Côte d’Ivoire : Bédié candidat, qu’en sera-t-il de Gbagbo, Soro et Affi ?

Henri Konan Bédié, Guillaume Soro et Alassane Ouattara

01 août 2019, Paris. Le président Bédié annonce sa candidature. Si vous préférez : le président accepte de se mettre à la disposition du PDCI en vue d’une éventuelle candidature à la présidentielle 2020. Il faut noter que le scénario a été sérieusement préparé. Rarement le président Bédié n’aura tant sollicité la presse internationale pour faire une déclaration ces dernières années.

La date, le contexte font penser que la team Bédié s’est mise à l’œuvre dans la discrétion sur ce projet depuis un certain moment. Quelles peuvent être les implications d’une telle candidature ? Les dynamiques internes au PDCI. Que pensent les (ex ?) potentiels candidats du PDCI de cette candidature ? Pour l’équipe Billon, ça semble être la douche froide. Leur champion a déployé les moyens, s’est forgé une âme confrontatiste, s’est fait des ennemis en vue de présider aux destinées de la Côte d’Ivoire.

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Le butin, en retour, est assez chétif. Chez les TT Boys, la douleur doit être mesurée. Le ministre Thierry Tanoh est resté assez mesuré dans ses propos. D’ailleurs, il se verrait bien à l’économie et aux finances, à la primature pour le moment. Que pensent les jeunes militants du PDCI qui rêvaient d’une nouvelle génération ? Incidences sur la plateforme de l’opposition. Le président Bédié a choisi d’informer les Ivoiriens juste après avoir rencontré le président Gbagbo.

Je ne pense pas que le président du PDCI veuille prendre de court celui du FPI. En auraient-ils parlé lors de leur rencontre de Bruxelles ? Fort possible. Dans un tel schéma, les 2 présidents essaient d’exploiter l’inflation institutionnelle suscitée par notre constitution en vue de rabattre les cartes à leur avantage. Bédié à la présidence, à quel parti reviendrait la vice-présidence, la primature, les autres institutions ? Probable Fusion au premier tour.

Une erreur que l’opposition tente d’éviter, c’est d’aller à la présidentielle en rangs dispersés. On imagine que le président Gbagbo préférerait la primature pour son parti ; à part que ce poste reste éjectable. Etre vice-président d’un Bédié vieillissant ne serait pas une couleuvre à avaler pour les faucons du FPI. Monsieur Guillaume Soro pourrait accepter la primature en attendant l’Assemblée nationale en cas d’une majorité des nouveaux alliés en décembre 2021.

Le premier ministre Affi se contenterait du Sénat ou alors du Conseil économique, social, environnemental et culturel avec un budget renforcé pour son président. Bédié en médiateur. Ce schéma ne serait envisageable que si le président Bédié parvient à rapprocher, d’une part messieurs Soro et Gbagbo ; d’autre part, messieurs Affi et Gbagbo. Le président Bédié se verrait bien dans ce rôle de médiateur, en prélude à son agenda en vue de la réconciliation nationale après la future présidentielle.

Le marigot politique ivoirien regorge de talents, de surprises et de spécialistes des basculements. A quelques 15 mois de la future présidentielle, nous sommes encore loin des compartiments réels qui s’affronteront fin octobre 2020…

Sylvain N’GUESSAN,

Cercle de Réflexion Stratégique d’Abidjan

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