Code électoral ivoirien : Vers un nouveau blocage, Tout sur ce que le gouvernement veut imposer à l’opposition

Les choses se compliquent dans la reprise du dialogue politique entre l’opposition et le gouvernement. Après plusieurs rencontres pour s’accorder sur le code électoral devant conduire à l’organisation de l’élection présidentielle prévue en octobre 2020, les discussions semblent avoir pris du plomb dans l’aile.

Le 07 février dernier, alors qu’une rencontre avait été prévue, à la primature, au Plateau, pour la signature du document final, l’absence des partis de l’opposition a été constatée. Du coup, cette étape qui devrait mettre fin aux discussions n’a pu avoir lieu. Donc reportée à une date ultérieure. Mais déjà des voix se font entendre au sein de l’opposition pour dénoncer plusieurs désaccords avec le gouvernement sur le document qui leur a été soumis pour signature.

En effet, le PDCI-RDA, qui a exigé et obtenu copie dudit document contenant les propositions du gouvernement, par la voix de son secrétaire exécutif, Maurice Kakou Guikahué, dénonce plusieurs désaccords. D’après le Secrétaire exécutif en chef du PDCI-RDA, sur 20 points, 3 points peuvent constituer des rapprochements et seulement 1 point d’accord. Sur les 20 points, le PDCI-RDA rejette 16. Avant le parti septuagénaire, le 05 février dernier, une déclaration conjointe des groupements politiques de l’opposition, CDRP, EDS et URD rejetait également les propositions du gouvernement.

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Code électoral, vers un nouveau blocage

Selon ces partis de l’opposition, plusieurs chapitres dans ce document traduisent le manque de volonté du gouvernement de réunir les conditions meilleures d’organisation des élections. Pis, l’opposition soupçonne le gouvernement dirigé par Amadou Gon Coulibaly de vouloir imposer sa volonté sans tenir compte des propositions de la majorité des parties prenantes à ces discussions. A preuve, ils se sont heurtés à un refus catégorique du gouvernement face à des propositions pouvant permettre des élections inclusives, transparentes et crédibles. Les ingrédients sont donc réunis   pour mettre déjà à mal les discussions. Toutes choses qui pourraient justifier un nouveau blocage.

Un jeu de ping-pong auquel s’adonne le gouvernement qui n’entend faire aucune concession face à l’opposition. Par exemple, l’opposition avait proposé, face au gouvernement, d’avoir une CEI véritablement indépendante en faisant en sorte que la commission en charge de l’organisation des élections ait la liberté de prendre des décisions sur toutes les questions relevant de ses compétences et non pas à faire des propositions au gouvernement qui décide au final. Chose que le gouvernement a refusée.

Comment comprendre que la CEI que l’on souhaiterait indépendante ne puisse pas décider ? Mais laisse la latitude au gouvernement qui est partie, d’être juge. Pourquoi le gouvernement entend décider à la place de la CEI ? De quoi ont peur Gon et ses ministres pour imposer un tel diktat ? Que cache ce refus catégorique du gouvernement qui, pourtant, affirme aux Ivoiriens que la CEI est libre et que les élections se feront en toute transparence ?

L’opposition soupçonne le gouvernement de vouloir imposer sa volonté  

Toute chose qui finit de créer la méfiance dans le camp de l’opposition. En somme, le gouvernement ne rassure pas. Comme si cela ne suffisait pas, à quelques mois des élections présidentielles, le gouvernement non seulement décide d’introduire dans le code électoral le principe du parrainage politique et citoyen des candidatures à l’élection présidentielle et aux élections législatives mais aussi de relever le niveau du cautionnement pour la candidature à l’élection présidentielle à deux cent cinquante (250) millions Fcfa. Evidemment, un tel projet ne peut être vu que d’un mauvais œil par les adversaires.

Résultat, cette proposition amène l’opposition à se braquer. D’où un refus catégorique qui pourrait constituer l’une des raisons de blocage.  La requête de l’opposition au gouvernement concernant la libération des prisonniers politiques, l’arrêt des poursuites judiciaires contre les opposants, le retour sécurisé des exilés et le dégel des avoirs en vue des élections inclusives et apaisées, a été purement et simplement rejetée du revers de la main par le gouvernement.  Ils se sont tout simplement heurtés au refus du gouvernement. Pour l’opposition, c’est véritablement un très mauvais signal qu’envoie le gouvernement et qui ne rassure pas du tout sur sa volonté d’organiser des élections qui puissent rassurer tous les acteurs.

Le CDRP, EDS et l’URD ont exprimé également leur désaccord

Même la requête portant prorogation des cartes nationales d’identité (CNI) arrivées à expiration et la gratuité de la confection des nouvelles cartes afin de faciliter l’inscription des citoyens sur les listes électorales a été encore rejetée par le gouvernement. Dès lors, l’on pourrait se poser la question de savoir si le gouvernement entend réellement conduire les Ivoiriens à des élections en 2020. Le PDCI a déjà fait savoir par écrit son désaccord sur plusieurs points.

Le CDRP, EDS et l’URD ont exprimé également leur désaccord. La balle est désormais dans le camp du gouvernement. Face à l’intransigeance et le manque de flexibilité du gouvernement, on ne serait pas étonné que ces discussions ne puissent donner aucun résultat satisfaisant. L’on tend désormais vers un blocage. Toute chose qui pourrait perturber le calendrier électoral. Pour la tenue des élections à la date indiquée, surtout des élections sans contestation, il appartient au gouvernement de prendre ses responsabilités.

rencontres code électoral. Amadou Gon Coulibaly, Affi N'Guessan et Hamed Bakayoko à la Primature
Amadou Gon Coulibaly, Affi N’Guessan et Hamed Bakayoko à la Primature

Rencontres pour s’accorder sur le code électoral

Au regard du grand nombre de rejets des requêtes de l’opposition, il va s’en dire que le blocage ne peut être imputé à l’opposition qui, non seulement, a accepté de venir à la table de discussions mais aussi a fait des propositions allant dans le sens d’un environnement électoral apaisé, des élections crédibles, transparentes, justes et inclusives. Mais en face, l’attitude du gouvernement laisse croire qu’il a un agenda caché et que la rencontre avec l’opposition n’était juste qu’un prétexte. Espérons que le gouvernement Gon va reconsidérer sa position après les observations faites par l’opposition pour garantir des élections sans violence aux Ivoiriens.

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Rencontres pour s’accorder su le code électoral

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