupe du pouvoir ou de l’opposition. Mais il y a des intellectuels qui refusent l’alignement politique. Et personnellement, j’ai choisi la voie de l’éveil des consciences. Tant que vous n’éduquez pas les masses à la prise de conscience sur leurs propres problèmes, vous lutterez pour eux en vain », a-t-il estimé.

Se prononçant sur le thème du panel « Processus de justice transitionnelle en Côte d’Ivoire : leçons apprises et perspectives », André Silver Konan a fait remarquer que les quatre mécanismes majeurs de la justice transitionnelle (procès, publication de la vérité, réparations et réformes administratives) n’ont pas été observés par le pouvoir du président Alassane Ouattara.

« De ce fait, on a connu une justice à double visage communément appelée la ‘‘justice des vainqueurs’’. Et d’autre part, il n’y a pas eu de vérité d’autant que le rapport de la CDVR n’a jamais été rendu public officiellement », a-t-il déploré. Pour rappel, cette causerie-débat s’inscrit dans le cadre de la deuxième session de compréhension du fonctionnement de la Cour pénale internationale (CPI) organisée par l’Observatoire Ivoirien des droits de l’homme (OIDH).

Elle a pour objectif de faire comprendre les différentes procédures de cette Cour au public afin de mieux appréhender les décisions qui y sont prises. « Notre objectif en tant qu’acteur de la société civile est de soulever des questions qui fâchent, des questions qui n’intéressent peut être pas certaines élites mais il faut quand même qu’on parle parce que les faits dont on parle ce sont déroulés en Côte d’Ivoire et ceux qui sont accusés sont des ivoiriens.

Aucune question ne doit être délaissée. Aujourd’hui il s’agit de Laurent Gbagbo et Blé Goudé mais demain un autre ivoirien peut se retrouver devant les tribunaux de la Cour pénale internationale », avait souligné Éric-Aimé Semien, président de l’OIDH, à la première journée de cette assise.

Moïse Yao K.

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