Côte d’Ivoire : « Le culte de la personnalité au FPI a débuté en 1996 »

Gbagbo et Simone

Simone Gbagbo, la deuxième vice-présidente du Front populaire ivoirien (FPI de Laurent Gbagbo), a déclaré le samedi 30 novembre 2019, que l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo « n’est pas la vision du FPI ». Une déclaration qui dérange dans le milieu des Gbagbo ou rien (Gor).

Pour qui suit l’histoire du FPI depuis 1990, il n’est pas difficile de se rendre compte que ce parti traîne de diverses faiblesses dont une certaine anarchie depuis le congrès de 1996 qui a consacré la fin du débat idéologique au profit du culte de la personnalité en faveur de Laurent Gbagbo.

En effet, ce « culte de la personnalité a débuté depuis le congrès de 1996 au FPI. cela fait maintenant 23 ans ! », souligne l’analyste politique Sylvain N’Guessan, estimant qu’on « ne change pas une mentalité forgée pendant une génération en 24 heures ». Un fait que l’épouse de l’ancien président ivoirien a certainement occulté lors de son adresse aux femmes de l’Organisation des Femmes du Font populaire ivoirien (OFFPI) le samedi 30 novembre 2019, à Azito.

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Selon Sylvain N’Guessan, « il y aura plusieurs obstacles sur le chemin de ceux qui voudront définir les contours du changement au FPI ». Car bien avant Simone Gbagbo, ex-détenue du pouvoir RHDP du président Alassane Ouattara, beaucoup, notamment Ahoua Don Mello et récemment Pascal Affi N’Guessan, le président de l’autre tendance du FPI, l’ont déjà essayé.

« la libération de Gbagbo demeure l’une des priorités du FPI mais cela ne saurait constituer sa « vision »

Mais ceux-ci se sont obstrués à l’obstacle « Gbagbo », qui incarne qu’on le veuille ou pas l’âme de ce parti d’opposition. Si aujourd’hui la lutte, âpre et sans quartier, oppose les parricides aux fratricides pour contrôler le parti, hier elle a mis aux prises, dans un débat passionné au cours duquel le tribalisme a été exacerbé, ceux appelés « Akancrates » pour les discréditer – Ahoua Don Mello, Jaques Kacou, Franck Komenan et autres Guéï Valère – et les « Gbagbocrates », c’est-à-dire les « Gbagbo ou rien ».

Le FPI de Laurent Gbagbo

Pour l’analyste politique, le FPI devra impérativement revenir dans le jeu politique même s’il était impossible pour le président Gbagbo d’être son candidat à la présidentielle de 2020. « Dans un tel contexte, la libération de Gbagbo demeure l’une des priorités du FPI mais cela ne saurait constituer sa « vision » », estime-t-il, épousant de ce fait l’argument véhiculé par Simone Gbagbo. Mieux, « c’est une douche froide pour ceux qui avaient conditionné toute reprise de la compétition politique à la libération du président Gbagbo », ironise le patron de l’Institut de Stratégies.

A l’en croire, les langues se délient au sein du FPI depuis quelques temps. « Certains cadres estiment qu’il est temps de revenir dans l’arène politique. Déjà presque 10 ans sans activité politique majeure. Le FPI devra réévaluer sa force, sa capacité à mobiliser, à susciter des électeurs. Sans oublier que pour cette génération, si la clause de la limite d’âge revenait, ils seront plusieurs à prendre leur retraite politique entre 2020 et 2025 », croit-il savoir.

Moise Yao K.

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