Côte d’Ivoire : « Le service de remorquage doit être un service d’assistance et non de répression »

Remorqueur de véhicule

Le secrétaire général de l’Observatoire de la fluidité des transports (OFT), Abdoulaye Touré du service de remorquage, annonce, dans cette interview, que des réformes seront mises en œuvre dès le 1er trimestre de l’année 2020, en vue d’améliorer les opérations d’assistance et d’enlèvement des véhicules immobilisés ou en panne aux abords des voies publiques en Côte d’Ivoire.

Quel rôle que joue l’Observatoire de la Fluidité des Transports dans la gestion de l’enlèvement des véhicules aux abords des voies publiques à Abidjan ?

Le décret portant création de l’Observatoire de la fluidité des transports est le décret 2001-669 du 24 octobre 2001 relatif à la fluidité et à la continuité des transports. Ce décret donne mandat à l’OFT de faire en sorte que le système national de transport ne connaisse pas de congestion. Ce qui convient pour le secteur routier de faire en sorte qu’il n’y ait pas d’obstacle ;  c’est-à-dire de barrages illégaux ou autres choses qui entravent la fluidité, hormis les postes de contrôle administratifs. Nous avons été amenés, dans ce cadre-là, il y a quelques années, à faire un appel d’offres, après avoir morcelé le territoire national en zones. Et certains sont revenus infructueux.

Au niveau d’Abidjan, il y a eu des adjudicateurs de certains lots. Lorsque nous étions dans la phase de négociation avec les opérateurs-adjudicataires de services publics pour l’enlèvement de véhicules accidentés ou en panne sur la voie publique, un opérateur nous a assigné en justice (à la Cour suprême) se basant sur un arrêté que le ministère des Transports avait signé et lui donnant compétence sur l’ensemble du territoire du district d’Abidjan. Le ministère n’a pas été suivi et nous a donc demandé de reprendre l’appel d’offres ainsi que le processus. Nous étions donc dans cette phase de reprise de processus lorsqu’on nous a mis en contact avec le  comité de concertation Etat-secteur privé qui s’est saisi de ces questions avec le ministère des Transports.

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Mais les entreprises qui exercent actuellement sur le terrain disent le faire sous la tutelle du district d’Abidjan. Cela nous amène à vous demander qui fait quoi dans cette opération d’enlèvement afin de mettre fin à la pagaille dans le milieu.

On nous a rapprochés du district d’Abidjan et un comité regroupant le ministère des Transports, le district autonome d’Abidjan et bien d’autres structures concernées par la question, notamment le Haut conseil du patronat des entreprises de transports routiers en Côte d’Ivoire. Bien avant cela, nous étions bien engagés avec le Haut conseil et certains opérateurs. Nous avions recensé tous les opérateurs de remorquage du district d’Abidjan. Nous avons rédigé ensemble avec eux-mêmes la nouvelle vision sur les instructions du ministre Amadou Koné pour faire en sorte que le désordre quitte le secteur de remorquage pour en faire un secteur purement professionnalisé et qui porte assistance à l’usager plutôt que de faire de la « répression ». Aujourd’hui, nous sommes en train de mettre en place un nouveau cadre réglementaire, opérationnel qui va permettre aux opérateurs d’être vraiment des professionnels mais surtout aux usagers de pouvoir bénéficier d’assistance en cas de besoin. Il y a des questions d’assistance. Il y a souvent des pannes d’immobilisation sur la voie publique qui peuvent être résolues dans maximum 30 minutes. Dans ce cas, est-ce qu’il n’est pas mieux d’utiliser les accotements pour régler ce problème-là plutôt que de prendre un véhicule souvent en début de soirée pour des personnes assez vulnérables qui se retrouvent sans moyens de locomotion ? Ce sont des choses que nous voulons changer. Nous avons réussi à changer au niveau du nouveau cahier des charges qui sera mis en œuvre très bientôt. Je voudrais donc rassurer les uns et les autres pour dire que les dispositions sont en cours. Nous sommes très bien avancés. Ensemble avec le district, le comité Etat-secteur privé, le ministère des Transports  pour aboutir à une réforme du secteur qui fera en sorte que les usagers seront non seulement en sécurité mais vont bénéficier d’une assistance avant le besoin de remorquage. Nous sommes allés plus loin. Nous voulons faire en sorte qu’en cas de nécessité de remorquage, que ce soit plutôt l’usager qui indique l’endroit où il veut que son véhicule soit déposé. Voici ce qui est en cours. Nous invitons les uns et les autres à la patience. Parce qu’il ne s’agit pas pour nous de balayer la maison et mettre les ordures sous le canapé et estimer que la maison est propre. Nous voulons faire un travail qui soit non seulement consensuel mais qui vienne régler des problèmes de façon durable.

