Côte d’Ivoire : Affi et la société civile roulés dans la farine à la CEI ? (Opinion)

Pascal Affi N'Guessan

Depuis le mercredi 26 septembre 2019, les 15 membres de la Commission centrale de la Commission électorale indépendante (CEI) sont connus. Cette nomination fait déjà jaser au sein de certains partis de l’opposition ivoirienne. Toutefois le constat qui se dégage, c’est l’absence du président sortant, Youssouf Bakayoko. Dès lors, tout porte à croire qu’il sera remplacé par un des membres de cette commission qui ont prêté serment, hier, devant le Conseil constitutionnel.

Dans la désignation du successeur de Youssouf Bakayoko, la société civile et Affi N’guessan pourraient être roulés dans la farine. Eux qui croient encore à la volonté du pouvoir RHDP de clarifier le jeu électoral en prélude au scrutin présidentiel de 2020 peuvent, encore une fois, revoir leur copie. En effet, selon des informations en notre possession, le pouvoir d’Abidjan n’entend pas laisser le contrôle de cet outil en charge des élections lui échapper.

Toute chose qui expliquerait que le parti au pouvoir manœuvre actuellement pour mettre à la tête de cette institution un homme acquis à sa cause. Si plusieurs noms ont été évoqués pour succéder à Youssouf Bakayoko,  de plus en plus, le nom du magistrat Coulibaly Kuibert se précise. 

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Ce juge hors hiérarchie, nommé pour le compte du Conseil supérieur de la magistrature, se trouve être un homme de main de l’actuel président du Conseil constitutionnel, Koné Mamadou. Donc le candidat idéal pour le pouvoir. Même si ses compétences ne sont pas mises en cause, on ne pourrait dire la même chose pour son indépendance.

Puisque l’on doute fort qu’il pourrait s’affranchir du devoir de gratitude vis-à-vis de son mentor et bienfaiteur qui, lui-même, doit sa nomination au patron du parti au pouvoir. Le RHDP majoritaire au sein de la commission centrale, il n’y a donc pas de doute que le candidat proposé par le parti au pouvoir prenne la tête de cette institution en charge de valider les élections.

Dès lors, cela  laisse évidemment croire que le Conseil Constitutionnel et la CEI sont aux mains du RHDP. Affi N’guessan et la société civile devront donc se mordre les doigts, eux qui avaient cru que la présidence reviendrait à une personnalité apolitique. Sur les 3 postes de vice-président proposés pour ce nouveau bureau, Affi et la société civile pourront certainement être contentés.

L.T

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