Côte d’Ivoire : Des chercheurs étudient l’impact du changement climatique sur le commerce du bétail

Des chercheurs étudient l'impact du changement climatique sur le commerce du bétail sous-régional en Côte d'Ivoire

En vue d’évaluer les effets du changement climatique sur le développement du commerce sous-régional du bétail entre la Côte d’Ivoire et les pays sahéliens, le Centre Suisse de Recherches Scientifiques en Côte d’Ivoire (CSRS) a organisé vendredi 02 août 2019, dans ses locaux, sis à Adiopodoumé (route de Dabou), un atelier sur un projet d’étude intitulé « Effet transfrontalier du changement climatique sur le commerce sous-régional du bétail en Côte d’Ivoire ».

Porté par Dr. Ariane Amin, enseignante-chercheur à l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, ce projet vise à évaluer le coût de l’inaction pour l’atténuation des effets du changement climatique en rapport avec le risque climatique sur les échanges commerciaux de bétail entre la sous-région et la Côte d’Ivoire.

« Il permettra à notre pays d’anticiper les risques climatiques sur le commerce du bétail, la sécurité alimentaire et contribuera au renforcement de l’intégration économique régionale », a indiqué Dr. Ariane Amin. Destinée aux décideurs ivoiriens, cette étude dont les résultats sont attendus dans 9 mois, soit en mai 2020, a pour objectif de leur donner des informations pour qu’ils comprennent comment le changement climatique peut impacter la filière bétail et combien cela peut représenter en termes financiers et monétaires.

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Selon l’enseignante-chercheur, par ailleurs chercheur associé au CSRS, « l’intérêt de cette étude, c’est de pouvoir arriver à avoir des données fiables, afin de pouvoir faire des recommandations de politiques, vu qu’il y a peu d’études qui ont été faites sur ce sujet ».

A l’en croire, cette étude se fera à travers une méthodologie qui s’appuiera sur des experts, mais également par des enquêtes sur le terrain. « On va consulter des experts, on va aller sur le terrain, on va organiser des ateliers pour avoir la perception des gens par rapport au changement climatique, ce qu’ils vivent sur le terrain quotidiennement, et ensuite, on va confronter tout ça », a-t-elle expliqué.

L’atelier de démarrage a vu la participation de toutes les parties prenantes, à savoir les institutions publiques et privées, des chercheurs ainsi que des acteurs de la chaine de la filière bétail-viande. Tous ont révélé que cette étude serait d’actualité pour eux et que les résultats pourraient être utilisés pour influencer les décideurs politiques en faveur par exemple du développement d’un secteur d’élevage local.

Pour rappel, les changements climatiques ont sur l’élevage non seulement un impact direct (par exemple, avec le stress thermique et l’augmentation de la morbidité et de la mortalité) mais aussi un impact indirect (par exemple, par la qualité et la disponibilité des aliments et des fourrages, et les maladies animales).

Dans le même temps, le secteur de l’élevage contribue de manière significative aux changements climatiques. En effet, selon le dernier rapport de la FAO (Organisation des Nations -unies pour l’alimentation et l’agriculture), publié en 2013, 14,5 pour cent des gaz à effet de serre (GES) d’origine anthropique proviennent des filières de l’élevage.

Cela représente 7,1 gigatonnes (Gt) d’équivalent dioxyde de carbone (éq.-CO2) par an. Les principales sources d’émissions sont la production et le transport de l’alimentation animale, et le méthane issu de la digestion des ruminants.

La bonne nouvelle est que l’adoption plus large des meilleures pratiques et technologies existantes en matière d’alimentation, de santé, d’élevage des animaux et de gestion des effluents pourrait rendre le secteur de l’élevage au niveau mondial plus résilient et réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 30%.

Moïse Yao K.

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