CAN 2019 : Les Éléphants stressent parce qu’ils lisent « tout ce que les Ivoiriens écrivent sur Facebook » (Coach)

Les Éléphants de Côte d'Ivoire à l'entraînement

La Côte d’Ivoire est qualifiée pour les 1/4 de finale de la 32 ème édition de la coupe d’Afrique des nations. Les faits! Au prix d’un match et d’une prestation irrationnels. Le football est à la fois cruel et magique.

Commentaires. Les larmes, le dépit, la frustration, la colère des joueurs, du public, des journalistes maliens. « Nous valons mille fois que cette équipe ivoirienne », a explosé en conférence de presse, l’attaquant malien, homme du match, Moussa Marega. Le président de la fédération ivoirienne de football, Sidy Diallo se laisse photographier rarement. Cette fois, il s’est exposé aux flashes. Sans protestation. Pour lui comme pour les Ivoiriens, cette qualification vient de loin. De nulle part.

Littéralement dominée par les Maliens, ballotés par les Maliens. Comme des roseaux, ils ont plié. Mais jamais, ils n’ont rompu. À force de dominer sans marquer, les Aigles se sont exposés au réalisme d’un Wilfred Zaha et d’une équipe ivoirienne qui ont juste relu et perpétué les 42 ans d’histoire du football entre la Côte d’Ivoire et le Mali: les deux pays jouent au football, la Côte d’Ivoire gagne toujours…

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Les notes de l’entraîneur et des joueurs

Ibrahim Kamara: Ibrahim Kamara se défend bien en conférence de presse. « La mission qui m’avait été confiée, qualifier l’équipe pour la CAN et préparer la CAN2021. Nous sommes en quart de finale. ». Décodage, il est allé plus loin que l’objectif assigné. Il a aligné au départ, une équipe offensive. Avec sa défense classique, excepté Serge Aurier, convalescent. Le milieu réaménagé, censé tenir le ballon et ouvrir les espaces et les couloirs.

Pour la première fois en quatre matches, il alignait sur les couloirs, Zaha Wilfred à gauche et Nicolas Pépé a droite et en pointe, en pivot, Jonathan Kodjia. Au final, équipe ballotée. Mais résistance. Coaching gagnant sur la fin avec l’entrée en jeu de Maxwell Cornet et le repositionnement, côté droit de Wilfred Zaha. À la question, pourquoi son équipe se fait peur, les joueurs restent en dedans, il répond « la pression. Ils lisent tout ce que les Ivoiriens écrivent sur les réseaux sociaux. »
Note: 5/10

Gbohouo Sylvain: incompréhensible, le début du match. Hésitant, incapable de relancer correctement les ballons, le gardien ivoirien a alterné le bon et le moins bon. Il a sauvé des balles chaudes cependant. En première mi-temps puis en fin de match, présence physique décisive et déterminante sur un duel. Note 5/10

Bagayoko Mamadou: Qu’est ce qu’il a souffert! Constamment mis à l’épreuve, les balles chaudes maliennes venaient de son côté. Il aurait prendre un carton rouge et affaiblir son équipe. Mais comme l’ensemble de ses coéquipiers, il a serré les dents. Note 4/10

Wonlo Coulibaly: L’un des rares qui tient sa place. Quatre matches joués sur quatre. Régulier. Moins tranchant cependant face au Mali. Encore une fois, il a défendu sa zone, apporté moins de solutions au côté gauche. Pour la deuxième fois, il a vu son maillot déchiré. Note 4/10

Wilfred Kanon: il a souffert sous la pression et les appels constants de Moussa Marega. Mais il a résisté comme ses coéquipiers de la défense mais n’a pas abdiqué. Note 4/10

Ismael Traoré: Dans la même gamme que Wilfred Kanon: il a été constamment à l’épreuve, au contact physique. Débordé aussi par la vitesse d’exécution des Maliens. Le colosse ivoirien a fait face. Il s’est autorisé une sortie de zone, balle au pied qui n’a pas connu un meilleur sort. Note 4/10

Serey Dié: Invisible dans ce match. Le milieu de terrain était absorbé par les Maliens, incisifs, vifs, qui savaient aérer le jeu sur les couloirs. Mais le capitaine a sauvé et réussi son match sur une défense rageuse dans les dernières minutes de jeu: il n’aurait pas été là que les Maliens seraient peut-être revenus dans le match. Note 4/10

Kessié Franck: Il faut savoir quel rôle lui confier: ratisseur, récupérateur ou milieu offensif… Il a beaucoup couru mais la zone de construction était malienne. Tâche pénible pour les milieux ivoiriens totalement placés dans un entonnoir. Le Milanais a dépensé beaucoup d’énergie mais a été moins décisif et percutant. Note 4/10

Jean-Philippe Gbamin: perdu dans le match. Problème de positionnement. Mauvais choix dans les relances. Rarement, il a alimenté les courses des attaquants. Ses proches disent qu’il est plus à l’aise en défense centrale qu’ailleurs sur le terrain. Note 4/10

Zaha Wilfred: le buteur, le sauveur. Mais un match sans. Une action dans la surface de réparation en début de match et puis pour le reste, manque de réussite, incapable de prendre de l’espace. Dans la phase de domination malienne, il a prêté main forte à Wonlo Coulibaly. Il descendait bas pour défendre. Note 4/10

Nicolas Pépé: il découvre véritablement la coupe d’Afrique. Son environnement. Il sait que tout le monde l’attend. Mais pour le moment, en deçà. Jamais réussi à percuter. À être dangereux. Fermé et bouclé, incapable d’accélérer le jeu sur son côté. Note 3/10

Jonathan Kodjia: Appels et contre-appels infructueux. Il aurait pu changer très vite la nature du match, dans la phase de domination malienne, en plein doute ivoirien s’il avait gagné son duel face au gardien des Aigles. Tout le stade a vu la balle au fond des filets sauf le pied Dem l’attaquant ivoirien. Sur les corner du Mali, il descendait pour faire valoir son jeu de tête. Note 4/10

Le public: Bravo au CNSE. Groupe magique vraiment. Avec sa chorégraphie et son souffle inépuisable. Son énergie inégalée. Il a totalement noyé le groupe des supporters du Mali. 

Et puis note spéciale à Mme Beugré Geneviève, Dougoutchiana. « Mon fils, c’est Sory Diabaté qui m’a invitée. ». En retour, la passionnée de football, placée dans la tribune VIP avec les dirigeants de clubs, oublie son statut. Elle crie, vit son match comme au stade à Abidjan: « attaquezzzzzz » Elle attire les regards des observateurs. Il y en a un qui dit aux journalistes ivoiriens « Mais la vieille, elle ne s’épuise pas ? ». Réponse d’un journaliste averti « elle est habituée. Elle fait ça depuis l’âge de 13 ans. »

Côté Mali: Ne soyez pas surpris: cinq joueurs de l’Academie Jean-Marc Guillou sont dans l’effectif. Quatre ont débuté le match. Un sur le banc. Vous avez maintenant compris les enchaînements, les transitions, Les débordements sur les côtés, les accélérations, les projections en avant ? Le Mali a l’avenir pour lui.

Fernand Dédeh

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