Côte d’Ivoire : Que devons-nous retenir avec la promotion du mauvais langage ? (Editorial)

Kandia Camara a encore fait un lapsus à Yamoussoukro

L’histoire de la décennie 2010-2020 s’écrit incontestablement avec les dirigeants actuels. Il appartient donc à ceux qui nous dirigent de montrer la voie, le chemin, l’exemple à suivre. Consciemment ou inconsciemment, ils sont nos modèles. De façon générale, ce qu’ils font nous inspire. Mais doit-on toujours retenir les faits et gestes de nos dirigeants?

En Côte d’Ivoire, notre télévision nationale a souvent montré pendant la décennie 2000-2010, des chefs de guerre prospères. Des gens qui s’étaient rendus coupables de vols, de viols, de casses de banque, de trafic de tout genre et qui ont fini par engranger un peu d’argent. Ils étaient souvent les invités de nos émissions télévision. Cette décennie a fini par consacrer notre pays, parmi les plus en vogue en matière de cybercriminalité. Les braquages étaient monnaie courante. On avait fini par admettre qu’on pouvait s’enrichir facilement, peu importe la voie d’accès à la fortune.

Pendant cette même décennie, des jeunes Ivoiriens, au nom de la fibre patriotique, se regroupaient en des lieux publics, développaient des termes en rapport avec le patriotisme et étaient rémunérés par ceux qui nous dirigeaient à cette époque. C’était la facilité, tout simplement. Malheureusement, c’est ce que cette décennie a enseigné aux Ivoiriens. Quid de la décennie 2010-2020 ?

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L’un des faits saisissants de cette décennie, c’est la promotion du mauvais langage. Dans les livres au programme aussi bien au primaire comme au secondaire, ce sont des fautes grossières que l’on raconte. Sur les réseaux sociaux, certaines personnes vont jusqu’à attribuer des expressions inexistantes dans les dictionnaires français, à certains hauts dirigeants du pays. Un ministre aurait dit, selon ses adeptes des réseaux sociaux: « la ruposte », quand on prête à un autre, ce bout de phrase: » La fin de l’année est terminée « .

Certes, tout le monde peut se tromper une fois au passage en parlant, mais pour certaines hautes personnalités, selon les internautes, cela est monnaie courante. Quel exemple nos enfants doivent-ils suivre ?

Un autre fait et non des moindres, certainement débuté timidement pendant la décennie 2000-2010, l’obtention de diplômes par des voies détournées. C’est bien dommage mais ils sont nombreux, ces personnes qui arrêtent l’école en classe de cinquième et qui, des années après, se retrouvent avec le BEPC voire le BAC. Comment cela a-t-il pu être possible? Plusieurs réseaux existent pour distribuer de vrais faux diplômes à des gens qui n’auraient jamais pu obtenir ces parchemins.


Le comble, ces diplômes sont utilisés pour des concours de CAFOP, INFAS ou autres. Aujourd’hui, autour de vous, des enseignants s’expriment dans un français approximatif. Certains sont incapables de faire une phrase (sujet, verbe, complément) correcte. Ils sont nombreux aujourd’hui.

Toujours sur les antennes de notre télévision nationale, certains hauts fonctionnaires débattent dans un langage de poubelle. C’est le directeur qui a parlé ou encore c’est le ministre qui a dit ça, donc c’est vrai. Et ce n’est pas tout. N’eut été la vigilance des internautes, nos enfants auraient avalé tous ces déchets contenus dans les livres au programme. Quel crime !

« Nous reconnaissons notre entière responsabilité. Nous avons déjà mis en place un plan d’action qui consiste en une correction totale de toute la collection du CP1 au CM2 », a déclaré Dominique Le Bouche directeur général de la société éditrice des manuels scolaires, agréés.
Aujourd’hui, l’on assiste à la montée en puissance du français de rue appelé communément » Nouchi ». Nos enfants doivent certainement exceller dans ce langage, les conditions étant réunies pour qu’ils ne parlent jamais du bon français. Pitoyable !

Jules Claver Aka

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