En attendant la mise en œuvre de la réforme, que faites-vous actuellement ?

Ce que nous avons fait pour l’heure, nous avons identifié toutes les compagnies de remorquage. Nous avons vu leurs capacités techniques. Tant que ces niveaux de capacité technique et du personnel étaient satisfaisants, nous avons donné un ok pour leur permettre d’être en activité. Mais le nouveau cadre qui arrive va certainement exiger la mise en place d’un agrément qui sera à la fois certainement visé par le district et le ministère des transports pour que le travail puisse se faire au niveau d’Abidjan. Il faut dire que le cas du district est particulier parce que le décret nous donne compétence sur l’ensemble du territoire national. Mais comme il y a un district autonome au niveau d’Abidjan, nous sommes amenés à collaborer dans le cadre d’Abidjan. Donc en dehors des districts autonomes, c’est bien l’OFT qui a compétence pour faire le remorquage.

Est-ce que les usagers qui font l’objet d’un abus ou qui ont besoin d’assistance ont-ils une voie de recours ?

Nous avons mis en place, un numéro vert pour assister les usagers. C’est un numéro qui fonctionne déjà depuis 2 ans, sur instruction du ministre des Transports, qui a souhaité que les usagers en Côte d’Ivoire puissent avoir une voie de recours. Pour des questions de moyens, nous n’avons pas pu faire une publicité là-dessus. Aujourd’hui, nous assistons, depuis les frontières, les usagers sur toutes les voies. Que ce soit pour répondre à des questions administratives ou une assistance d’orientation ou même technique, nos services sont ouverts à travers le 86090.

service de remorquage
De retour de Bouaké, un cargo transportant des militaires a fait un accident de la circulation le dimanche 22 décembre 2019 à Tounzuebo.

A quand la mise en route de ces réformes ?

Au plus tard début d’année 2020, le nouveau cadre opérationnel sera en œuvre sur le district d’Abidjan pour que les usagers sentent une amélioration du service de remorquage.

Quel est l’esprit qui sous-tend véritablement cette réforme ?

L’esprit est de faire en sorte que le service de remorquage soit un service d’assistance et non un service de répression. Il s’agit de porter d’abord assistance et s’il n’y a pas de solutions, alors en accord avec l’usager, on remorque le véhicule pour une destination que ce dernier aura indiquée. Nous sommes allés plus loin en proposant de vérifier si l’usager est capable de rentrer en toute sécurité à la maison. Il faut donc être capable de passer au moins un appel si cela n’a pas été déjà fait. Au moment où la société de remorquage arrive, elle doit se rassurer que l’usager est entré en contact avec l’un de ses proches. Cela est capital. Parce qu’on ne peut pas enlever un véhicule sur la voie publique sans savoir ce qui s’est passé après pour l’usager. Il faut se rassurer que quelqu’un est en train de venir chercher l’usager ou est-ce qu’il a les moyens de se trouver un taxi… Il faut vraiment qu’il y ait une assistance. Voilà un peu l’esprit qui est derrière la réforme initiée par le ministère des Transports en collaboration avec le district d’Abidjan.

Qui sera l’entité ressource à laquelle devraient s’adresser les usagers ou les entreprises pour régulariser leur situation ou remplir les conditionnalités pour exercer dans le secteur ?

Le comité qui est mis en place, à cet effet, nous le dira. Ce n’est pas des questions totalement tranchées. Attendons la fin de ses travaux. Nous ne pouvons pas anticiper mais il faut déjà noter la très bonne collaboration et la bonne vision entre le ministère des Transports et le district sur la question. L’essentiel sera d’apporter assistance à nos usagers.

Interview réalisée par FRANÇOIS BECANTHY

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