Côte d’Ivoire : « La justice Ivoirienne marche-t-elle sur la tête ? » (Ange Olivier Grah)

S’il y a une question qui mérite d’être posée en Côte d’Ivoire, c’est celle de savoir s’il existe encore une Justice dans ce pays. Comment ne pas être en proie au doute, lorsqu’à la lecture du Code pénal notamment en son article 251, on se rend que des innocents sont détenus différentes prisons où ils ont été contaminés ou sont soumis au risque d’être contaminés par la Covid-19 suite aux décisions de magistrats, qui au regard des dispositions de cet article auraient dû être à leur place.

En effet l’article 251 dispose qu’« est puni d’un emprisonnement de trois mois à un an, tout magistrat ou officier de Police Judiciaire qui provoque, donne ou signe un jugement, une ordonnance ou un mandat tendant à la poursuite, à l’accusation ou à l’arrestation d’une personne sans avoir obtenu les autorisations éventuellement nécessaires de par la loi ». Un mandat d’arrêt a été lancé contre le Président Soro Kigbafori Guillaume sans que les autorisations qui étaient requises pour engager des procédures contre lui à cause des différentes protections dont il bénéficie du fait de ses fonctions passées et présentes n’avaient jamais été sollicitées à plus forte raison obtenues. Il a même été condamné à 20 ans de prisons malgré cette forfaiture.

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Six députés proches de lui ont été arrêtés en violation de leur immunité, sans que l’autorisation de l’Assemblée nationale n’ait également été sollicitée comme l’exige la Constitution. On en déduit que tous les officiers de police judiciaire, tous les magistrats qui ont participé à ces différentes procédures tombent de façon indubitable sous coup des dispositions de l’article 251. Ainsi Madame Camara Nanaba Chantal et le Procureur Adou Richard pour ne citer que les plus célèbres, auraient dû si nous étions dans un Etat de droit se retrouver derrière les barreaux en lieu et place de leurs victimes dont un, notamment le Ministre Alain Lobognon est, au contraire, obligé de faire la grève de la faim pour que soit respecté les droits de ces prisonniers politiques.

Conférence presse pro-Soro interdite
Conférence presse pro-Soro interdite

Madame Camara Nanaba Chantal et le Procureur Adou Richard pour ne citer que les plus célèbres, auraient dû si nous étions dans un Etat de droit se retrouver derrière les barreaux en lieu et place de leurs victimes dont un, notamment le Ministre Alain Lobognon

Devant un tel renversement des valeurs et du droit on n’est obligé de constater que la Justice ivoirienne marche sur la tête. Avec une Présidente de la Cour de Cassation et un Procureur de la République délinquant multirécidivistes, qui n’échappent aux poursuites judiciaires que par la servilité dont ils font preuve vis-à-vis du régime en place. La première à qui j’ai donné « affectueusement » le surnom d’empoisonneuse d’Abidjan, pour son implication dans la tentative judiciaire de remettre sur le marché une cargaison de riz avariés qui avaient saisies à la suite d’une dénonciation et le second, expert en manipulation frauduleuse de preuves, font parties de ces magistrats qui discréditent l’institution judiciaire en brisant les limites de l’injustice qui lui est reprochée En Côte d’Ivoire ce sont les délinquants qui jugent et condamnent les innocents, quels que soient les protections légales dont ils bénéficient.

Justice ivoirienne marche sur la tête

On n’est pas dans un Etat mais dans la Jungle. C’est le règne de la loi du plus fort. Il ressort de tout ceci un sentiment de folie collective, accentué par des députés qui poussent la forfaiture et la traîtrise partisanes jusqu’à essayer de couvrir par un vote tardif l’incarcération illégale de leurs pairs. Ces parlementaires au nom d’une solidarité partisane stupide, participent allègrement à la fragilisation de leur protection contre les chantages politiques et les arrestations arbitraires démontrant si besoin en est combien les choses volent vraiment bas ces derniers temps sous nos cieux.

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Voilà pourquoi on ne s’étonnera pas de l’histoire révoltante du plus que digne régisseur de la Maca. Cette personne qui a une très haute idée des fonctions qu’il occupe a refusé de remettre les députés dont nous avons fait état plus haut et certains militants de leurs différentes formations politiques à des personnes encagoulées qui s’étaient présentées sans titre et prétendaient obtenir de lui qu’il se dessaisissent de ces personnes, qu’il avait sous sa responsabilité, entre leurs mains. Le Garde des Sceaux Sansan Kambilé pour le « récompenser » de son sens élevé du devoir l’a non seulement révoqué de ses fonctions de Régisseur de la MACA, mais a décidé en plus de le poursuivre pour une prétendue et ubuesque tentatives d’atteinte à la sûreté de l’État.

Simon Soro, le 23 décembre 2019 avant son arrestation
Simon Soro, le 23 décembre 2019 avant son arrestation

On n’est pas dans un Etat mais dans la Jungle. C’est le règne de la loi du plus fort. Il ressort de tout ceci un sentiment de folie collective

Par contre le tristement célèbre Garde pénitentiaire Kassoum koné dit « la machine », réputé pour avoir séquestré et torturé le journaliste Claude Dassé, pour en faire de même avec les prisonniers et qui dirige ouvertement le trafic de drogue au sein de la Maca bénéficie de la protection bienveillante de Monsieur Sansan Kambilé, malgré tous les scandales qui entoure ce personnage à la réputation sulfureuse. Fort se ce soutien en haut lieu, il n’a pas hésité à menacer le régisseur son supérieur hiérarchique de son arme et à tirer sur ses collègues excédés par son inconduite sans qu’aucune suite ne soit donné à un tel comportement. Ce sont même ses collègues qui refusaient son maintien au sein de la Maca qui sont dans l’œil du collimateur, le GDS ayant fait adopter une ordonnance et un Décret totalement inconstitutionnel portant création d’une procédure disciplinaire et un conseil de discipline illégal pour les mettre au pas. Avoir le colonel Koné Zacharias comme frère, constitue un avantage non négligeable sous le soleil du RHDP.

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On ne pouvait par ailleurs en attendre mieux d’un Ministre de la Justice, faussaire dans l’âme, coupable de fraude douanière, qui en violation de la Constitution a créé un organe disciplinaire fictif avec à sa tête l’Inspecteur Général des Services Judiciaires, himself, qui fait du faux en écriture public, entériné par le Président de la République qui y appose sa signature en pleine connaissance de cause. On ne ferait pas mieux pour détruire l’Institution Judiciaire. C’est l’objectif déclaré de ce régime dont les actes ne cessent de se multiplier dans ce sens devant des juges apeurés qui ne font rien pour mériter le traitement élevé que le Peuple leur a accordé pour garantir ses libertés.

Grah Ange Olivier

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