Constantine Kouadio : Portrait d’une déplacée de guerre devenue cheffe d’entreprise

Constantine Kouadio et des journalistes à Djékanou

Femme battante, Constantine Kouadio oeuvre pour l’autonomisation des femmes à Djékanou, ville située dans le département de Toumodi, dans la région du Bélier. Ce samedi 11 mai 2019, elle s’est confiée à Afriksoir.net.

Occupée qu’elle était dans l’organisation de la cérémonie d’hommage au bâtisseur de la ville Abdoulaye Diallo, la cheffe d’entreprise a pu néanmoins nous accorder quelques minutes pour un entretien. Constantine Kouadio,  est issue d’une famille d’agriculteurs. A la suite de la crise post-électorale qu’a connue le pays en 2010, de Bouaké où elle exerçait en tant que secrétaire dans une pharmacie, elle va retourner chez elle à Djékanou.

De ce fait, la brillante idée de travailler la terre va lui venir en tête, et elle va mettre en place une association avec sept femmes, dénommée Association Canaan des femmes de Djékanou (Ascafed). Désireuse de voir prospérer leurs activités, elles vont réinvestir leurs bénéfices et celles-ci vont prendre un envol. Les activités vont s’étendre à la production de miel, de thé et au demarrage d’une plantation de teck. Ayant entendu parler du Groupe Olam, Constantine décide de les rencontrer.

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« C’est après  toutes ces activités que nous avons su qu’Olam travaillait avec des femmes de Toumodi. Nous les avons approchés. Nous sommes allées à Dimbokro pour rencontrer les responsables pour que cette société soit avec nous à Djékanou », a-t-elle déclaré. C’est ainsi qu’elle devient une partenaire privilégiée du Groupe indien qui exerce dans le domaine de la noix de cajou en Côte d’Ivoire depuis vingt-cinq (25) ans.

A la clé de ce partenariat, une usine Talita Kum (cultive une portion de terre, en Baoulé) qui emploient plusieurs femmes à Djékanou :  » Talita Kum regroupe aujourd’hui plus de 300 personnes », indique-t-elle. Quoique les activités se portent bien,  Cependant, elles ne se déroulent pas sans  difficultés.

Difficultés rencontrées 

« Actuellement, nos ruches sont presque toutes gâtées, nous n’arrivons plus à produire. C’est l’Ambassade de France qui nous a aidé à avoir des ruches pour faire notre miel. Nous avons déposé nos dossiers partout, ils n’ont pas encore répondu et on attend toujours« , nous a-t-elle fait savoir désemparée.

Aussi, a-t-elle émis le problème de matériels qui constitue un handicap majeur pour le bon fonctionnement de leurs structures. Dans la mesure où l’écoulement de leur production est difficile. Car les exploitations agricoles sont éloignées de la ville. Par ailleurs, le manque de matériels d’irrigation faisant défaut, elles ne peuvent pas produire en contre saison. En outre, la rareté des clients pour l’achat des produits est une évidence.

Besoins exprimés

 » J’ai fait la doléance à Olam d’agrandir l’usine. En tant que responsable d’association, nous sollicitons de l’aide pour l’écoulement de nos produits bord champ en ville, nous avons besoin de matériels pour l’irrigation » , a lancé la cheffe d’entreprise. Notons que Constantine Kouadio est 3ème adjoint au maire de la commune de Djékanou, la gérante de l’usine Talita Kum et présidente de l’Association Canaan des femmes de Djékanou (Ascafed).

Prince Beganssou

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