Côte d’Ivoire : La société civile dénonce une « autosatisfaction » après les déclarations de Ouattara

Alassane Ouattara sur la RTI 1 le 6 août 2019

La Côte d’Ivoire célèbre ce mercredi 7 août 2019 les 59 ans de son indépendance. A la veille de cette date, le chef de l’Etat ivoirien s’est adressé dans un débat télévisé sur la RTI aux Ivoiriens. Pulchérie Edith Gbalet et Geoffroy Kouaho, acteurs de la société civile ivoirienne dénoncent les propos d’Alassane Ouattara qu’ils qualifient respectivement de décevants et d’autosatisfaisants.

Pour Pulchérie Edith Gbalet, présidente de l’Alternative citoyenne ivoirienne (ACI), « les propos du Chef de l’État sont plus que décevants car il continue à s’accrocher à des chiffres qui n’ont rien à voir avec le quotidien des ivoiriens, qui souffrent chaque jour davantage. Par Ailleurs, pour une économie qui continue de reposer sur l’agriculteur, la détresse des producteurs est anormale. Il est temps que les ivoiriens arrêtent de compter sur des discours démagogues pour prendre leurs responsabilités afin de se donner des dirigeants qui se soucient réellement de l’amélioration des conditions de vie des populations. Mais pour cela, il faut que les bases démocratiques soient acquises, ce qui n’est malheureusement pas le cas ».

« En effet, tous ceux qui ne sont pas d’accord avec cette dictature, doivent fédérer leurs capacités pour exiger un minimum de démocratie : faire des conférences de presse, introduire des requêtes auprès des juridictions nationales et internationales sur les violations récurrentes de la constitution, alerter la communauté internationale sur l’absence de démocratie et les atteintes aux libertés, organiser des manifestations malgré le nouveau code pénal liberticide, maintenir la pression jusqu’à obtenir gain de cause », a-t-elle fait observer.

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S’agissant de la réforme de la CEI que lui impose la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples que rejette le chef de république Gbalet affirme, « sur cette question, le Chef de l’État a fait étalage de toute sa mauvaise foi et c’est à nous de réagir ! L’arrêt est sur internet et il s’agit bien d’une réforme et non d’une recomposition. On peut donc être de mauvaise foi sans faire injure à notre intelligence ! Le processus de la réforme a été biaisé de bout en bout. Il a été non inclusif. Dans sa logique habituelle de passage en force, la loi a été votée malgré la désapprobation de l’opposition et de la société civile significatives. Nous Sommes à quatorze mois d’octobre 2020 et nous n’avons pas avancé sur la question de la CEI qui pourtant nous a envoyé la guerre en 2010. Il est temps que les ivoiriens arrêtent de se laisser piétiner pour exiger la démocratie afin que nous sortions de ce folklore qui ne nous honore pas ».

Quant aux élections de 2020 elle répond sans restriction, « rien n’est rassurant pour les élections de 2020. La même CEI ‘’confligène’’ est toujours là, les conditions démocratiques n’existent plus ; l’environnement électoral est non assainit (la CEI, le code électoral, le conseil constitutionnel, le découpage électoral, le listing électoral, la carte nationale d’identité (CNI) périmée, la CNI désormais confondue à la carte d’électeur, etc.). En outre, le dialogue politique est inexistant. Quant au dialogue social, il est en panne. Pour ne citer que ceux-là, c’est pour cela que le Forum des organisations de la société civile ivoirienne (FORSCI) et ACI ont demandé la mise en place d’un cadre d’échange inclusif, pour donner une chance aux ivoiriens de se parler, de se concerter pour faire avancer la Côte d’Ivoire autour de solutions consensuelles, au lieu de continuer à subir le diktat du pouvoir au mépris de toutes les règles démocratiques ».

A en croire le juriste analyste politique Geoffroy Kouaho, « le président de la république est dans l’autosatisfaction. Selon lui tout va bien au triple plan social, économique et sécuritaire. Ce qui contraste avec le quotidien des ivoiriens. Le président de la république a annoncé une révision prochaine de la constitution trois années après son adoption en 2016. Espérons que cette révision renforcera la démocratie et non le contraire ».

Karina Fofana

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