Côte d’Ivoire : Arrestation d’un proche de Soro à Korhogo, voici ce qui s’est passé

Tenan Soro, collaborateur de Zié Bethléem Soro, un proche de Guillaume Soro a été arrêté par des jeunes gens le lundi 29 juin 2020 puis conduit à la brigade de Korhogo. Selon Bethléem Soro, son seul mal est d’avoir permis à plusieurs personnes d’avoir accès gratuitement au certificat de nationalité, seule condition pour se faire enrôler sur la liste électorale. Il accuse Emile Soro, premier adjoint au maire de la capitale du Poro d’être derrière cette arrestation.

Un de vos proches collaborateurs aurait été arrêté le lundi 29 juin 2020 puis conduit à la brigade de Korhogo. Que s’est-il passé ?

Chez nous à Korhogo le RHDP a délégué des gens partout, dans les villages, dans les quartiers pour collectionner les extraits de naissance des nouveaux majeurs en vue de leur établir des certificats de nationalité pour se faire enrôler sur la liste électorale. A un moment donné on s’est rendu compte que les extraits qui étaient collectionné le tiers ne revenait pas avec les certificats de nationalité. Et ce, dans plusieurs villages, notamment le mien, Kombolokoro. Cela était fait en collaboration avec certains responsables politiques de Niofoin.

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En effet, le responsable politique RHDP de Kombolokoro prenait les papiers et ne les ramenait plus. A un moment donné, la population a commencé à se plaindre. C’est ainsi que j’ai décidé de leur venir en aide. Lorsque je me suis approché de celui qui collectionnait les dossiers, il me fait savoir que le processus était lent. Il a tellement pris les extraits à plusieurs reprises que certains n’en possédaient plus. J’ai donc commencé organiser les parents en prenant ceux qui avaient encore des copies d’acte de naissance et les autres documents pour faire établir les certificats de nationalité à fond propre.

Pour les encourager, je leur ai dit que tous ceux qui allaient se faire enrôler, j’allais prendre en charge les frais d’établissement de la carte nationale d’identité. Et cela a intéressé beaucoup de personnes à Korhogo comme au village. Nous avons tout regroupé pour aller faire établir les certificats de nationalité. Pour profiter de la gratuité dont j’ai parlé plus haut, les gens ont préféré aller se faire enrôler en même temps. Surtout ceux de ma région. Au fur et à mesure les gens devenaient nombreux et cela n’a pas été du gout de certains responsables du RHDP.

Le RHDP pense que je suis l’homme fort à Korhogo

Puisqu’ils passaient de quartiers en quartiers pour prendre les extraits mais rien n’était gratuit. Ils ne peuvent pas concevoir que quelqu’un vienne décaisser 5 millions FCFA pour aider la population. Pour eux, c’est comme si on salit leur image, ceux qui sont au pouvoir. Lorsqu’ils prennent les documents des gens et qu’ils s’en rendent compte qu’ils ne sont pas de leur bord politique, ils ne ramènent plus leurs papiers.

Cela est récurrent dans la sous-préfecture de Niofoin. Nous avons un fils du village qui est avec nous ici à Korhogo, du nom de Tenan Soro on lui a demandé de recenser tous ceux qui n’avaient pas encore de certificats de nationalité et qui remplissaient bien sûr les conditions. Ainsi, nous nous chargerions de leur faire établir les certificats de nationalité pour qu’ils puissent se faire enrôler sur la liste électorale. C’est au moment où ils étaient en train de leur distribuer les certificats de nationalité, ils sont venus l’arrêter.

Ce sont des jeunes gens que la mairie a envoyé. Ils sont venus en voiture. Pourquoi a-t-il été arrêté selon vous ?

