Carence d’Etat : Siaka Ouattara n’a-t-il donc jamais présenté de dossier à Gon et Ouattara ? (Opinion)

Alors…Monsieur Siaka Ouattara, il est secrétaire d’Etat du service civique depuis seulement hum…, ce mardi 10 juillet 2018. Grosso modo, un séjour gouvernemental inférieur à un an et déjà, comme aux âmes bien nées…il vole la vedette aux Hambak, Koné Bruno, Sidi Tiémoko Touré et j’en passe !

Curieusement parmi les dames ministres, je ne vois pas à qui il pourrait imposer de l’ombre ni faire la concurrence ! Je vous informe tout de suite que je ne suis pas un féru des émissions de la RTI, le paiement de la redevance à part le journal télévisé, suis les émissions à ma place. Malgré ce handicap, les comptes rendus chronologiques de la presse et les états d’âme des uns et des autres, notamment des internautes, sont édifiants et m’amènent à déclarer mon étonnement par cette contribution qui pourrait,j’en suis sûr, vous prendre à contre-pied ou à revers !Vous avez dit, atypisme ? Dans notre pays, la Côte d’Ivoire, en ce 21ème siècle, est-ce que le Président de la République peut nommer même en qualité de ministre apprenti, un citoyen auquel il n’aura pas le privilège de dire bonjour et félicitations pour ta nomination ? 

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Ce n’est pas moi qui réponds, c’est vous. Si vous me dites, non, on continue en disant qu’en « 10 » mois d’activités gouvernementales, je présume que l’inénarrable Siaka O. a été amené à présenter des dossiers au cours des nombreux conseils auxquels il a pris part ? Si j’ai le soutien massif de votre oui, on continue pour dire que la faute, s’il y a faute, est partagée par tout le monde ! Quittons à présent à pied le Plateau pour la « maison bleue » située à Cocody. Selon les informations que je détiens, l’invité du jour une heure avant le début du « massacre », dans le cadre d’un briefing à deux,  a été coaché pas par n’importe qui, mais par le porte-parole du Gouvernement lui-même.

A savoir, M. Sidi T. TOURE. Si donc il a bénéficié de longues minutes durant de la qualité d’une telle assistance gouvernementale, comment comprendre que l’on ait laissé les choses se poursuivre comme si tout était normal alors qu’il fonçait à sa perte, tout droit vers un grill géant ? Ce qui m’intrigue, voire me décontenance, c’est qu’on n’a pas épuisé la liste des ministres pleins et qui sont parfois d’excellents tchatcheurs, et tous ensemble, on s’est dirigé vers celui qui ne demandait qu’à rester dans l’anonymat de l’ombre la plus totale ?!

Ce n’est pas parce que nous avons, depuis un moment dans ce pays, un gros souci au niveau du civisme et dans bien d’autres registres, qu’il faut sacrifier le pauvre Siaka.

Pour quelqu’un qui pensait avoir réussi sa vie en devenant ministre…apprenti, voilà qu’il sera, depuis cette émission/piège, la risée de la société ivoirienne toute entière. Quant à moi, la leçon que je tire de tout ça, est que je vais désormais me méfier des membres du gouvernement qui sont engoncés dans le train arrière des secrétariats d’Etat.

Les scénarios comme ceux qui illustrent le cas des Siaka nous disent et nous rappellent simplement que l’honneur et les intérêts du Pays ne sont pas toujours la crème du soir de tout le monde ! Combien de Siaka il y a dans nos administrations ? Si donc il n’y a pas eu de complot savamment ourdi contre le sieur Siaka, pourquoi, lorsque très tôt le réalisateur a découvert que son plateau tenait sur 3 au lieu de 4 pieds, pourquoi dis-je il n’a pas stoppé le massacre par respect pour la République et pour les Ivoiriens, en sollicitant les conséquences d’une panne technique ?

Pour ça, il aurait suffi qu’une bande déroulante se mette à encercler l’écran ! C’est pourquoi ma thèse du complot consiste à dire qu’il a été diligemment sacrifié. La faute, s’il y a faute, incombe à d’autres, car si Siaka est au gouvernement, ce n’est pas par effraction qu’il s’y trouve ? Alors que dans le même temps et dans le même espace, on se débarrasse, par vagues successives, de ceux qui en ont les compétences au grand dam des intérêts de la nation ! Cette scène à la fois cocasse et malheureuse, révèle une fois encore, un des paradoxes forts de notre Nation et en expose également les symptômes. 

 Pour moi, au-delà de tout ce qui précède et ce qui peut être dit de cette affaire, Siaka plus qu’un autre, est un soldat sur qui la République peut compter. Car, il n’est pas donné à tout le monde d’aller affronter sur un plateau télé à une heure de grande écoute, alors qu’on sait pertinemment que la langue par laquelle on va intervenir, nous est étrangère à plus d’un titre. Au-delà de l’outrecuidance dont il a fait preuve sans chercher à décliner l’offre malgré son inaptitude à posséder le sujet, je reste admiratif devant son courage, son patriotisme, son « positivisme altier » et son sens de l’Etat et du devoir. J’en connais qui, en privé, manient à merveille la langue de Molière et qui, pour rien au monde, n’iraient défier le micro télé. De fait, on s’imagine que le compte à rebours des heures de Siaka est enclenché, si tel est le cas, n’oublions pas qu’il ne devrait pas figurer seul sur la liste. Car tout le monde savait que cette épreuve  serait une « fosse » pour lui et on l’a jeté aux « lions ». L’esclandre que cette banale affaire a suscité à l’échelle nationale et numérique, le commun des mortels ne comprendrait pas qu’au sortir du prochain conseil des ministres, des décisions punitives à tous les niveaux ne soient mises à l’appréciation du grand public.

A l’endroit du Premier Ministre, ne sortons pas l’échafaud pour la seule tête du brave Siaka. Dans les années 80 à Ferké, il y avait des militaires de la légion civique qui arboraient la tenue militaire en vigueur et qui étaient dévolus aux activités agricoles qui prospèrent localement. Ces éléments du service civique étaient tous d’authentiques illettrés auxquels le Président Houphouët avait trouvé une sortie sociale. Pour ce qu’ils incarnaient, ces « sous-militaires » dont les rangs étaient bourrés de OUATARA se faisaient appeler par les populations locales :

« Taouara ». Dans ce verlan, il ne vous a pas échappé que dans le bon ordre, nous avons : Ouatara! Vive les Ouattara !

Et si Siaka était finalement le symbole avant-gardiste de l’Ivoirien nouveau ? Ne serait-ce que pour son trait de caractère décomplexé qui ne recule devant aucun obstacle fût-il suicidaire pour lui ?

Koné Kobali Libre auteur, créateur

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