Côte d’Ivoire : « Sans consensus, on prépare le terrain à la chienlit » (Lobognon)

L’Ambassade des Etats-Unis en Côte d’Ivoire, en partenariat avec la radio de la paix, a organisé, mercredi dernier 23 octobre 2019, à l’Université Félix Houphouët-Boigny, une émission-débat dénommée Democracy In Progress, sur le thème «  Violence électorale en Côte d’Ivoire : causes et remèdes pour les élections en 2020 ».

Etaient invités à cette émission-débat comme panelistes, le journaliste Venance Konan, directeur général de Fraternité-matin, M Traoré Souleymane, président du Groupe d’Etudes et de Recherches sur la Démocratie et le développement économique et social en Afrique (GERDDES), pour décortiquer les vraies raisons  des conflits en Côte d’Ivoire lors des joutes électorales ou  post-électorales. Pour le premier cité,

« le poste politique donne tellement de pouvoir que les uns et les autres sont toujours prêts à mourir pour l’avoir ou pour le conserver » a dit d’emblée Venance Konan qui regrette qu’en Côte d’Ivoirien « l’adversaire politique est considéré comme un ennemi  à abattre ». Pour sa part, Traoré  Souleymane n’est pas passé par  quatre chemins pour dénoncer les violences des années 1995,2000 et 2010 ayant entrainé des morts d’hommes.

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« Lesquelles violences émanent  des contestations et refus des candidats sortants à reconnaître leur défaite » s’est indigné le paneliste qui a égrené les différentes raisons qui entraînent des morts après ou avant les élections, à savoir la non transparence des élections, l’ethnocentrisme, la méfiance vis-à vis des institutions, le manque d’anticipation  entre autres. Traoré Souleymane n’a pas ignoré les grincements de dents actuels concernant la composition de la CEI qui défraie la chronique et qui risque d’embraser le pays.

Présents à ce rendez-vous de débat, l’honorable Alain Lobognon et le ministre Sanogo Mamadou ont, à tour de rôle, pris la parole pour dire leur part de vérité sur les violences issues des élections en Côte d’Ivoire. Pour le député de Fresco et représentant de l’opposition à cette émission, la CEI actuelle doit être revue car elle n’est pas consensuelle « Les violences sont toujours liées à la Commission électorale. Le jour où la CEI prononcera les vrais résultats, il n’y aura pas de violences dans ce pays » a dit Alain Lobognon avant  de lancer un appel au pouvoir pour la poursuite du dialogue.  

« A l’endroit du gouvernement, je voudrais dire qu’il ne faut pas rompre avec le dialogue .Il faut un consensus autour de la CEI, un consensus autour de la liste électorale et vous verrez que la Côte d’Ivoire aura la plus belle élection jamais organisée en Côte d‘Ivoire ».Pour sa part, le ministre Mamadou  Sanogo s’est dit heureux de prendre part à ce panel aux côtés de son frère Alain Lobognon avant de demander aux uns et aux autres de démystifier l’action politique « Il faut démystifier l’action politique.

Nous sommes des frères. La politique ne doit pas être une fin en soi, il faut démystifier la posture d’homme politique car en réalité on vient pour servir son pays. La CEI qui est en place est tenue d’organiser les élections. Elle est déjà mise en place. Il faut que nous mettions notre confiance en cet outil qui comporte de hauts magistrats et des connaisseurs du processus électoral » a dit le ministre de l’économie numérique qui a appelé les jeunes à dépassionner la politique.

FREDERIC KONATE

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