Côte d’Ivoire : Le RHDP ou la logique de parti unique !

Alassane Ouattara au comité politique du RHDP

Qui mieux que le PDCI-RDA et le FPI peuvent parler de la préservation des acquis démocratiques en Côte d’Ivoire ? Lors de leur rencontre du 7 mai dernier à Bruxelles, en Belgique, la délégation du PDCI, conduite par le Secrétaire exécutif en chef du parti, le Pr Maurice Kakou Guikahué, et celle du FPI avec à sa tête le fondateur dudit parti et ancien chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, se sont engagées à œuvrer à la sauvegarde des acquis démocratiques en Côte d’Ivoire.

Dans le communiqué final qui a sanctionné cette rencontre, l’on peut lire : « Après analyse de la situation sociopolitique de la Côte d’Ivoire, les deux parties ont constaté qu’il était fondamental d’œuvrer ensemble pour le retour  d’une paix définitive et durable en Côte d’Ivoire. Elles ont également affirmé leur détermination pour  la préservation des acquis démocratiques en Côte d’Ivoire en vue de sauvegarder  l’autonomie des partis politiques et la non-ingérence du pouvoir  exécutif dans le fonctionnement de ceux-ci ». 

Dire que ces deux formations politiques sont les mieux habilitées à défendre les acquis démocratiques en Côte d’Ivoire est loin d’être une affirmation gratuite. De l’indépendance de la Côte d’Ivoire en 1960 jusqu’à la proclamation du multipartisme le 30 avril 1990, c’est le PDCI-RDA qui était au pouvoir. Puis à la faveur du vent de l’Est en Europe, les forces sociales dans plusieurs Etats africains se sont soulevées pour réclamer l’instauration du multipartisme.

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En Côte d’Ivoire, cela a conduit le PDCI-RDA, alors au pouvoir, à actionner l’article 7 de la Constitution qui prévoyait la création des partis de l’opposition. Ainsi, ont été créées plusieurs formations politiques dont les plus importantes étaient le Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo, le Parti ivoirien des travailleurs (PIT) de Francis Wodié, le Parti socialiste ivoirien (PSI) de Bamba Moriféré et l’Union des sociaux démocrates (USD) de feu Bernard Zadi Zaourou. Ces quatre formations de la Gauche avaient formé ce qu’on avait appelé «la Coordination des 4» qui s’est disloquée par la suite du fait de dissensions internes.

Multipartisme : une exigence des temps nouveaux

De tous les partis de l’opposition, le FPI faisait figure de leader jusqu’à son accession au pouvoir en 2000. C’est pourquoi il était toujours au devant de la lutte pour la démocratie. Cette lutte a engendré plusieurs acquis dont : la liberté d’action, d’opinion, d’information ; la création de la Commission électorale indépendante (Cei) ; l’instauration de l’urne transparente et du bulletin unique. Tout cela a été concédé par le régime PDCIqui, plutôt que de s’enfermer dans un égocentrisme aveuglant, a fait preuve de sagesse en s’ouvrant aux exigences des temps nouveaux : le multipartisme.

En 2020, cela fera 30 ans que ce multipartisme fait son petit bonhomme de chemin. Avec ses hauts et ses bas. Ses forces et ses faiblesses ; ses succès et ses échecs. Mais 30 ans que cette marche en avant se fait et chacun semble y trouver son compte. D’où vient donc que, subitement, certains acteurs politiques ivoiriens s’acharnent aujourd’hui à réinstaurer le parti unique en Côte d’Ivoire à travers le RHDP ? Car à observer de près cette formation, l’on s’aperçoit qu’elle s’inscrit dans une logique de parti unique sous-prétexte de vouloir rassembler les enfants de Félix Houphouët-Boigny.

Cette volonté de rassemblement est en soi noble et n’aurait posé aucun problème si le RHDP s’était limité aux seuls partis originellement de droite, c’est-à-dire ceux dont les militants sont restés Pdci après la proclamation du multipartisme en 1990 et qui se sont désolidarisés bien plus tard pour des convenances personnelles.

Mais lorsque le RHDP a en son sein des transfuges des partis de Gauche comme le FPI avec Concorde du diplomate Alcide Djédjé, le Pit tendance Joseph Séka Séka, est-il juste de dire qu’il ne s’agit que des seuls enfants d’Houphouët-Boigny ? Et si l’on concède le fait que tous les Ivoiriens sont des enfants d’Houphouët-Boigny, en sa qualité de père fondateur de la Côte d’Ivoire moderne, alors la volonté de ramener tout le monde dans un seul parti n’est-il pas contraire au principe multipartite consacré depuis le 30 avril 1990 ?

« Dans un Etat de droit, peu importe celui qui est au pouvoir… »

A la vérité, l’agenda secret des tenants du Rhdp est de contraindre les Ivoiriens à revenir au parti unique qui, avant le 30 avril 1990, s’appelait PDCI-RDA. Mais qui, après le 16 juillet 2018, s’appellerait RHDP. C’est la raison pour laquelle ceux qui adhèrent à ce parti, pour des raisons qui leur sont propres, ont du mal à en exalter les vertus démocratiques qui sont de plus en plus des exigences des instances internationales dont les bailleurs de fonds et autres partenaires au développement. La seule vertu que les promoteurs du RHDP vantent lors de leurs meetings, c’est qu’avec ce parti, la Côte d’Ivoire connaîtra la paix et la stabilité.

