Côte d’Ivoire : « Didier Drogba, demain t’appartient, il y a des défaites qui préparent les victoires de demain »

En 1999, la bataille fratricide pour la conquête de la FIF a opposé feu Dieng Ousseynou à Jacques Anouma. Le dernier nommé était le chouchou des clubs sauf des deux locomotives du football ivoirien, l’Asec Mimosas et l’Africa Sports.

La réalité dans la salle du CCIA, l’expérience et la maîtrise de l’environnement par l’équipe de Dieng Ousseynou ont permis de coiffer Jacques Anouma au poteau. Je revois encore l’image d’un homme qui partait avec les faveurs des pronostics, défait au jeu électoral, affalé dans son fauteuil, le regard hagard… Quelques mois plus tard, Jacques Anouma, psychologiquement atteint, pas encore remis du choc de la défaite, est invité à Ouragahio, dans la région de Gagnoa, par son ami Benjamin Djédjé, pour présider la finale du tournoi « Laurent Gbagbo » organisé dans le département.

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C’est à cette occasion que celui qui était à l’époque leader du principal parti d’opposition en Côte d’Ivoire, découvrant le perdant de l’élection à la FIF l’a consolé en lui disant: « Il y a des défaites qui préparent les victoires de demain. C’est cela le jeu démocratique. Réarme-toi de courage… ». La suite, on la connaît. Ce rappel historique pour Didier Drogba, l’icône mondiale. Non, non, Didier, demain t’appartient. La démarche, pour la première tentative est incomprise, la stratégie brouillée mais la bataille de l’opinion est gagnée. L’image « des joueurs qui jouent, des supporters qui supportent et des dirigeants qui dirigent. » est brisée.

Le football, c’est d’abord les athlètes, leurs vies, leurs performances, leur futur. Qui mieux que les athlètes eux-mêmes pour prendre leur destin en main?

Élections FIF
Didier Drogba à la Fondation Félix Houphouët-Boigny, après l’AG de la FIF le samedi 4 juillet 2020

Le football, c’est d’abord les athlètes, leurs vies, leurs performances, leur futur. Qui mieux que les athlètes eux-mêmes pour prendre leur destin en main? Tu as montré à la face de la Côte d’Ivoire et à la face du monde, que les anciens internationaux peuvent valablement reprendre les rênes du football dans leurs pays respectifs. Pour cela, ils doivent se former dans tous les domaines. Tu as déjà gagné le combat de ta disponibilité pour redonner à la Côte d’Ivoire, ce qu’elle t’a donné pendant ta carrière sportive. Tu as décidé de t’investir dans le développement, la promotion du football de ton pays. Tu t’es engagé à participer à la renaissance de ce football que tes exploits et ceux de tes coéquipiers ont permis de hisser dans les cœurs des amoureux partout dans le monde.

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Il y a la volonté, l’envie et la passion. Et il y a la réalité. Je fais partie de ceux qui peuvent te regarder dans les yeux pour te cracher la vérité. Et puis, ça ne peut pas aller quelque part, comme on dit en Côte d’Ivoire. J’ai accompagné ta carrière et tes performances. J’ai explosé à l’antenne et dans les stades devant tes exploits, tes qualités… Je voudrais le répéter, tu n’as absolument rien perdu. Au contraire. Tu as ouvert les portes de demain. Il faut juste savoir t’arrêter. Interroger ta stratégie et tes hommes. Être patient et surtout, fair-play…

Fernand Dédeh

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