Côte d’Ivoire : Après le « Rattrapage », l’affligeante thématique du « tabouret »

Alassane Ouattara le 31 décembre 2018 à Abidjan

Afriksoir.net vous propose la tribune de l’ex-ministre (PDCI) des Affaires étrangères Jean Marie Kacou Gervais. Il décortique la thématique du « tabouret » promu par un autre ancien ministre (RDR), Adama Bictogo. Le « tabouret » intervient après le « Rattrapage », un autre concept abjectt qui a été évoqué pour la première fois par le Président Alassane Ouattara, dans une interview accordée au média français « L’Express », le 25 janvier 2012.

Le débat politique en cours chez nous se réduit à la thématique du «Tabouret». Situation affligeante aux conséquences désastreuses pour l’image de notre pays et pour ceux qui incarnent nos Institutions. Sans nous en rendre compte, cette thématique a créé chez nous, une grave crise de la représentation politique en jetant le doute sur la crédibilité de nos institutions.

I. LA THEMATIQUE DU TABOURET EST BANALE ET AFFLI GEANTE

Elle abaisse le débat politique interne lorsque l’Exécutif donne le sentiment de conduire le scénario; l’opinion nationale est, à cet égard, très critique et pense que l’on éjecte des titulaires pour récompenser les membres de son clan en apportant la preuve d’une gestion clanique de l’Etat ; on débauche des militants, une évolution dangereuse des mœurs politiques qui alimente les fantasmes de la haine et du rejet.

Le « Tabouret» est ainsi devenu l’icône de la politique en Côte d’Ivoire. Sa banalité couplée avec sa gravité consternante est hélas, à la base du silence entendu des élites et de leur démobilisation face au danger de délitement de nos institutions.

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II. CETTE THEMATIQUE EST A L’ORIGINE D’UNE GRAVE CRISE DE LA REPRESENTATION POLITIQUE EN COTE D’IVOIRE

En effet, le pouvoir ne parait pas avoir pris la vraie mesure des conséquences de la démission de l’ancien Président de l’Assemblée Nationale, Monsieur Guillaume Kigbafori Soro ; de même que nos Autorités publiques sont indifférentes aux supputations embarrassantes sur le débauchage éventuel ou programmé des responsables du Sénat et du Conseil Economique et social. Cette crise de la représentation politique est à ce point aigüe qu’elle est inédite et que l’on ne sait sur quoi elle pourrait déboucher, à part le risque de délitement de nos institutions, d’une part, et l’exaltation des ressentiments dans nos populations, d’autre part.

« L’Ecole à l’agonie; quant aux hôpitaux, on n’en parle que pour regretter qu’ils soient devenus des mouroirs; les infrastructures sont à l’abandon; la jeunesse est abandonnée au désœuvrement. Tels sont les grands défis du moment qui devraient occuper nos esprits. »

Les tenants de la thématique du « tabouret» devraient pourtant savoir que par son caractère exclusif, le « tabouret» a en partie, scellé la fracture entre le PDCI-RDA et le RHDP-Parti unifié.

L’engagement du Président Henri Konan Bédié et l’adhésion du PDCI-RDA au RHDP au mois de mai 2005, ne répondaient pas à une préoccupation bassement matérialiste, en l’occurrence la titularisation à des postes de responsabilités; elle visait un but noble inspiré par la philosophie et les valeurs d’unité inspirées par Félix Houphouët-Boigny; cette adhésion supposait le respect de la parole donnée entre alliés après l’Appel de Daoukro; elle était l’occasion d’un dialogue interne positif malheureusement rompu aujourd’hui; une attitude qui a permis aux logiques de blocages, aux ambitions mal maitrisées de l’emporter sur les solutions novatrices et constructives de notre unité. En voulant inverser les rapports entre alliés, on a créé le chaos.

III. OUBLIER LES TABOURETS POUR NOUS PREOCCUPER MIEUX DE NOTRE PAYS ET DE SON AVENIR

Face aux grandes questions sur l’avenir de notre pays et parce que le PDCI- RDA a vocation à gagner les élections de 2020, nous devons, nous ses militants, être en alerte face aux grands défis en nous attachant à l’essentiel qui est notre unité.

La situation est préoccupante; la cohésion sociale en Côte d’Ivoire est à plat; l’Ecole à l’agonie; quant aux hôpitaux, on n’en parle que pour regretter qu’ils soient devenus des mouroirs; les infrastructures sont à l’abandon; la jeunesse est abandonnée au désœuvrement. Tels sont les grands défis du moment qui devraient occuper nos esprits. Le PDCI-RDA entend relever ces défis.

En conclusion

Nous devons espérer que la récente rencontre à Daoukro, entre le Président Henri Konan Bédié et la notabilité Atchan, aidera à relever le débat politique interne.

J.M.K.G.

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