Le non-dit d’une telle déclaration n’est-il pas que celui qui n’est pas du RHDP et qui accède au pouvoir en Côte d’Ivoire n’aura pas la paix et la stabilité ? Dans ce cas, qui donc sera à l’origine de ce manque de paix et de stabilité si tant est que celui qui est au pouvoir ne peut pas déstabiliser son propre régime ?

D’ailleurs ceux qui pensent que sans eux, il n’y aura pas de stabilité dans le pays peuvent avoir leur réplique avec l’ancien président américain Barack Obama qui, dans un discours prononcé le 28 juillet 2015 au siège de l’Union africaine, faisait remarquer : «Dans un pays organisé, qui se veut un Etat de droit où les institutions fonctionnent librement et souverainement, ce ne sont pas les hommes qui comptent mais des Institutions fortes et crédibles respectées de tous. Dès lors, peu importe celui qui est au pouvoir. Il suffit de laisser les Institutions fonctionner librement pour que la paix sociale, la stabilité, la justice et la sécurité soient garanties pour tous ; y compris pour les populations les plus vulnérables ».

En faisant de la préservation des acquis démocratiques une préoccupation, le PDCI et le FPI sont dans leur rôle en tant que pionniers du retour au multipartisme en Côte d’Ivoire. L’un (PDCI) était au pouvoir et l’autre (FPI), principale force de l’opposition. Que de sacrifices consentis ! Qui ne se souvient, en effet, de cette fameuse date du 19 février 1992 appelée « mardi noir » tant il y a eu de dégâts lors d’une marche de l’opposition ?

C’est pourquoi, l’ancien président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, n’a de cesse de dénoncer  cette nouvelle tendance qui consiste à contraindre les citoyens à adhérer à un parti politique. Et cela, près de 30 ans après la proclamation du  multipartisme c’est-à-dire la proclamation de la liberté qu’a désormais chacun de militer au sein du parti de son choix.

Dommage que personne ne parvienne à faire entendre raison aux tenants du Rhdp qui semblent  s’en prendre sans ménagement à tous ceux qui leur résistent. Peut-être faut-il s’en remettre à l’adage selon lequel « nul n’est trop fort pour être toujours le plus fort ».

« Les conclusions de ce rapport révèlent, entre autres, que la performance boostée pour les investissements est relativement moins bonne dans les zones cacaoyères »

Les conclusions du Rapport  de la Bad remises au ministre Anoblé / Félix Anoblé, S.E  des Pme : « Ce pays ne peut pas prendre son envol si nous  fermons les yeux sur les problèmes des Pme »

Le secrétaire d’Etat en charge de la Promotion des Pme, Félix Anoblé, a reçu, hier  dans ses locaux au Postel 2001, de façon symbolique, les conclusions du Rapport de la Banque africaine de développement, de l’étude sur le secteur privé et le financement des Pme. La délégation de cette institution était conduite par Serge Marie Z. N’guessan, directeur général adjoint du Bureau régional de développement et de prestation de services pour l’Afrique de l’Ouest.

Ce Rapport de la BAD a été initié à la demande du  Secrétariat  d’Etat aux PME. Les conclusions de ce rapport révèlent, entre autres, que la performance boostée pour les investissements est relativement moins bonne dans les zones cacaoyères.   Ensuite  qu’au-delà des questions d’accès  et du coût de financement, le climat des Affaires et le coût  de l’électricité sont des problématiques à toutes les tailles d’entreprises. Le rapport indique  également que  les besoins au financement des Pme ne représentent que 47% des ressources bancaires en 2016.

« Le Président de la Bad a  souvent dit que le fait que  notre institution  se trouve en Côte d’Ivoire est un privilège mais c’est aussi le témoignage du travail fait par la Côte d’Ivoire pour servir d’exemple »

Le secrétaire d’Etat, Félix Anoblé, après avoir dit ses remerciements à la Bad, a indiqué que  «  la Cote d’Ivoire qui se veut être moteur de l’économie en Afrique, a besoin de voir son secteur privé prendre un autre envol. » Pour Félix Anoblé, il faut  permettre aux Pme de  jouer pleinement leur rôle. «  Ce pays ne peut pas prendre son envol si nous  fermons les yeux sur les problèmes des Pme. Ce  sont elles  qui tiennent quand ça ne va pas » a-t-il  souligné.

Le Dga de la Bad a, pour sa part,  relevé  l’excellence  des relations entre la Côte d’Ivoire et son institution. Ce qui, dira t-il, permet à la Bad d’être sur plusieurs projets en Côte d’Ivoire.  « Nous sommes  très heureux d’être avec vous. Parce que le Président de la Bad a  souvent dit que le fait que  notre institution  se trouve en Côte d’Ivoire est un privilège mais c’est aussi le témoignage du travail fait par la Côte d’Ivoire pour servir d’exemple » a souligné le Dga de la Bad.

Celui-ci a, par  ailleurs,  indiqué  que «  la Côte d’Ivoire a vu juste en créant un ministère pour la Promotion des Pme ».  Le Dga  de la Bad a aussi souligné l’intérêt de cette étude et réaffirmé l’engagement de son institution à accompagner la Côte d’Ivoire qui bénéficie déjà de celle -ci d’un appui de 275 milliards de francs dans le secteur privé.

D.B

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