Côte d’Ivoire : IB de 1999 à 2011, retour sur 20 ans de parcours d’un putschiste dans l’âme

Neuf ans après sa mort, le commandant Ibrahim Coulibaly dit IB continue d’incarner la figure d’un éternel putschiste. Mais que sait-on vraiment de lui ?

Né le 24 février 1964 à Bouaké, Ibrahim Coulibaly a été incorporé dans les Forces armées de Côte d’Ivoire (Fanci) en 1985, sous Félix Houphouët-Boigny, alors premier Président de la République de Côte d’Ivoire, décédé en 1993. Affecté à la garde personnelle de plusieurs personnalités, dont Alassane Ouattara, le Sergent-chef s’est illustré dans la vie politique et militaire de son pays en participant à de multiples coups avant de tomber sous les balles, le 27 avril 2011, de ceux qui combattaient dans le même camp que lui pour la chute du régime Gbagbo.

A lire aussi : France : Soro a appris la plainte des proches de IB contre lui à travers Mediapart, les dernières précisions de son avocat

Selon le ministère ivoirien de la Défense, il avait refusé, ce jour-là, de se rendre à un troisième rendez-vous de conciliation. Tout commence en 1990, où le soldat, imposant du haut de ses 2 m, pour plus de 120 kg de muscle (il était aussi judoka ceinture noire), s’est fait connaître au public en participant à une mutinerie. Puis à la fin des années 1999, avec d’autres sous-officiers de l’armée ivoirienne dont Oumar Diarrassouba, Issiaka Ouattara dit « Watttao » et le sergent Souleymane Diomandé alias « La grenade », au renversement du Président Henri Konan Bédié le 24 décembre 1999.

Le 24 décembre 1999

C’est le premier coup d’Etat de la Côte d’Ivoire qui verra l’installation du général Robert Gueï au pouvoir. Après avoir contribué à installer celui que les Ivoiriens ont surnommé le « Père Noël en treillis », il se brouille avec lui. Ce dernier l’écarte en le nommant attaché militaire au Canada. Un poste, en principe, réservé à un officier supérieur. L’homme se rend compte qu’on veut l’éloigner et très vite organise un coup d’Etat qui échoue, en septembre 2000. Plusieurs de ses compagnons sont tués. Il promet de les venger et s’exile au Burkina Faso.

Se sentant investi d’un destin national, l’homme revient à la charge en septembre 2002. Cette fois, contre le régime de Laurent Gbagbo. La tentative échoue et se mue en une rébellion armée, mais de nombreuses personnalités sont tuées dont le général Robert Guéï. Principal chef de la rébellion, IB va finir par perdre ce pouvoir, dès 2003, au profit de Guillaume Soro, suite à des affrontements au sein des Forces Nouvelles (FN), regroupant les différentes tendances de la rébellion (MPCI, MPIGO et MJP). Se sentant trahir, il se réfugie alors en France, où il est arrêté en septembre 2003.

IB et le coup d’Etat avorté de décembre 2007

Accusé de fomenter un nouveau coup de force contre Gbagbo, il est curieusement libéré après vingt et un jours de détention et s’évanouit dans la nature. Son exil le mène tantôt au Nigéria, tantôt au Bénin, ou encore au Ghana. Il sera finalement condamné par contumace par la justice française en 2008, pour « direction ou organisation d’un groupe destiné à la pratique du mercenariat ». Pour Guillaume Soro, Ibrahim Coulibaly est derrière une série de tentatives visant à l’éliminer, notamment le mystérieux coup d’Etat avorté de décembre 2007, « Noël à Abidjan ».

Ibrahim Coulibaly dit IB en avril 2011 à Abobo
Ibrahim Coulibaly dit IB en avril 2011 à Abobo

Contre toute attente, celui que ses partisans appellent affectueusement « Major » réapparaît en janvier 2010 à Abidjan à la faveur de la crise postélectorale comme le chef du « commando invisible », un mystérieux groupe armé de cinq cents hommes opposé aux forces fidèles à Laurent Gbagbo et qui avait pris le contrôle du quartier d’Abobo, dans le nord d’Abidjan. IB et ses hommes harcèlent les Forces pro-Gbagbo. Mais à la chute du régime, ils ne déposent pas les armes et n’opèrent pas non plus un ralliement automatique aux FRCI.

Téléchargez gratuitement l’Application Afriksoir sur Playstore et ne ratez rien de l’actualité ivoirienne et africaine https://bit.ly/2W5gRFO

Autoproclamé, général de division, il attendait une reconnaissance «officielle» pour le travail accompli, avant de se mettre au service du président élu. Il voulait avant tout négocier pour qu’on « donne à césar ce qui est à César » disait-il. Mais sans succès. Et finit par être « désarmé par la force » sur instruction d’Alassane Ouattara.

Moïse Yao K.

Ibrahim Coulibaly dit IB. Ibrahim Coulibaly dit IB

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Yao Moïse K

Read Previous

COVID-19 Côte d’Ivoire : Quatre propositions concrètes pour la revalorisation de la recherche scientifique

Read Next

Côte d’Ivoire : En levant les mesures de restriction dans le Grand Abidjan, Ouattara opte pour l’économie

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *