Côte d’Ivoire présidentielle 2020 : « Sans alternative crédible, il faudra faire le choix de la continuité »

A l’instar de nombreux pays d’Afrique francophone, la Côte d’Ivoire entame la décennie sur le plan politique par le renouvellement de ses instances de gouvernance à travers les élections. Les événements inattendus au sein de certains partis (mort brutale du candidat du RHDP, parti au pouvoir à 3 mois de l’élection, maintien de Laurent Gbagbo hors du pays, retrait de candidats déclarés de la liste électorale pour raison de condamnations etc.) au cours de cette année ont renforcé le caractère engageant des élections présidentielles de 2020.

C’est donc peu de dire que l’année 2020 apparait décisive dans la marche socio-politique de la Côte d’Ivoire. En effet, les présidentielles à venir sont censés participer, à la suite de celles de 2015, à l’enracinement d’un état de sortie de crise du pays. Au regard des forces en présence (opposition et coalition au pouvoir) et des candidatures déclarées (Guilluame Soro, Henri Konan Bédié, Mabri Toikeusse, Danielle B. Claverie, Pascal Affi N’Guessan, Alassane Ouattara) l’on se demande si l’opposition offre une alternative susceptible de porter l’alternance voulue par certains.

A lire aussi : « Alassane Ouattara n’a pas su guider la Côte d’Ivoire vers la sortie définitive de l’autoritarisme » (Le Monde)

Le principe de l’alternance c’est, avant tout, l’existence d’une alternative politique crédible en termes de projet de société ou d’offre politique innovante aussi bien par la pertinence des propositions que par la qualité des porteurs desdites propositions. En écoutant les potentiels candidats, aucun ne s’est encore évertuer à égrainer des propositions. Pour les uns, l’engagement dans la compétition se fonde sur le non-respect d’une promesse de transmission du pouvoir pas un effet de tontine politique comme le dirait l’autre, pour les autres, il faut jouer le match retour de la présidentielle de 2010.

Nanourougo Coulibaly présidentielle 2020
Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié et Guillaume Soro

Lorsque certains se hasardent à esquisser un programme, ils tournent autour de la réconciliation sans jamais décliner les modalités de mise en œuvre de cette dernière. En un mot, il n’y a aucune offre politique. Et, il ne peut en être autrement tant que le personnel politique n’aura pas changé. La dynamique de désignation de feu Amadou Gon Coulibaly était un bon début. Mais le sort en a voulu autrement. Le courage de Ouattara est à saluer dans le contexte ivoirien. Le monde entier aura reconnu son mérite.

A lire aussi : Côte d’Ivoire : « Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme » (Philippe Pango)

Le remake de l’élection 2010 La tendance actuelle, qui ne pourra que ce confirmer au regard du timing de l’élection à venir, permet de dire qu’il n’y a aucune alternative crédible capable de porter l’alternance en Côte d’ivoire. En effet, l’élection à venir à toutes les chances d’être un remake de 2010 car les mêmes acteurs sont toujours présents. Si la candidature d’Henri Konan Bédié est déjà actée par les instances du PDCI-RDA et acceptée, sinon suscitée par l’intéressé, celle de Ouattara, fortement demandée par les instances du RHDP, vient d’être officialisée par ce dernier.

Le manque de renouvellement de la classe politique ivoirienne

Pendant ce temps, Laurent Gbagbo est présenté comme candidat par la faction du FPI qui lui est fidèle. Les trois dinosaures du champ politique ivoirien, ou, au moins, deux d’entre eux seront encore en lice. Si cela dénote un manque de renouvellement de la classe politique ivoirienne, cet état des faits traduit la forte personnalisation du jeu politique ou encore la faiblesse des institutions notamment les partis politiques face à une quasi déification de certains leaders. Il ne manque de traduire aussi l’incapacité de la nouvelle génération à s’assumer et à faire bouger les lignes.

Nanourougo Coulibaly présidentielle 2020
Laurent Gbagbo

Certes, cela comporte un certain péril tel que se voir éjecter d’une machine à la construction de la laquelle on aura contribué. Mais ne dit-on pas qu’à vaincre sans péril on triomphe sans gloire ? Même si comparaison n’est pas raison Macky Sall n’a-t-il pas raflé la mise face à son mentor Abdoulaye Wade au Sénégal ? Le choix de la continuité : la seule option crédible Bref, au regard des réalisations de la gouvernance du RHDP, il faudra faire le choix de la continuité plutôt que d’opter pour l’incertitude ou pour des forces politiques incapables de se réinventer.

Téléchargez gratuitement l’Application Afriksoir sur Playstore et ne ratez rien de l’actualité ivoirienne et africaine https://bit.ly/2W5gRFO

Sur cette question, le RHDP a montré sa volonté à accepter de changer le personnel politique. Malgré les incertitudes et les défections que cela à engendrer à un moment donné, cette formation politique à montrer sa capacité à aller de l’avant. Elle a le mérite d’avoir essayé même si le sort en a décidé autrement. Dans un contexte de stagnation politique, elle a pris un avantage sérieux car tôt ou tard, chaque parti devra vivre sans son leader historique. Autant commencer à s’y faire que d’adopter une posture de l’arbre qui cache la forêt.

Pour le CAP Cercle d’Action et de Promotion des Valeurs de la République

Dr. Nanourougo Coulibaly

Nanourougo Coulibaly présidentielle 2020. Nanourougo Coulibaly présidentielle 2020. Nanourougo Coulibaly présidentielle 2020

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Afrik Soir

Précédent

Simone Gbagbo à Ouattara : « Le respect des engagements pris, doit plus que jamais, être observé en politique »

Suivant

Côte d’Ivoire : « Nous tendons vers une réédition des événements de 2010, peut-être même pire » (Blé Goudé)

Commentaires

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *