L’aveu d’échec d’un ministre ivoirien sur la malnutrition : « Malgré les efforts, les effets demeurent faibles »

A l’initiative de la “Fondation Avril, entreprendre contre la malnutrition », un colloque est ouvert en marge du SARA 2019 à Abidjan depuis hier. Selon le président de ladite Fondation, Philippe Dillon, l’enjeu, c’est de croiser les regards entre les nutritionnistes et les agronomes.

Le ministre ivoirien des Ressources animales et halieutiques, Dosso Moussa, a indiqué que le gouvernement ivoirien a fait de la lutte contre la malnutrition, une priorité. « Bien avant cette rencontre ici au SARA, la Côte d’Ivoire avait adressé cette question de malnutrition depuis très longtemps (…) C’est un enjeu important qui s’impose à l’Afrique en général, et en particulier à un pays comme la Côte d’Ivoire où, malheureusement encore, on a des poches de malnutrition dans des régions de la Côte d’Ivoire. Tout le monde travaille à régler à son niveau cette question qui, pour nous, doit être éradiquée dans les mois à venir… » a-t-il dit.

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Sans avoir souligné que “malgré les efforts, les effets escomptés demeurent faibles“. Michel Eddi, le PDG du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), qui est un organisme de recherche public français, a expliqué pourquoi la France est engagée dans la lutte aux côtés des Africains.

« La France a une longue tradition de coopération avec les pays du Sud et en particulier avec les pays d’Afrique francophone. Le CIRAD, qui est présent en Afrique et en Côte d’Ivoire, est invité à accompagner les pays par la recherche pour des systèmes alimentaires durables qui répondent aux enjeux alimentaires et sanitaires et qui soient en même temps adaptés aux conditions de la transition démographique de l’Afrique qui est encore à venir et la transition climatique qui menace. Ce sont des enjeux fondamentaux aussi bien pour l’Afrique que pour l’Europe qu’il nous faut traiter ici et maintenant avec tous les acteurs » a-t-il expliqué.

Moussa Dosso, initiateur de Abi Festival Raggae. Colloque malnutrition SARA 2019
Moussa Dosso, initiateur de Abi Festival Raggae

Pour sa part, le président directeur général de l’INRA (Institut national de la recherche agronomique), Philippe Mauguin qui est un organisme de recherche agronomique, a présenté les défis globaux que tous les agriculteurs dans le monde vont devoir relever dans les prochaines années. « Ce sont des défis gigantesques si on prend conscience du fait qu’en 2050, on aura 9 à 10 milliards d’habitants avec un climat qui sera encore plus dégradé qu’il ne l’est aujourd’hui. On aura toujours des tensions sur les terres agricoles. Il y a aussi des problèmes de biodiversité… Il va falloir trouver des solutions durables pour la population mondiale et trouver des solutions à la sécurité alimentaire mondiale. J’ai montré les pistes que les chercheurs du monde sont en train de trouver qui permettront aux agriculteurs du monde de produire plus et mieux avec moins d’intrants chimiques, moins d’engrais, de pesticides, tout en s’adaptant au changement climatique, à la tension sur les ressources en eau, et en essayant de produire une alimentation qui réponde au défi nutritionnel des populations » a-t-il présenté.

F.B

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