C’est justement cette question que nous nous posons tous. C’est peut-être le maire seul qui peut répondre à cette question surtout le premier adjoint au maire en la personne d’Emile Soro. Parce que c’est lui qui a envoyé les jeunes gens en civil pour arrêter mon collaborateur. On ne lui a pas dit ce qu’on lui reprochait. Ils l’ont d’abord conduit à la mairie de Korhogo et de là, ils ont appelé les agents du CCDO qui sont venus le prendre. Le CCDO s’est désengagé par la suite parce que l’affaire n’était pas claire selon eux. C’est ainsi que les jeunes gens l’on conduit à la brigade de Korhogo. De mon point de vue, la mairie a certainement des explications dans cette affaire.

N’a-t-il pas toujours été libéré jusqu’à présent ?

Pas encore. Hier tous les responsables soroïstes étaient à la brigade. L’adjudant leur a fait savoir qu’il a reçu quelqu’un et il ne sait pas comment traiter le dossier. Lorsqu’on a appelé le maire Lanzéni Coulibaly, il a dit qu’il n’était pas informé de cette arrestation.

Etes-vous rentré en contact avec le premier adjoint au maire ?

Quelqu’un qui a eu le courage d’organiser des gens pour aller dans les villages pour faire saccager des établissements scolaires, il y a quelques années de cela. C’est vrai que le chef de canton était au-devant de cette affaire, mais il n’était pas le seul. Le principal commanditaire politique est bien Emile Soro, le premier adjoint au maire. On m’avait reproché d’avoir incendié un bois sacré. C’est en représailles selon eux qu’on avait incendié mes établissements. En réponse, je leur avais demandé les preuves mais celles-ci tardent à venir. Ce qui se passe ne peut pas me surprendre. Et je ne sais quelle question lui poser puisque c’est une suite logique.

Est-ce à dire que le RHDP ne veut pas que les pro-soro se fassent enrôler sur la liste électorale ?

Exactement. C’est seulement ceux qui leur sont favorables qui sont en droit de se faire enrôler. Il y a trois jours de cela, le FPI tenait une réunion ici, ils sont allés les chasser. Puisqu’avec la libération de Laurent Gbagbo qui s’annonce, ses militants d’ici ont commencé à s’organiser. Les militants du RHDP sont allés les chasser sous prétexte qu’ils n’ont pas le droit de tenir de réunion. Pourtant la rencontre se tenait dans une cour familiale.

A la veille de l’élection présidentielle n’avez-vous pas peur pour votre vie ici à Korhogo ?

La vie de l’homme appartient à Dieu. Avant le saccage de mes établissements, ils m’ont attaqué à maintes reprises. Souvent même avec des kalachnikovs. Mais par la grâce de Dieu je suis sorti sain et sauf. Ils ont monté un groupe de personne pour attaquer mon village, par la grâce de Dieu nous nous sommes en sortis. Ce n’est pas moi qui le dis mais plutôt les autres : Le RHDP pense que je suis l’homme fort à Korhogo qui essai de regrouper les jeunes et surtout les cadres pro-Soro autour de moi pour faire avancer le parti. Que ce soit en finance, ou leur tenir tête, ils estiment que je suis l’investigateur.

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NDLR : Joint au téléphone par Afrik Soir pour avoir sa part de vérité en vue d’équilibrer l’information, voici ce qu’a dit Emile Soro, premier adjoint au maire de la commune de Korhogo. « Ecoutez, laissez-moi tranquille. Depuis hier vous ne faites que m’appeler et je vous dis que je ne suis pas au courant. Pourquoi vous insistez ? Je ne suis pas au courant et je ne peux pas me prononcer sur quelque chose que je ne connais pas ».

« Monsieur le maire, je ne vous ai jamais appelé », a répondu Afrik Soir. « Mais qui m’a appelé hier ? Il y a un qui m’a appelé hier et ce matin j’ai vu n’importe quoi sur les réseaux sociaux », nous a-t-il fait savoir.

Entretien réalisé par Karina Fofana

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Karina Fofana

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One Comment

  • Vive le Pdci
    Vive le président HKB
    Vive la côte d’ivoire
    On était ensemble depuis
    On est ensemble aujourd’hui
    On sera ensemble demain

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